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Full text of "French Canadian culture : la culture canadienne-française"

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French Canadian Culture 
La Culture Canadienne-Frangaise 

(Interim Edition) 




CURRGDHT 


CURR 



EDUCATION 

1979 



Digitized by the Internet Archive 

in 2012 with funding from 
University of Alberta Libraries 



http://archive.org/details/frenchcanadiancuOOalbe 



INTRODUCTION 



The program for French As A Second Language outlines linguistic content 
for student learning and also specifies cultural elements. In order to 
assist teachers implement the cultural component of the program this tentative 
document was prepared as a point of departure for encouraging discussion of 
culture specific to French-speaking people living in Canada. The elements 
selected emphasize the cultural dimension from one perspective. 

It is hoped that the document will be utilized extensively during the 
1979-1980 school year. Your reactions to it and recommendation for its 
improvement as a classroom aid would be appreciated before it is revised in 
1980. 

The program recommends the study of the French Fact in Alberta at the 
grade seven level, the study of the French settlements in Canada in grade 
eight and an in-depth study of Quebec and Quebecers in grade nine. The 
French Fact in the world is being developed for the grades ten, eleven and 
twelve. This document will be sent to you as soon as it becomes available. 

Several persons have worked on the present document. Credit will be 
given in the final edition. 

We encourage you to send your reactions and recommendations to: 

Adrien L. Bussiere 

Associate Director of Curriculum 

Language Services Branch 

Alberta Education 

Devonian Building - West Tower 

1 1160 Jasper Avenue 

EDMONTON, Alberta 

T5K 0L2 



II 



"A culture is a way of life developed by people in 
adaptation to the physical and social circumstances 
in which they find themselves . It tends to be passed 
on from generation to generation but it changes as 
circumstances change. It includes some elements that 
are accepted as necessary or "realistic" adaptations 
but are not especially valued. " 



El kin and Handel . 

The Child and Society; The problem 

of Socialization 

Random House, 1972, page 65. 



TABLE DES MATIERES 

INTRODUCTION 1 

LE FAIT FRANCAIS EN ALBERTA (Septieme annee) 

I. LA DEMOGRAPHIE/LA GEOGRAPHIE 

A. Demographie 2 

B. Geographie 2 

II. MANIFESTATIONS DE LA VIE FRANCAISE 

A. Famille 3 

B. Paroi sse 3 

C. Education 4 

D. Activites socio-cul turelles 4 

E. Activites economiques 5 

F. Moyens de communication 6 

III. L'HISTOIRE 

A. Le commerce des fourrures 7 

B. Les missionnaires 7 

C. Les religieuses 8 

D. La colonisation 9 

. LES GROUPES FRANCAIS AU CANADA (Huitieme annee) 

Premiere parti e - LE GROUPE DES MARITIMES ET L'ONTARIO 

I. LE GROUPE DES MARITIMES D' AUJOURD' HUI 

A. Terre-Neuve et le Labrador 13 

B. L' Ile-du-Prince-Edouard 14 

C. Le Nouveau-Brunswick 16 

- HISTOIRE DE L'ACADIE 20 

II. L'ONTARIO 

A. Geographie 23 

B. Situation politique et juridique 23 

C. Situation sociale 24 

D. Economie 24 



E. Education 24 

F. Activites culturelles 24 

G. Histoire 25 

Deuxieme partie - LES GROUPES DE L'OUEST CANADIEN 

A. Demographie 28 

B. Education 28 

C. Situation sociale 29 

U. Economie 2 " 

E. Histoire 29 

- BIBLIOGRAPHIE 36 

. LE QUEBEC (Neuvieme annee) 

A. Geographie ^0 

B. Demographie 42 

C. Economie ^ 

D. Drapeau, gouvernement 47 

E. Histoire 47 

F. Les regions du Quebec 4° 

G. La vie quebecoise ^3 

H. Loisirs et traditions 57 

- BIBLIOGRAPHIE 62 

ANNEXE - LA CHANSON CANADIENNE-FRANCAISE 

. Les interpretes francophones quebecois 

et leurs chansons (Septieme annee) 67 

. Les interpretes francophones hors-Quebec 

et leurs chansons (Huitieme annee) 8 ' 

. Les chansonniers canadiens-frangais 

les plus connus (Neuvieme annee) 89 



LE FAIT FRANCAIS EN ALBERTA 



(SEPTIEME ANNEE) 



I. LA DEMOGRAPHIE/LA GEOGRAPHIE 



A. Demographie 

Combien y a-t-il de francophones en Alberta? Ou habi tent-il s? Le 
nombre de Franco-Albertains dont la langue maternelle est le frangais 
s'eleve a 46,500 alors que ceux qui utilisent le frangais comme langue 
de communication se chiffrent a 22,695*. En Alberta, les francophones 
representent 2.4% de la population totale, soit 1,838,040.* 



B. Geographie 

Les francophones de 1' Alberta se regroupent dans plusieurs regions de 
la province. 



1 . La region d' Edmonton : 

Les francophones y sont en plus grand nombre par rapport au reste 
de la province. II en est de meme dans certaines v i 1 les et vil- 
lages environnants tels que: St-Albert, Beaumont, Sherwood Park, 
etc. A Edmonton meme, il y a un certain regroupement de franco- 
phones dans le quartier de Bonnie Doon ou sont situees la Faculte 
Saint-Jean, l'ecole J.H. Picard, l'ecole St-Thomas d'Aquin et 
l'eglise St-Thomas d'Aquin. Mais d'une fagon generale, les franco- 
phones sont disperses un peu partout dans la ville. 



La region de la Rivie re-la- Paix : 

On retrouve des groupes importants de francophones dans les vil- 
lages de St-Isidore, Marie-Reine, Jean Cote, Donnelly, Falher, 
Girouxville, et Guy. Ces villages sont composes en majorite de 
francophones. 



3. La region de Bonnyville : 

Cette region comprend la ville de Bonnyville et quelques villages, 
notamment Cold Lake ou il y a un grand nombre de francophones 
residant a la Base militaire. 



4. La region de St-Paul : 

Cette region compte beaucoup de francophones. Cependant on note 
dans plusieurs villages une diminution de la population franco- 
phone, notamment a Mallaig, Lafond, Ste-Lina et St-Vincent. 



*Statistiques Canada, 1976 



5. La region Legal - Morinvi lle: 

Cette region comprend les municipal ites de Vimy et de Picardville 
et quelques petits villages ou Ton compte un certain nombre de 
francophones. 

6. La region de Calgary : 

La majorite des francophones de cette region habitent la ville de 
Calgary. 

7. La region de Red Deer . 

8. La region de Lethbridge . 

9. La region de Fort McMurray . 

Dans ces trois dernieres regions on trouve un certain nombre de 
francophones disperses a la grandeur du territoire. 

En dehors de ces regions, il y a d'autres villages ou 1'on compte 
plusieurs francophones, soit a Plamondon, Lac La Biche et Hinton. 
II y a aussi des Canadiens frangais disperses un peu partout dans 
la province, mais ils sont trop peu nombreux pour que 1'on puisse 
parler de communautes francophones. 

En resume, la population d'expression frangaise se regroupe de la 
fagon suivante: une forte proportion dans le nord et le nord-est 
de la province - pres de la moitie dans la region d'Edmonton, 
dans les districts de Bonnyville-St.Paul , au nord et a 1'est 
d'Edmonton. De fortes concentrations de francophones existent 
aussi dans le nord-ouest de la province, soit dans la region de 
la Riviere-la-Paix. 

II. MANIFESTATIONS DE LA VIE FRANCAISE 

A. Famille 

Les francophones de l'Alberta considerent le foyer comme un milieu 
de grande importance pour le developpement de leur culture et de leur 
langue. 

B. Paroisse 

La paroisse demeure une institution importante aux yeux de la franco- 
phonie albertaine. 



Education 

Des structures sont maintenant en place afin de permettre aux franco- 
phones de 1 'Alberta de poursuivre leurs etudes en frangais a partir 
du niveau prescolaire, jusqu'au B.A.'s, au B.Sc, au B.Ed, et a la 
Mattrise. 

Depuis 1976, tous les programmes, a 1 'exception de l'anglais, peuvent 
etre enseignes en frangais. II en est de meme au niveau prescolaire. 
Puisque chaque conseil scolaire a le droit de decider de 1 'utilisation 
du frangais comme langue d'enseignement pour chaque ecole sous sa ju- 
ridiction, les programmes de frangais varient d'une commission scolaire 
a 1 'autre. En 1976-1977 on comptait 6,323 el£ves inscrits a des pro- 
grammes donnes en frangais aux niveaux elementaire et secondaire et 
ce, dans 13 des 156 conseils scolaires, soit dans 40 ecoles publiques 
et separees sur un total de 1,499 ecoles. A Edmonton, Calgary, 
Lethbridge, Beaumont, Legal, Lac La Biche, Morinville, ainsi que dans 
les regions de St-Paul-Bonnyville et High Prairie-Falher, on trouve 
des ecoles ou la proportion d'enseignement en frangais varie entre 
20 et 100% de la journee scolaire. 

Au niveau post-secondaire la Faculte Saint-Jean, qui est une faculte 
bilingue, se charge de la formation des enseignants qui se destinent 
a 1 'enseignement en frangais. De plus, cette faculte offre des pro- 
grammes donnes en frangais conduisant a l'obtention d'un B.A., d'un 
B.Sc et d'un B.Ed. 



D. Activites socio-culturelles 

1. Au chapitre de la culture, le domaine le plus florissant est le 
chant choral. Edmonton compte trois chorales d'adultes tandis 
que la RivieYe-la-Paix, St-Paul , Bonnyville, et Calgary en ont 
chacune une. II y a aussi des chorales scolaires, soit celle 
de l'gcole Notre-Dame de Lourdes a Edmonton, et celle de 1 'ecole 
Notre-Dame 5 Bonnyville. La chorale Les Chant-0-Gai reunit des 
jeunes francophones de la ville d'Edmonton. Les Musi cos de 
St-Paul et Les Chantamis d'Edmonton ont un microsillon a leur 
actif. Toutes les chorales d'adultes font partie de 1 'Alliance 
Chorale Alberta qui est membre du mouvement international 
"A Coeur Joie". Certains chanteurs et interpretes commencent 
a se faire valoir au niveau professionnel . 



2. Art dramatique 

Le Theatre Frangais d'Edmonton commence a etre bien connu. On 
donne plusieurs spectacles par an. St-Paul a aussi son theatre 
et presente regulierement des pieces. Riviere-la-Paix a un cer- 
cle dramatique appele La debacle. 



Librairies 

On peut se procurer des livres et des disques frangais au Carre- 
four qui compte plusieurs succursales a travers la province. 
Ces librairies se presentent plus comme etant un service aux 
francophones qu'un commerce. 



4. Oeuvres franchises original es 

Les Editions de l'Ermitage des Oblats ont publie un certain 
nombre d'ouvrages du Pere Breton, O.M.I, et publient encore 
certains ouvrages historiques du Pere Emeric Drouin, O.M.I. Les 
Editions de 1'Eglantier publient aussi des oeuvres en frangais. 



5. Arts plastiques et l'artisanat 

Dans ce domaine, la production est relativement abondante: pein- 
ture, ceramique, ceinture flechee, etc. 



6. Groupes de danses fol kloriques 

Les Bles d'Or de St-Paul sont une troupe de jeunes danseurs qui 
executent des danses canadiennes-frangaises. lis donnent des 
spectacles a 1 'occasion de diverses manifestations culturelles. 



7. Centres culturels 

St-Paul, Bonnyville et Falher possedent chacun un centre culturel 
On y organise des activites qui attirent un vaste public. 



8. La Cabane a sucre 

La cabane a sucre est un evenement annuel de grande importance 
a Edmonton. II rassemble de quatre a cinq mille personnes et 
reussit a donner a tous ceux qui y viennent le sentiment qu'ils 
appartiennent a une mime famille. 



E. Activites economiques 

1 . Metiers et professions des Franco-Albertains 

On retrouve des Franco-Albertains dans tous les metiers et pro- 
fessions, lis sont juges, medecins, ingenieurs, journaliers, 
agents d'immeubles, enseignants, maires, etc. 



2. Caisses populaires et cooperatives 

[.'Association canadienne-frangaise de 1 'Alberta (A.C.F.A.) encou- 
ragea la fondation de caisses populaires et de cooperatives afin 
de developper 1'economie des francophones en Alberta. 

a) Caisse Populaire Desjardins 

L'A.C.F.A. s'est interessee a ces caisses immediatement apres 
la depression (la crise). En 1963, il y en avait deja seize 
dans la province, avec un actif de pres de $2 millions. 

b) Caisse Franca! ta 

La Caisse Francalta a ete fondee en 1972. El 1 e compte mainte- 
nant trois succursales et a un actif de plus de $11 millions. 

c) Carda 

Carda est une societe cooperative d'agricul teurs. Elle a 
grandement aide les fermiers de la Riviere-la-Paix et de St- 
Paul . Elle est maintenant etablie a Edmonton. 

d) Service de Securite Familiale 

Ce service est offert par 1 'A.C.F.A. a la francophonie alber- 
taine, sous forme de service rattache a l'une des deux formes 
de cotisation. 



F. Moyens de communication 

1 . Le journal - |_e Franco-Albertain 

En 1928, 1'A.C.F.A., avec l'aide des Oblats, fonda un hebdoma- 
daire sous le nom de La Survivance , qui devint en 1967 Le 
Franco-Alb ertain . Ce journal assure un lien entre tousHTes 
francophones qui sont interesses a conserver leur culture. 

2. La radio C.H.F.A. 



En 1940, apres une lutte de 15 ans, 1'A.C.F.A. fondait sa propre 
station radiophonique appelee C.H.F.A., qu'elle gera pendant des 
annees. La station fut vendue a Radio-Canada en 1973. Elle 
dessert maintenant presque toute la province de 1 'Alberta. La 
programmation comprend plusieurs heures de production locale 
en plus des emissions du reseau de Radio-Canada. 



3. La television 

Les principales regions de la province jouissent maintenant de 

6 



la television frangaise. Ce service est en voie de s'etendre 
aux autres regions ou la population frangaise est moins nombreu- 
se. 



Ill .L'HISTOIRE 

A. Le commerce des fourrures 

Apres la guerre de la Conquete, en 1760, tout cet immense territoire 
de l'Ouest passait sous la domination economique des Ecossais. Les 
Canadiens qui habitaient deja le territoire, ou ceux qui y etaient 
revenus, se disperserent a la grandeur du territoire de l'Ouest. 
Certains travaillaient pour les compagnies de fourrures, d'autres 
etaient ouvriers, trappeurs, commergants libres ou simples aventuriers 
Comme les Canadiens frangais savaient se faire amis des Indiens, la 
Compagnie du Nord-Ouest les employait en plus grand nombre possible. 
Tous ces voyageurs, guides et interpretes etaient de langue frangaise. 
Aussi, pendant plus de cinquante ans, le frangais a ete la langue 
universellement parlee dans l'Ouest canadien, sauf dans les forts de 
la Compagnie de la Baie d'Hudson. Meme les officiers ecossais com- 
mandant les principaux forts devaient connaTtre cette langue. 

La premiere femme blanche en Alberta fut Marie-Anne Gaboury, femme 
de Jean-Baptiste Lajimodiere, trappeur et commergant libre. D'autres 
Canadiens frangais, maries a des indiennes, ont forme la race metisse 
frangaise de l'Ouest canadien. 

B. Les missionnaires 

Les missionnaires frangais arriverent a la Riviere Rouge en 1818 
pour travailler parmi les Indiens, les Metis, les voyageurs et les 
marchands de fourrures. En reponse a la demande de Lord Selkirk, 
appuyee par une petition des gens du pays, Mgr Plessis, qui etait 
alors eveque de Quebec, envoya les abbes Provencher et Dumoulin pour 
oeuvrer dans cet immense pays a 1'ouest du Lac Superieur. Les deux 
missionnaires concentrerent leurs efforts autour de la mission de la 
Riviere Rouge et dans les territoires indiens adjacents. 

Plus de vingt-cinq ans apres, Mgr Provencher n'avait que quatre 
pretres a sa disposition pour 2800 catholiques de race blanche ou 
metisse, eparpilles sur un immense territoire. Au mois d'aout 1845, 
l'eveque recevait deux missionnaires de la Congregation des Oblats 
de Marie Immaculee, le Pere Aubert et un simple novice, Alexandre- 
Antoine Tache qui devait devenir le successeur de Mgr Provencher en 
1871. Dans les annees qui suivirent, les missionnaires, secondes 
par de nouvelles recrues, travail lerent au prix d'incroyables diffi- 
culty et de souff ranees aupres des Metis et des Indiens nomades 
qu'ils suivaient dans leurs excursions de chasse et de peche. Leur 
travail d'evangelisation s'est continue jusqu'a aujourd'hui. 



En 1841 John Rowand, facteur en chef de la ComDagnie de la Baie 
d'Hudson au Fort Edmonton, envoie le metis Piche a Saint-Boniface 
avec une requite. On reclame des "robes noires" pour 1' immense dis- 
trict de la Saskatchewan. En 1842, 1'abbe Jean-Baptiste Thibault, 
qui savait le cris, est envoye au Fort des Prairies (Edmonton). II 
fait un trajet penible de pres de 2000 milles, par des moyens de 
transport primitifs. En 1844, 1'abbe Thibault, en compaqnie de 
1'abbe Bourassa, fondent la premiere mission permanente en Alberta, 
Lac Sainte-Anne (Lac du Diable), d'oui ils desserviront le Fort Edmon- 
ton Dendant huit ans. Par la suite, d'autres missionnaires frangais 
sont venus les remplacer. Les noms de Grandin, Grouard, Provencher, 
Tache, Faraud, Lacombe, Leduc, Remas, Lestanc et beaucoup d'autres, 
sont toujours prononces avec le plus grand respect par les historiens 
catholiques et protestants, par les Metis et par tous ceux qui les 
ont connus. II est a remarquer que, des 1862, le Pere Lacombe reussit 
a obtenir un Frere Obi at dans le but d'etablir la premiere ecole. Le 
Frere Scollen enseignait 1 'anglais et un peu de frangais a une tren- 
taine d'enfants. Les missionnaires de langue frangaise venus de 
France et du Canada frangais ont grandement contribue a implanter 
et a promouvoir le frangais dans l'Ouest. 



C. Les religieuses 

En 1843 Mgr Provencher, premier eveque de Saint-Boniface (Riviere 
Rouge), alia frapper a la porte des Soeurs Grises de Montreal afin 
d' obtenir des Soeurs pour s'occuper des enfants de son immense dio- 
cese. L'annee suivante, quatre d'entre elles partaient. C'etait le 
long chemin de terre par boeufs et charettes, ou en canots etroits 
sur les rivieres et les lacs de l'Ouest avec 78 portages qui cou- 
paient ces 1400 milles. Apres 59 jours de voyage, elles arrivaient 
a Saint-Boniface. 

En 1859, trois Soeurs Grises arrivaient au Lac Ste-Anne ou elles de- 
vaient enseigner, soigner les malades, s'occuper des orphelins. En 
1862, on retrouve ces religieuses au Lac La Biche ou elles dirigent 
une ecole et s'occupent des vieillards de la mission. L'annee sui- 
vante, elles quittent le Lac Ste-Anne avec sept orphelins pour 
s'etablir a Saint-Albert ou elles habitent une maison qui devient a 
la fois couvent-ecole-orphel inat-hopital . En 1887, elles occupent 
l'ancienne residence de Mgr Grandin, qui leur sert d'hopital jusqu'a 
ce que l'Hopital General d'Edmonton soit construit. Cette institu- 
tion ouvrira ses portes en 1895 pour la population d'Edmonton et des 
environs. En 1898, les Soeurs Grises se retirent du Lac la Biche 
pour repondre aux besoins de la mission du Lac La Selle, soit 
jusqu'en 1931. C'est alors qu'elles viennent prendre charge des 
eleves a 1 'ecole industrielle fondee par les Oblats a Blue-Quills, 
pres de Saint-Paul. En 1920, le village de Legal accueillera les 
Soeurs qui ouvriront une ecole-pensionnat. 

Des la fin du siecle, les Soeurs Grises ont regu le renfort des 
Soeurs de l'Assomption de Nicolet venues, a la demande de Mgr Gran- 
din, pour evangel iser d'autres tribus de Cris vivant en Alberta- 



Saskatchewan. Elles ont pris charge des ecoles de Onion Lake (1891), 
d'Hobbema (1894) et de Delmas (1900) ainsi que de Saint-Paul -des-Metis 
(1897). En 1925 elles fondaient a Edmonton 1'Academie, ecole privee 
et pensionnat, ou elles ont fait oeuvre d'education francaise jusqu'en 
1972. A partir des annees '30, elles ont fonde une dizaine d'ecoles 
dans la region de Saint-Paul. 

Les Soeurs de Sainte-Croix ont surtout oeuvre dans la region de la 
Riviere-la-Paix ou, a partir de 1920 et jusqu'en 1958, elles ont fon- 
de une dizaine d'ecoles dont les premieres ont ete Falher, Donnelly et 
Grande Prairie. Dans le diocese de Saint-Paul elles ont enseigne dans 
les ecoles de Fort Kent, Lafond et Ste-Lina, de 1938 a 1940. 

Les F i 1 les de Jesus, chassees par la persecution en France, ont ete 
accueillies en 1902 par Mgr Legal, successeur de Mgr Grandin, dans 
le diocese de Saint-Albert. Leur premiere maison fut 1 'eveche de 
Saint-Albert. En 1904, elles dirigeaient deja 1 'ecole de Morinville 
et, peu apres, elles ouvraient un grand pensionnat qui a fonctionne 
jusqu'en 1970. Elles ont travaille dans les paroisses francophones 
de Beaumont, Plamondon, Vimy et Picardville. Au Lac La Biche et a 
Pincher Creek, elles ont ouvert un hopital et ont enseigne egalement 
dans les ecoles. 

Les Soeurs de la Charite d'Evron ont oeuvre surtout dans les ecoles, 
les hopitaux et dans les ecoles indiennes. Elles se devouent a Ed- 
monton, Bonnyville, Vegreville, Vermillion et Le Goff. 

On peut retrouver les Soeurs de la Providence a leur Centre de la 
Providence a Edmonton, au Foyer Lacombe a Midnapore pres de Calgary, 
et dans le diocese de McLennan-Grouard. 

Plusieurs autres communautes ont egalement apporte leur aide aux ha- 
bitants de 1 'Alberta. 



D. La colonisation 

En 1852, le bon Pere Lacombe arrive au Lac Ste-Anne et, peu apres, se 
rend jusqu'au Lac La Biche, avec son "fidele Alexis", un Metis qui le 
servira avec un grand devouement pendant de nombreuses annees. Comme 
missionnaire, son domaine c'est tout ce vaste territoire entre les 
deux branches de la Saskatchewan et mime au-dela. Sa paroisse: les 
wigwams des Cris, des Pieds-Noirs, des Sarcis, des Metis des Prairies. 
II devient 1 'ambassadeur et le mendiant de Mgr Grandin qui l'envoie 
au Quebec et en Europe tendre la main pour les ecoles et les missions. 
Pendant ces voyages, il fait connattre les besoins du Nord-Ouest et 
invite les Canadiens frangais de l'Est a venir fonder des paroisses 
dans le tres vaste diocese de Mgr Grandin. 

"L'Homme-au-bon-coeur" apaise les Indiens qui resistent au progres 
du chemin de fer et des immigrants qui inondent l'Ouest a partir de 
1896. A 67 ans, dans son ermitage de Pincher Creek, il congoit le 
projet de fonder une colonie pour ses chers Metis. Cette colonie 



deviendra en 1896 Saint-Paul-des-Metis. A 83 ans, il fonde la maison 
des pauvres, le Foyer de Midnapore. C'est la que le Pere Lacombe 
meurt le 12 decembre 1916. On le considere comme 1'une de nos grandes 
figures canadiennes. Son nom est relie aux origines de la colonisation 
en terre albertaine. 

Des colons canadiens-frangais sont arrives a Lamoureux des 1872, mais 
c'est a partir de 1890 que le plus grand effort a ete fait pour re- 
cruter des colons de langue frangaise pour 1' Alberta. Les eveques 
de Saint-Boniface et de Saint-Albert voulaient des pretres qui voya- 
geraient au Quebec, aux Etats-Unis et meme en Europe, afin de faire 
connattre les richesses du Nord-Ouest et ramener des colons qui peu- 
pleraient les terres fertiles que le Gouvernement canadien offrait 
surtout aux agriculteurs. Pour la region de St-Albert, le Pere Lacombe 
proposa l'abbe Jean-Baptiste Morin de 1 'archidiocese de Montreal, qui 
fut accepte par Mgr Vital Grandin, comme le principal missionnaire- 
colonisateur en meme temps qu'agent du gouvernement. 

La premiere grande periode de colonisation frangaise en Alberta 
s'etend a partir de 1891 jusqu'aux premieres annees du 20ieme siecle. 
Les premiers contingents de colons guides par M. l'abbe Morin se sont 
installes autour de Saint-Albert. Ce fut ensuite Morinville en 1891, 
Beaumont en 1892, Riviere-Qui-Barre en 1893, Legal et Vegreville en 
1894 et, finalement, Villeneuve en 1897. Durant ces quelques annees, 
l'abbe Morin a reussi a etablir 620 families dans la region, soit une 
population de 2479 ames venant en partie du Quebec, mais le plus 
grand nombre venait des Etats-Unis. 

La seconde tranche de la colonisation de 1' Alberta s'est produite a 
partir des annees 1900 jusqu'a la premiere Guerre Mondiale. C'est 
alors que les missionnaires-colonisateurs, les abbes Ouellette, 
Therien et Normandeau, ont dirige les colons canadiens-frangais vers 
la region de Saint-Paul ou les villages se sont multiplies au nord 
et au sud de cet endroit, soit: Brosseau, Lafond, Therien, Bonnyville, 
Plamondon, Lac La Biche, La Corey, Gourin, Normandeau et Grandin. 
Un petit nombre se sont diriges vers Falher-Girouxvil le en 1912, mais 
y sont restes isoles jusqu'en 1926. 

A partir de 1926, on constate un renouveau de la colonisation fran- 
gaise en Alberta, cette fois dans la region de la Riviere-la-Paix. 
De nouveaux centres sont ouverts: Donnelly, Eaglesham, Guy, Jean- 
Cote, Marie-Reine, St-Isidore et Tangent. 

Dans les deux premieres tranches de la colonisation, les missionnaires- 
colonisateurs faisaient du recrutement surtout aupres des Canadiens 
frangais qui s'etaient refugies aux Etats-Unis pendant les crises 
economiques, pour trouver des emplois dans les filatures, les tanne- 
ries, les chantiers. lis s'etaient etablis surtout dans les etats 
du Vermont, du Massachussets, du Rhode-Island, du Connecticut, du 
Maine, du New-Hampshire et de New-York. Ces colons etaient "rapa- 
tries" quand ils acceptaient de se rendre dans 1 'Quest pour s'etablir 
sur les "homesteads" que le gouvernement leur offrait presque sans 



10 



restriction. D'autres sont venus directement du Quebec, mais le gou- 
vernement ainsi que les eveques de cette province s'opposaient a 
1 'emigration. lis desiraient peupler leurs regions d'abord. 

Au sud de la province, il n'y avait pas d'etablissements typiquement 
frangais. Sous l'egide de 1'abbe Ouellette, quelques Frangais et 
Canadiens frangais qui travail laient pour le Pacifique Canadien, 
s'etablirent au centre et au sud de 1' Alberta. Trochu et Red Deer 
ont ete colonises par des Frangais de France. Ces nouvelles paroisses 
resterent isolees et perdirent graduellement leur caractere essentiel- 
lement frangais. Dans tous ces nouveaux centres francophones quand 
le nombre d' habitants le permettait, on se hatait de construire une 
ecole et une eglise et, un peu plus tard, des religieuses accepterent 
de venir enseigner dans les ecoles et d'y fonder des hopitaux, des 
foyers, des orphelinats. 

II y eut une autre immigration francophone assez massive en Alberta, 
lors de l'ouverture du moulin a pulpe (papier) de Hinton, dans les 
annees 1950. En 1971, Hinton comptait 765 francophones sur une popu- 
lation totale de 4860. 

On retrouve actuellement des groupements importants de Canadiens 
frangais a Fort McMurray et a Lethbridge. 



11 



LES GROUPES FRANCAIS AU CANADA 



(HUITIEME ANNEE) 



LES CANADIENS FRANCAIS DANS L' ENSEMBLE DU PAYS 



Selon Statistiques Canada (1976), le nombre de Canadiens de langue maternelle 
frangaise au Canada atteint actuellement 5,885,595. lis constituent le plus 
fort groupe issu d'une meme origine, soit 25% de la population totale du 
Canada. Si l'on considere les Britanniques (Anglais, Irlandais, Ecossais, 
Gallois) comme formant un seul bloc, le groupe de langue frangaise vient en 
second lieu. Depuis la seconde guerre mondiale, 1 'immigration tend cependant 
a diminuer le pourcentage de Frangais dans l'ensemble du pays. 

Depuis longtemps, le Canada frangais ne se confond plus avec la province de 
Quebec. Des 1871, 175,000 descendants des Frangais, soit 14% des 1,100,000 
citoyens canadiens d'origine frangaise, vivaient hors du Quebec. 

En 1976 (approximativement) , 900,000 Canadiens frangais vivaient hors du 
Quebec. On peut les diviser en trois groupes principaux: 

- le groupe des Mari times 

- le groupe de l'Ontario 

- le groupe des provinces de 1 'Quest 



Premiere parti e - LE GROUPE DES MARITIMES ET L'ONTARIO 
I. LE GROUPE DES MARITIMES D' AUJOURD'HUI 



(Terre-Neuve, 1' Ile-du-Prince-Edouard, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau- 
Brunswick) 

Le groupe des Mari times, compose en grande partie de descendants d'Acadiens, 
s' el eve a environ 300,000. 



Terre-Neuve et le Labrador 

Environ 10,000 Terreneuviens se disent d'origine frangaise et 2,755 
reclament le frangais comme langue maternelle. Longtemps isoles, 
sans ecole, sans presse, sans institutions de langue frangaise, ils 
ont presque tous oublie leur langue maternelle. II y a pourtant a 
Terre-Neuve trois groupes de francophones importants, ayant chacun 
leurs caracteristiques et leurs problemes particuliers: 

- Saint-Jean 

- la Cote Quest (Stephenville/Port-au-Port) 



13 



le Labrador (Labrador Cite/Wabush) 



1. Saint-Jean 



Les francophones de la region de Saint-Jean sont d'origines 
diverses: Frangais de France, de Saint-Pierre et Miquelon, et 
Canadiens frangais venus de toutes les provinces du Canada. 
Beaucoup d'eleves et de professeurs se considerent suffisam- 
ment bilingues pour participer aux activites culturelles. 



2. Cote Quest 

Port-au-Port est designe comme district bilingue. Cette re- 
gion compte une population frangaise de 13.1% (749 personnes 
sur un total de 5,700). 



Labrador 

Le principal groupe francophone au Labrador se concentre a 
Labrador Cite-Wabush ou environ 11% de la population est 
francophone d'origine quebecoise. II n'existe aucune loi 
provinciale garantissant le droit des francophones a une 
education dans leur langue. 

A Labrador Cite, il y a une ecole elementaire et une ecole 
secondaire offrant 1'enseignement en frangais. C'est grace 
a l'aide financiere de la compagnie Iron Ore du Canada que 
ces deux ecoles existent. Port-au-Port et Saint-Jean ont 
toutes deux commence des programmes d' immersion. 

Labrador Cite et Cote-Ouest ont la radio et la television 
frangaises provenant de stations emettrices quebecoises. 

La Federation des Francophones de Terre-Neuve et du Labrador 
vise a regrouper, a informer, et a animer la population fran- 
cophone et a representer les aspirations de ses membres. 



B. L'lle-du-Prince-Edouard 



1 . Demographie/geographie 

La population totale de 1' Ile-du-Prince-Edouard est de 118,230. 
De ce nombre, 6,545 reclament le frangais comme langue maternelle. 
II existe tout de meme une douzaine de paroisses de langue fran- 
gaise dans les regions de Tignish et de Rustico. 

La loi scolaire de l'lle ne fait pas mention de la langue d'ensei- 
gnement. Seulement un district scolaire dans la circonscription 

14 



d'Egmont administre une ecole elemental' re et une ecole secondaire 
ou 1 ' enseignement se donne en frangais. Au niveau post-secondaire, 
les jeunes Acadiens voulant continuer des etudes en frangais 
doivent se rendre, soit a 1 'universite de Moncton, ou a l'Univer- 
site Sainte-Anne situee en Nouvelle-Ecosse. 

Le journal hebdomadal' re de l'lle est La Voix Acadienne . II y a 
aussi une association connue sous le nom de La Societe Saint - 
Thomas d'Aquin , qui travaille a 1 'epanouissement de la vie aca- 
dienne. 

L' Ile-du-Prince-Edouard se divise en trois comtes: 

- le comte de Prince, a 1 'ouest 

- le comte de Kings, a l'est 

- le comte de Queens (avec la capitale Charlottetown) au centre. 

Les deux tiers de la population acadienne demeurent dans le comte 
de Prince, un quart dans le comte de Queens, et le reste se re- 
groupe dans le comte de Kings. II y a deux concentrations impor- 
tantes d' Acadiens: 

- la region comprenant les paroisses de Tignish, Palmer Road, 
Bloomfield 

- la region comprenant les paroisses de Baie Egmont, Mont-Carmel, 
Wellington, Miscouche, Summerside, et Ste-Eleonore. 

Les villages incorpores de Wellington et d'Abram Village sont 
typiquement acadiens. Les villages de Tignish, St-Louis, Minni- 
gash, Miscouche et Summerside sont a majorite acadienne. 

Dans le comte de Queens , les Acadiens se sont etablis principalement 
au nord-est de Charlettetown, dans les villages de North Rustico, 
Rustico-sud et Hope River. A Charlottetown, a Parkdale, et a 
Sherwood, il y a une communaute frangaise. 

Le comte de Kings compte des Acadiens a Souris et dans les paroises 
de Rollo-Baie et St-Charles. 

Les Acadiens de 1' Ile-du-Prince-Edouard ont 1'honneur d'avoir ete 
les pionniers du mouvement cooperatif au Canada. Les Acadiens 
travaillent dans les domaines de 1 'agriculture, de la peche et de 
la construction. 

Les Acadiens de l'lle sont tiers de leurs realisations culturelles, 
notamment la creation d'un musee acadien a Miscouche, d'un village 
de pionniers a Mont-Carmel, de centres d'artisanat, d'un centre de 
formation pour jeunes, de 1 'organisation d'une Exposition Agri- 
cole, du Festival Acadien et du Mardi Gras Acadien, de colloques 

15 



culturels et d'associations, de centres culturels regionaux, de 
la promotion de spectacles culturels, de chorales, de groupes de 
danseurs et de musiciens. 



Le Nouveau-Brunswick 

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick torment le plus important groupe de 
francophones hors-Quebec, apres celui de 1 'Ontario. Au Nouveau- 
Brunswick, il y a 233,785 personnes dont la langue maternelle est le 
frangais (33.0% sur une population totale de 677,245). 



1 . Geographie 

La population d'origine frangaise occupe surtout le nord-est de 
la province. Une concentration beaucoup plus forte se trouve 
dans trois des comtes, soit: 

- Madawaska - 92.8% 

- Gloucester - 83.4% 

- Kent - 81.8% 

a) Centres francophones 

Selon le recensement de 1971, pres de la moitie de la popula- 
tion de langue maternelle frangaise habite les centres urbains, 
Edmundston est la seule ville qui compte une forte majorite 
de francophones. Campbelton et Bathurst one une population 
francophone de 50%, tandis qu'a Moncton, 34% de la population 
est francophone. Fredericton et Saint-John sont en majorite 
anglophones. Un corridor anglophone, le long de la Riviere 
Mirimich, separe les Acadiens du nord de ceux du sud. 

La population d'origine frangaise tend a s'etablir dans des 
milieux ruraux non-agricoles, dans les agglomerations de moins 
de 10,000 habitants, et dans de petits centres ou 1 'activite 
economique est limitee. Ceci ne favorise pas les conditions 
de vie des Acadiens. La majorite des habitants des villes du 
Nouveau-Brunswick sont anglophones et, consequemment, leurs 
puissants conseils municipaux se soucient peu de la cause 
acadienne. 



Situation politique et juridique 

La presence acadienne 

Les Acadiens participent a tous les niveaux de la vie publique: 
federal, provincial, municipal, judicialre, professionnel et 
social . 

16 



a) Les droits linguistiques - les lois provinciales 

La loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick est 
la loi la plus importante de cette province en ce qui a trait 
aux droits linguistiques. Adoptee en 1969, cette loi recon- 
naTt 1 'anglais et le frangais comme les deux langues offi- 
cielles du Nouveau-Brunswick pour toutes les fins importantes 
relevant de la competence legislative. Elles jouissent d'un 
statut equivalent en droits et en privileges. Cette loi ga- 
rantit les droits linguistiques dans sept domaines, cinq se 
rapportant aux affaires gouvernementales , une a 1 'education, 
et 1 'autre au domaine juridique. 

Le Nouveau-Brunswick est la seule province qui s'est officiel- 
lement declaree bil ingue . 



3. Economie 

a) Deux regions economiques 

Le sud et 1'ouest sont industrialises et riches, tandis que 
le nord et l'est sont sous-developpes et pauvres. Cette der- 
niere region est celle ou habite la majorite des francophones 



b) Les occupations 

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick s'engagent surtout dans les 
occupations suivantes: services socio-cul turels, transports, 
communications, industries manufacturieres, construction, 
finance, commerce, assurance, agriculture et foret. 



c) Participation des francophones en matiere de controle des 
capitaux prives . 

Cooperatives - caisses populaires 

Bien que les Acadiens soient minoritaires et en retard dans 
le domaine economique par rapport aux anglophones, les Aca- 
diens du Nouveau-Brunswick ont fonde une infrastructure 
economique acadienne dans laquelle le mouvement cooperatif 
acadien et le mouvement des caisses populaires jouent un 
role tres important. 

Le mouvement cooperatif touche les institutions financieres 
et le secteur economique qui englobe la production et la 
consommation. Le mouvement cooperatif acadien est en pleine 
expansion grace a 1 ' infrastructure financiere des caisses po- 
pulaires. 



17 



La Cooperative des pecheurs de 1'Ile de Lameque est la coope- 
rative la plus moderne et la plus importante dans toutes les 
provinces maritimes. II y a quatre cooperatives de pecheurs, 
regroupant 700 societaires et possedant un actif de $5,300,000, 
Au cours des deux dernieres annees, la Cooperative de Lameque 
a verse au-dela d'un demi-mill ion en ristournes a ses membres 
et a ses employes-membres. 

Le Mouvement cooperatif acadien et la societe de 1 'assurance- 
vie l'Assomption representent une puissance economique que 
l'on respecte dans cette partie du Canada. 

Les Acadiens reconnaissent 1 ' importance de ces institutions. 
Les caisses ecolieres ont depense des millions pour l'educa- 
tion de quelques milliers d' Acadiens. Autour des caisses 
populaires, toute une serie d'entreprises ont vu le jour tel- 
les la Societe d'assurance des Caisses Populaires, 1'Union 
des cooperatives acadiennes. Ces entreprises possedent un 
capital qui permet aux Acadiens de jouer leur role avec plus 
d'autorite. 

Grace aux efforts cooperatifs, les Acadiens auront dans une 
vingtaine d 'annees un capital assez considerable. Ceci leur 
permettra de donner leur pleine mesure dans tous les domaines, 
puisque le secteur economique est le levier de commande qui 
entratne les autres activites. 

L' influence sociale des institutions financieres et econo- 
miques a ete tres benefique pour 1' ensemble des Acadiens. 
C'est grace a elle qu'on reconnatt 1 'importance des Acadiens 
sur la scene politique et qu'on leur accorde certains droits. 
L' influence economique des institutions acadiennes est, en 
quelque sorte, leur moyen d'action. 



Situation en education 

a) Secteur public (de 1961 - 1971 environ ) 

De grands progres ont ete realises dans le secteur de 1 'edu- 
cation publique en langue frangaise. 

Grace au projet de chances egales, on vit la creation de 33 
conseils scolaires, soit dans les regions ou il y avait plus 
de 400 etudiants, ce qui centralisait le financement de Te- 
ducation dans la province. Les regions francophones avaient 
des lors droit aux memes services que les regions anglopho- 
nes. 

Le programme de construction de polyvalentes permit aux fran- 
cophones d'avoir des installations materielles de premiere 
qual ite. 

18 



1969 - L ' adoption de la loi sur les langues officielles du 

Nouveau-Brunswick qui assure a chacun le droit a 1 'edu- 
cation dans sa langue maternelle. (Section 12 - non 
encore promulguee). 

1970 - Les enseignants francophones, tout en demeurant au sein 

de la Federation des enseignants du Nouveau-Brunswick, 
creent leur propre association professionnelle, 1 'Asso- 
ciation des Enseignants Francophones du Nouveau- 
Brunswick (1 'AEFNB). 

1972 - Le gouvernement decide de confier la formation des 

mattres a l'Universite, c'est-a-dire a la Faculte des 
Sciences de 1'Education de l'Universite de Moncton. 

1973 - A la suite du rapport Pinet - McLeod, on cree une direc- 

tion francophone des services educatifs au Ministere de 
1'Education, avec son sous-ministre et une equipe tra- 
vail lant a la programmation pour les ecoles publiques 
frangaises. 

b) Le Ministere de 1'Education 

Le Ministere est responsable du systeme public d 'education 
au Nouveau-Brunswick. Le ministere a maintenant une direction 
francophone et une direction anglophone pour les services edu- 
catifs. 



c) Secteur universitaire 

L'Universite de Moncton doit son existence a une recommanda- 
tion de la Commission Royale Deutsch. Au moment de la remise 
du Rapport Deutsch, il y avait trois universites francophones 
avec cinq colleges affilies. La commission recommanda de 
separer les services deja offerts par l'Universite Saint- 
Joseph et d'en faire le noyau d'une nouvelle universite de 
langue frangaise, appelee l'Universite de Moncton, a laquelle 
les institutions actuelles de langue frangaise participeraient 
au moyen d'un regime d 'affil iation. L'Universite de Moncton 
deviendrait le centre de l'enseignement professionnel et 
avance en langue frangaise et les universites actuelles de 
Saint-Joseph, du Sacre-Coeur et de Saint-Louis continueraient, 
en qualite de colleges de l'Universite de Moncton, a donner un 
enseignement fonde sur le cours classique. 

L'Universite de Moncton devint la nouvelle universite franco- 
phone du Nouveau-Brunswick avec trois campus: Moncton, Shippa- 
gan et Edmundston. El 1 e est administree par un seul conseil 
des gouverneurs et un senat academique. L'Universite de Monc- 
ton est la seule universite de langue frangaise dans toutes 
les provinces maritimes. (Les anglophones en ont trois dans 
la seule province du Nouveau-Brunswick.) 

19 



L' Universite de Moncton a un role social important a jouer 
dans la province et dans les maritimes, celui de la forma- 
tion de dirigeants parmi les Acadiens. 



Culture 

Le Conseil de Promotion et de Diffusion de la Culture (C.P.D.C.) 
a pris naissance en 1972, en tant que moyen de creation et de 
diffusion de la culture chez les francophones neo-brunswickois, 
et fonctionne a l'interieur des cadres de la Societe Nationale 
des Acadiens (S.N. A. ) 

La Societe des Acadiens du Nouveau-Brunswick fut formee en 1973. 
El 1 e transforma C.P.D.C. en un organisme quasi autonome, s'occu- 
pant de la promotion et de la diffusion des manifestations 
culturelles au Nouveau-Brunswick. 

En 1975, la structure actuelle du C.P.D.C. est formee. 

a) Situation actuelle 

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick ont une culture qui leur 
est propre depuis plusieurs centaines d'annees et elle est 
vivante. La vie culturelle des Acadiens prend forme dans 
la fagon de vivre des Acadiens, dans leur humour particulier, 
dans leur musique, dans leur parler, etc. Cette culture, 
noyee dans la realite de l'Amerique du Nord, a survecu grace a 
l'intensite avec laquelle elle est ancree dans la vie aca- 
dienne. La survie de cette culture depend totalement de la 
survie des Acadiens. 

L'Amerique et 1 'Europe commencent a connaTtre la province du 
Nouveau-Brunswick par des artistes tels qu'Antonine Maillet, 
Viola Leger, Edith Butler, et Calixte Duguay. 

HISTOIRE DE L'ACADIE 

L'histoire de l'Acadie, c'est celle d'un perpetuel recommencement. 
A 1'epoque de l'etabl issement des premiers Frangais dans 1 'est du 
Canada, l'Acadie comprenait le territoire represents aujourd'hui 
par la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, les Ties du golfe 
Saint-Laurent, ainsi que la majeure partie de 1'Etat du Maine, 
dans les Etats-Unis. 

Plusieurs siecles avant la fondation de l'Acadie, des pecheurs 
scandinaves, basques, bretons et normands, et mime espagnols et 
anglais, chassaient la baleine et pechaient la morue dans le 
golfe du Saint-Laurent, sur les cotes de Terre-Neuve, et dans les 
eaux acadiennes. 



20 



Pendant la periode coloniale, quand les Europeens fondaient des 
etablissements dans le Nouveau-Monde, une charte rovale concedait 
a un personnage ou a une societe, un territoire determine avec 
mission de le oeupler, de le coloniser et d'en exploiter les res- 
sources. C'est ainsi que Henri IV, roi de France, a concede le 
monopole du commerce des fourrures au Sieur de Monts en 1604. 
L'histoire de 1 'Acadie commence avec les tentatives de M. de Monts 
d'etablir une colonie sur l'Tle de Sainte-Croix. Au printemps de 
l'annee suivante, apres avoir perdu 36 hommes morts du scorbut au 
cours de 1'hiver, de Monts decida de transporter son etablisse- 
ment a Port-Royal . 

La colonie de Port-Royal fut done etablie sur une pointe de terre 
dominant le port. C'etait le premier etablissement colonial per- 
manent au nord du golfe du Mexique. (Samuel de Champlain fonda 
Quebec en 1608.) Les Micmacs seront les amis fideles des Frangais. 
Bientot de nouvelles equipes de travailleurs arriveront de France 
avec des provisions, des outils, des grains de semence et du betail, 
La traversee durait deux mois et demi . 

Premieres attaques anqlaises - En 1613, une attaque imprevue des 
colons de Virginie detruit Port-Royal et tous les autres etablis- 
sements frangais. En 1621, Sir William Alexander etablit une 
colonie anglaise dans 1 'Acadie qu'il nomma la Nouvelle-Ecosse. 
C'est ainsi que cette partie du continent devint objet de convoi- 
tise de deux nations rivales. Lorsque l'Acadie sera formellement 
rendue a la France par un traite en 1632, une cinquantaine de fa- 
milies franchises vont s'y etablir. Les families acadiennes, a 
cause du developpement agricole de leurs terres, vont rester atta- 
chees a leur patrie. lis habitaient de jolis villages tels que 
Beaubassin, Les Mines, Grand-Pre, etc. Tres attaches a leurs cou- 
tumes particulieres, les Acadiens avaient peu de contacts avec les 
autres colons de la Nouvelle-France. lis vivaient surtout de 
peche, de chasse et d'agriculture. lis travaillaient rudement, 
menaient une existence modeste, appreciaient la tranquill ite et la 
paix. lis formaient une grande famille, vivant heureux, sans se 
soucier des conflits militaires. 

Lorsque la guerre eclata entre la France et 1 'Angleterre, les 
etats de la Nouvelle-Angleterre s'emparerent de l'Acadie mais, 
chaque fois, l'Acadie etait remise a la France par un traite. Cette 
situation dangereuse dura jusqu'en 1713. 

En 1713, par le Traite d'Utrecht, l'Acadie ainsi aue Terre-Neuve 
seront definitivement cedees a 1 'Angleterre. L'lle Royale (Cap- 
Breton) et l'lle Saint-Jean (1 ' Ile-du-Prince-Edouard) demeuraient 
possessions frangaises. Sur l'lle Royale, la France fit construire 
la forteresse de Louisbourg qui etait considered comme imprenable. 
Certaines ' dispositions du traite, parce qu'elles etaient mal 
definies, feront nattre d' interminables conflits entre Frangais et 
Anglais, au detriment des Acadiens. 



21 



Les autorites francaises essayaient de convaincre les Acadiens de 
quitter 1'Acadie pour aller s'etablir en territoire frangais, en 
particulier au Cap-Breton. De leur cote, les Anglais d'Annapolis- 
Royal voulaient retenir les Acadiens en Nouvelle-Ecosse parce 
qu'ils etaient habiles a cultiver le sol. Les Acadiens, eux, 
espeYaient qu'a la faveur d'une nouvelle guerre et d'un nouveau 
traite, 1 'Acadie redeviendrait frangaise. Les Anglais soupgon- 
naient une certaine entente entre ceux qui partaient et ceux qui 
restaient. 

Le Gouverneur de Quebec s'occupa de faire coloniser 1 'Acadie con- 
tinental (le Nouveau-Brunswick) par des Acadiens. II fit cons- 
truire des forts sur la frontiere entre la Nouvel le-France et la 
Nouvelle-Angleterre. En 1749, on eleva le fort Beausejour et le 
fort Gaspareau dans l'isthme de Chignectou - un territoire conteste. 
De leur cote, les Anglais fondaient Halifax (1749) pour contrecar- 
rer la puissance de Louisbourg. 

En 1754, le Colonel Lawrence devenait gouverneur de la Nouvelle- 
Ecosse. La guerre semblait alors de plus en plus proche. Lawrence 
voulait empecher les Acadiens de grossir les rangs de 1 'armee 
frangaise. En 1755, il congut un horrible plan: s'emparer de tous 
les Acadiens qui leur tomberaient sous la main dans les regions 
les plus populeuses de 1'Acadie, les embarquer sur des navires et 
les disperser dans les colonies anglo-americaines, depuis le 
Massachusetts jusqu'a la Georgie. Le gouverneur du Massachusetts pro- 
mettait des navires en nombre suffisant pour le transport d 'environ 
sept mi lie personnes. Londres et Halifax etaient d'accord sur le 
principe et sur les moyens. Ce fut la Deportation ou le Grand 
Derangement. 

Les Acadiens ont d'abord ete fait prisonniers, puis embarques sur 
ces navires. Parmi les quelque 10,000 Acadiens qui devaient en- 
core se trouver sur la peninsule de la Nouvelle-Ecosse avant 
1 'embarquement pour 1'exil, plusieurs milliers ont pu s'echapper 
vers la region du sud-est du Nouveau-Brunswick actuel et a l'Tle 
Saint-Jean, ou se sont caches dans la profondeur des forets en 
Nouvelle-Ecosse. Mais la plupart ont ete captures et deportes a 
leur tour ou faits prisonniers dans les forts Cumberland et Hali- 
fax jusqu'apres le traite de Paris en 1763. On a entasse les 
prisonniers dans les cales des navires: hommes, femmes et enfants. 
Dans le desordre, les families furent demembrees. Les Acadiens 
laissaient derriere eux tous leurs biens accumules pendant quatre 
ou cinq generations ainsi que leurs magnifiques terres recuperees 
de la mer par leur dur travail et 118,000 bestiaux. Une affreuse 
dispersion! 

Lawrence avait donne ordre de bruler toutes les maisons et de de- 
truire les recoltes, sous les yeux des derniers deportes. Des 
7000 Acadiens disperses plusieurs sont morts de misere, d'epidemie, 
de chagrin durant leur interminable voyage. Aucune colonie anglo- 
americaine n'avait ete prevenue de l'arrivee des exiles sauf le 



22 



Massachusetts. Des Frangais catholiques abandonnes dans des colo- 
nies puritaines ou protestantes! Dans ces colonies ils ont fait 
souche, mais au prix de quelles souffrances! 

Apres la signature du Traite de 1763, plusieurs ont regagne leur 
ancienne patrie. Ils ont ete les ancetres des Acadiens d'aujourd 1 - 
hui. Mais le plus fort groupe est passe en Louisiane. C'est dans 
cette region que se trouvent, de nos jours, pres de 800,000 de 
leurs descendants. D'autres se sont diriges vers le Canada ou 
vers les Antilles. Ceux qui ont abouti en Virginie ont ete diri- 
ges vers 1 ' Angleterre, et ensuite transported en France apres la 
guerre, mais ils iront plus tard s'etablir en Louisiane. 

L'histoire des Acadiens est une histoire tragique. lis ont ete 
marques par elle et n'ont jamais oublie ces injustices. Ils ont 
une culture, des traditions, un parler bien a eux. Ils sont 
Acadiens a jamais. 



II. L' ONTARIO 



A . Geographie 



Selon Statistiques Canada (1976), 462,075 Canadiens de langue mater- 
nelle frangaise habitent l'Ontario ou ils forment 5.6% de la popula- 
tion. La majorite vit dans la partie est et dans le centre-nord de 
la province. Dans 1'est, il s'agit principalement des comtes de 
Prescott-Russel , Carleton, Glengarry et Stormont, alors que dans le 
centre-nord, il y a la municipal ite regionale de Sudbury et les Comtes 
de Nipissing, d'Algoma et de Cochrane. 

Dans le sud de la province, seulement 2% de la population totale est 
francophone. Un autre groupe est concentre sur les rives du Lac Saint- 
Clair. Un tiers de la population de Windsor est d'origine frangaise, 
mais ils sont en majorite anglicises. Des groupes assez considerables 
de francophones se retrouvent a Brantford, Gait, dans la region de 
Midlands et du Lac Simcoe, a Toronto, Welland, Port Colborne, Niagara 
et Sainte-Catherine. 



B . Situation politique et j uridique 

Les lois, aussi bien sur le plan federal que provincial, reconnaissent 
certains droits linguistiques aux Franco-Ontariens. La loi federale 
sur les langues officielles permet aux Franco-Ontariens d'exiger 
d'etre servis en frangais par tous les organismes federaux. 

Sur le plan provincial, ~\* Education Act garantit aux Franco-Ontariens 
1 'education en frangais aux niveaux primaire et secondaire, la ou il 
y a un nombre suffisant d'eleves. 



23 



C. Situation sociale 

II y a, en Ontario, plus de 600 groupements francophones a caractere 
politique, culturel et agricole. C'est la preuve que les francophones, 
dans 1'ensemble de 1' Ontario, sont bien structures. 

En ce qui concerne les media, certaines regions de 1'Ontario n'ont pas 
encore la radio et/ou la television francaise. II y a huit journaux 
frangais publies regulierement ainsi que quelques magazines. 



D. Economie 

Les Franco-Ontariens ont des institutions financieres telles des cais- 
ses populaires, des cooperatives, des compagnies d'assurance et des 
entreprises privees. Cependant, sur le marche du travail trop peu de 
francophones occupent des postes eleves en administration. Les Franco- 
Ontariens sont proportionnellement trop presents dans certains secteurs 
economiques tels que les mines, les forets, les transports, 1'enseigne- 
ment et la construction (22% des mineurs ontariens sont francophones). 
Les Franco-Ontariens percoivent mal 1 ' homme d'affaires et craignent le 
credit et 1'emprunt. Les regions defavorisees sont celles qui regrou- 
pent une concentration appreciable de Franco-Ontariens. 



E. Education 

En Ontario, les conseils scolaires doivent, en vertu de la loi, offrir 
1 'enseignement en frangais la ou les effectifs le justifient. Normale- 
ment seuls les francophones peuvent suivre des cours donnes en frangais, 
mais certains non-francophones peuvent y etre admis, sous reserve de 
1 'approbation du comite d'admission. 

Au niveau post-secondaire, les institutions suivantes offrent leur pro- 
gramme en frangais: 

- 2 universites (Ottawa, Laurentienne) 

- 5 colleges affilies a une universite 

- 6 colleges d'arts appliques et d'enseignement technique 

F. Activites culturelles 

Le Gouvernement a mis sur pied un organisme appele le Conseil Consul - 
tatif des Affaires Franco-Ontariennes, charge de conseil ler et de 
soumettre des recommandations au Ministre des Affaires Culturelles et 
des Loisirs sur tout sujet qui touche les Franco-Ontariens. 



24 



Histoire 

Les premiers hommes blancs a fouler le sol de l'Ontario furent les 
Frangais. Ce fut d'abord Etienne Brule qui se rendit jusqu'aux Grands 
Lacs, aupres des Indiens a la demande de Champlain, afin d'apprendre 
le metier d' interprete. En 1613, Samuel de Champlain, le fondateur 
de Quebec, s'engagea pour la premiere fois sur la riviere des Algon- 
quins (aujourd'hui riviere Ottawa) jusqu'a l'Tle aux Allumettes ou il 
planta une croix. II posera le meme geste en plusieurs endroits comme 
points de repere et en signe de possession. En 1615, accompagne du 
Pere Recollet Joseph LeCaron, de douze frangais et de dix Indiens, 
Champlain reprit la route de la riviere Outaouais (Ottawa) jusqu'au 
Lac Nippissing. II longea la Baie Georgienne du Lac Huron et mit pied 
a" terre en Huronie. C'etait le grand centre commercial des Grands Lacs 

En 1925, les Jesuites vinrent aider les recollets en Nouvelle-France. 
L'annee suivante, deux missionnaires Jesuites et un Recollet arriverent 
en Huronie pour ouvrir la mission huronne. Dans leur travail aupres 
des Indiens, les missionnaires procedaient de deux fagons differentes. 
Par le biais de la traite des fourrures, les uns allaient rencontrer 
les Indiens et leur enseignaient la religion. lis visitaient leurs 
bourgades et les accompagnaient meme dans leurs excursions de chasse. 
Les autres groupaient les Indiens dans les villages Chretiens et vi- 
vaient parmi eux. 

lis furent disperses quand la Nouvelle-France tomba aux mains des An- 
glais en 1629. Apres le retour des Frangais en 1632, la Huronie rede- 
vint le centre d'activite missionnaire et du commerce des fourrures. 
C'est alors que les Jesuites deciderent de fonder leurs premieres mis- 
sions permanentes parmi les Hurons. II y eut quelques bourgades 
chretiennes: Saint-Joseph, Saint-Louis, Saint-Ignace et Sainte-Marie. 
Cette derniere fut etablie au coeur de la Huronie en 1639 et dura 
jusqu'en 1649, soit jusqu'a la grande destruction des Hurons par leurs 
ennemis les Iroquois. La mission etait entouree d'une haute cloture 
et a chaque coin s'elevait une croix. L'enceinte renfermait un fort, 
une chapel le, de longues cabanes et des wigwams, un cimetiere et un 
petit hopital. De la mission Sainte-Marie, les missionnaires et leurs 
employes voyageaient a pied ou en canot sur de longues distances, 
aussi loin que Sault-Ste-Marie, pour rencontrer les Indiens. Plusieurs 
missionnaires ont donne leur vie au service de Dieu et des Indiens: 
les Peres Isaac Jogues et Jean de Brebeuf sont les mieux connus parmi 
les jesuites martyrs canadiens. 

Pierre Radisson et Chouart des Groseilliers, explorateurs, aventuriers 
et coureurs-de-bois, sont a l'origine de 1' histoire de 1 'exploration 
a cette epoque. Devant le refus du Gouverneur de la Nouvelle-France 
de leur accorder un permis de traite a l'interieur du pays, ils sont 
partis a la nuit pour l'Ouest et pendant deux ans ils ont explore la 
rive nord du lac Ontario. Desabuses, ils passerent en Angleterre ou 
ils offrirent leurs services au Roi. Les marchands preterent une 
oreille attentive a leurs propositions et peu apres la Compagnie de 
la Baie d' Hudson fut fondee sous le haut patronage du Prince Rupert et 
regut une charte qui lui accordait le monopole du commerce des four- 

25 



rures sur tout le bassin de la Baie d'Hudson. 

La presence des Anglais au nord mettait en peril le commerce frangais; 
elle constituait un danger pour 1 'existence meme de la Nouvelle-France. 
La region des Grands Lacs interessait particul ierement l'intendant 
Talon. Celui-ci envoya le sieur de Saint-Lusson prospecter les mines 
de cuivre. II fonda en 1671 le Fort Michillimakinac sur le Lac Supe- 
rieur, fort qui va se developper rapidement et deviendra avec le fort 
Sault-Ste-Marie un centre important pour les explorateurs , les trafi- 
quants de fourrures et les coureurs-de-bois. Frontenac veut proteger 
1' entree des Grands Lacs en jetant les bases du Fort Frontenac, ou Ca- 
taracoui, etabli par le Cavalier de la Salle en 1673. Ce fort fut 
capture par les Anglais durant la Guerre de Sept Ans, en 1758, et 
devint par la suite Kingston. Les Frangais construisirent plusieurs 
autres postes, entre autres le Fort Pontchartrain ou Detroit par 
Lamothe-Cadillac en 1701, dans cette partie du pays qui est devenue 
la province de 1 'Ontario. En 1750 on erige a un endroit frequente ha- 
bituellement par les chasseurs indiens, le Fort Rouille, qui devint un 
centre de vie frangaise pour marchands et soldats sur la rive du lac 
Ontario. Fort Rouille est devenu le Fort Toronto (York). 

La Verendrye commenga ses explorations vers 1 'Ouest en 1729, a partir 
du Fort Kaministikwia, qui avait ete construit par Dulhut en 1679 et 
rebati en 1717. Ce poste, abandonne par les Frangais pendant la Guerre 
de Sept Ans, devint le quartier-general de la Compagnie du Nord-Ouest 
entre 1805 et 1810 et fut nomme Fort William en l'honneur de William 
McGillivray, directeur en chef de la compagnie. La Verendrye construi- 
sit les forts St-Pierre, au Lac la Pluie, en 1731 et St-Charles, au lac 
des Bois, en 1732. 

Ici et la, aux endroits strategiques, les Frangais avaient etabli 
d'autres postes tels le fort St-Joseph, qui fut a l'origine de Sarnia 
et Port Huron, le fort de la Presentation, qui deviendra Ogdensburg, le 
fort de la Galette, aujourd'hui Prescott. L'erection de ces forts per- 
mit la traite des fourrures et facilita 1 ' implantation des colons. 
Cette penetration du territoire des "Pays d'en-haut" par les Frangais 
se poursuivra jusqu'en 1759. 

Les Anglais arrivent done apres 1760. Peu a peu certaines families 
d'origine britannique s ' instal lerent en Ontario et 1 ' immigration an- 
glaise commenga a se faire sentir. La jeune colonie frangaise n'en 
continue pas moins a se developper. La petite communaute de Sandwich, 
en face de Detroit, sur la rive ontarienne ouvrit une ecole en 1786. 
La volonte de rester Canadiens frangais s'affirma et s'implanta. Vers 
1784, apres la Revolution americaine, environ 10,000 Loyal istes arri- 
verent des Etats-Unis et s'etablirent autour du Lac Ontario. 

L'Acte Constitutionnel de 1791 divisa Ouebec en deux provinces: Le 
Bas-Canada (Tactuelle province de Ouebec) et le Haut-Canada (1 'Ontario 
d'aujourd'hui ). Chaque province devait avoir un 1 ieutenant-gouverneur 
assiste d'un conseil executif nomme, d'une legislature comprenant un 
conseil legislatif, et une Chambre d'Assemblee composee de membres 
elus. 

26 



D'ou viennent tous ces Franco-Ontariens? Les Franco-Ontariens de 1'ouest 
de la province, surtout ceux des regions de Kent et d' Essex, sont les 
descendants des soldats frangais congedies apres la conquete et qui se 
trouvaient dans les environs de Detroit. L'est de 1 'Ontario, la partie 
entre le Saint-Laurent et l'Outaouais, a ete colonisee par les Canadiens 
et beaucoup de leurs descendants y vivent encore aujourd'hui. Parmi les 
Canadiens qui habitaient cette region, certains sont alles s'installer 
pres du Lac Huron et d'autres plus au nord, le long de la ligne de che- 
min de fer. Les pretres-colonisateurs ont amene beaucoup de jeunes 
cultivateurs canadiens-francais dans la region de Sudbury. 



27 



Deux i erne partie - LES GROUPES DE L' QUEST CANADIEN 



A. Demographie 

Environ 164,320 Canadiens, dont la langue maternelle est le frangais, 
habitent les quatre provinces de 1'Ouest du Canada.* 

a) Au Manitoba 

54,745 (6.1% de la population) personnes habitent le Manitoba. 
Les regions les plus importantes numeriquement sont les commu- 
nautes francophones de Vital et de Saint-Boniface, les communau- 
tes le long de la Riviere Rouge et de la Riviere Assiniboine, et 
celles de la region de Dauphin. Plusieurs villages, tels Notre- 
Dame-de-Lourdes, Sainte-Anne et Saint-Pierre, comptent une forte 
majorite de francophones. 



b) En Saskatchewan 

26,705 personnes de langue maternelle franchise habitent la Sas- 
katchewan. Les groupes les plus importants sont dans les 
environs de Prince Albert, Gravel bourg et Regina. 



c) En Alberta 

44,440 personnes de langue maternelle franchise forment des 
noyaux importants au nord d' Edmonton et dans les regions de 
Saint-Paul et de Riviere-la-Paix. 



d) En Colombie Britannique 

38,430 personnes de langue maternelle frangaise habitent la 
Colombie Britannique, surtout dans les banlieues de Vancouver 
(Maillardville, Coquitlam, New Westminster) et sur l'lle de 
Vancouver, a Port Alberni, a Victoria et Nanaimo. 



B. Education 

Dans chacune des provinces de l'Ouest, il y a des ecoles ou 1 'on 
donne des cours de frangais et ou 1 'enseignement se fait en frangais. 
En Saskatchewan, il y a deux ecoles privees ou 1 'enseignement en 
frangais peut etre donne jusqu'a 100% du temps de la journee scolaire, 
soit au College Mathieu de Gravelbourg et a l'Ecole Frangaise de 
Saskatoon. Au niveau post-secondaire, nous trouvons des colleges et 



* Statistiques Canada, 1976 



28 



des universites offrant des services en frangais et conduisant a un 
B.A. general, a un B.Sc, ou a la formation de professeurs. II y a 
aussi le College Universitaire de Saint-Boniface, au Manitoba, les 
Centres d' Etudes Bilingues a l'Universite de Regina, le Centre d' Etudes 
Bilingues a l'Universite de la Saskatchewan, a Saskatoon, et la Faculte 
Saint-Jean a Edmonton. En Colombie, il n'y a ni college frangais, ni 
universite frangaise, ni formation technique ou professionnel le en 
frangais. 

C . Situation sociale 

Dans chaque province, les Canadiens frangais possedent des associa- 
tions qui travaillent dans le but de contrer 1 'assimilation. El les 
sont secondees par de vaillants journaux, tels La Liberte a Winnipeg, 
L' Eau Vive en Saskatchewan, (qui a cesse d'etre public en 1976), le 
Franco-Albertain en Alberta, et le Sol ei 1 de Colombie en Colombie 
Britannique. Les Canadiens frangais ont reussi a eriger, dans chacune 
des provinces de 1'Ouest, des stations de radio et de television reliees 
au reseau frangais de Radio-Canada. 

D. Economie 

On retrouve des francophones dans les divers secteurs de l'emploi: 
administration, professions liberales, activites et services recreatifs, 
transport et communication, agriculture, peche, artisanat, chasse pro- 
fessionnelle (trappeurs), emplois manuels, vente, bureaux, etc. II est 
a remarquer que la plus grande proportion de la main d'oeuvre canadienne 
frangaise se retrouve dans les professions reliees a 1 'agriculture, aux 
metiers, a la production, aux activites et services recreatifs et au 
travail de bureau. 



Histoire 

La Compagnie de la Baie d' Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest, tout 
en favorisant le commerce des fourrures, aidaient a promouvoir grande- 
ment les explorations dans le Nord-Ouest. Plusieurs de leurs employes 
etaient en meme temps des explorateurs: 

Samuel Hearne - decouvrit 1 'embouchure de la riviere du Cuivre (Copper- 
mine) en 1771/72 et fut ainsi le premier a atteindre 1 'Ocean Arctique 
par voie de terre. II revint au Fort Churchill par le Grand Lac des 
Esclaves et la riviere des Esclaves. En 1774, il etablit le Fort 
Cumberland sur 1'Tle Pine pour la Compagnie de la Baie d 'Hudson. 

Peter Pond - En 1775, il quitta le Fort Michil imackinac sur le Lac 
Superieur et fit du commerce sur la riviere Saskatchewan. En 1778, il 
traversa le Methy Portage qui joint la riviere Churchill a la riviere 
Clearwater, portage qui donnait acces a la region de 1 'Athabasca, tres 
riche en fourrures de haute qualite. 

29 



Le Capital ne James Cook - En 1778, lors d'un troisieme voyage jusqu'au 
Pacifique, il fit 1'exploration du littoral nord-ouest jusqu'au De- 
troit de Behring et entra dans le detroit de Nootka, He de Vancouver, 
ou il fit du commerce avec les Indiens et prit possession du terri- 
toire au nom du Roi de Grande-Bretagne. 

Sir Alexandre Mackenzie - En 1787, il devint l'un des premiers commer- 
cants de la Compagnie du Nord-Ouest. II passa l'hiver de 1787/88 dans 
la region de 1 'Athabasca avec Peter Pond, et en 1788 il regut la 
charge de cette region. L'annee suivante, a la tete d'une exploration, 
Mackenzie se rendit jusqu'a 1' Ocean Glacial par un fleuve qui portera 
son nom. En 1793, il fut le premier Blanc a franchir les Montagnes 
Rocheuses pour atteindre 1 'Ocean Pacifique par la Riviere-la-Paix. 

Le Capitaine George Vancouver - En 1791, Vancouver, l'un des lieute- 
nants du Capitaine James Cook, dirigea une importante expedition vers 
le Detroit de Nootka, dans le but d'effectuer pour 1 'Angleterre le 
retour de territoires britanniques saisis par les Espagnols deux ans 
plus tot et d'explorer le littoral du Pacifique. II dressa une carte 
detaiHee de toutes les cotes, depuis l'embouchure du fleuve Columbia 
jusqu'a 1 'Alaska. 

Simon Frase r - Au service de la Compagnie du Nord-Ouest, Fraser etablit 
des postes dans l'Ouest mais son exploit le plus notable a ete 1'explo- 
ration, en 1808, d'une riviere qu'il croyait etre le Columbia. C'est 
David Thompson qui donna a cette riviere inconnue le nom de Fraser. 

Des le debut du dix-neuvieme siecle, l'Ouest avait done ete explore a 
partir du lac Superieur, au-dela des montagnes, et jusqu'au Pacifique, 
grace aux explorateurs, aux compagnies de commerce des fourrures et 
aux missionnaires qui suivaient leurs traces pour atteindre les tribus 
indiennes qu'ils essayaient d'evangel iser au prix de grandes souffrances 
et de travaux incessants. 

Lord Thomas Selkirk etait un riche Ecossais qui revait d'etablir sur 
des terres vierges le surplus des populations rurales d'Ecosse et d'lr- 
lande. II entreprit d'orienter 1 'emigration vers la Riviere Rouge. 
La Compagnie de la Baie d'Hudson qui voyait dans cet etabl issement des 
avantages commerciaux, lui conceda la partie du bassin de la Riviere 
Rouge, connue sous le nom d'Assiniboine. En 1811, il nomma Miles Mac- 
donell gouverneur de ce territoire et l'envoya avec 36 colons irlandais 
et ecossais jeter les bases de la nouvelle colonie. Le Fort Douglas 
devint le point central et les colons commencerent tout de suite a 
labourer la terre. Ce n'est que dix ans plus tard que la colonie se 
stabilisa. En 1834, la colonie devint la propriete de la Compagnie 
de la Baie d'Hudson qui y construisit le Fort Garry, debut de ce qui 
deviendra la ville de Winnipeg, capitale du Manitoba. Le territoire 
ouvert par la colonie de Selkirk devint une province de la Confedera- 
tion canadienne en 1870. 

Lorsque les premiers colons de Lord Selkirk parurent sur les bords de 
la Riviere Rouge, ils y trouverent une population metisse. On signale 



30 



la presence des Metis dans l'Ouest des le debut du dix-huitieme siecle. 
Les metis de 1 ' Assiniboine, mal adaptes aux exigences de 1 'agriculture, 
vivaient de la chasse aux bisons et du commerce qu'ils faisaient avec 
la Compagnie de la Baie d'Hudson. La plupart de ces Metis s'occupaient 
du transport des marchandises entre Saint-Paul au Minnesota et le Fort 
Garry au moyen de charrettes. 

Au cours de son sejour dans sa colonie, Lord Selkirk avait ete saisi 
par le desir d'un groupe d'hommes libres de recevoir un missionnaire 
catholique. II s'empressa de communiquer cette requite a l'eveque de 
Quebec, Mgr Plessis, car tout cet immense territoire du Nord-Ouest 
etait sous la. juridiction ecclesiastique de l'eveque de Quebec. Le 
comte de Selkirk et son agent Miles Macdonell voyaient tres bien que, 
sans le secours de la religion, les meilleurs plans pour la reussite 
d'une entreprise comme celle de la colonie de l'Assiniboine etaient 
condamnes a n'aboutir a rien. 

En 1818, Mgr Plessis annoncait qu'il allait envoyer dans l'Ouest deux 
pretres et un seminariste: les abbes Joseph-Norbert Provencher et 
Joseph-Nicolas Dumoulin, accompagnes de Guillaume-Etienne Edge. A 
leur arrivee a la Riviere Rouge, les missionnaires s'etablirent dans 
la colonie. L'eglise de Saint-Boniface etait fondee. Une quarantaine 
de Canadiens frangais, dont quelques-uns etaient accompagnes de leurs 
femmes, suivirent a bord de sept canots les premiers missionnaires de 
la Riviere Rouge. 

De leur nouveau centre, les missionnaires oeuvrerent dans tout l'Ouest 
canadien. lis evangel iserent les ames et fonderent des ecoles pour 
dispenser l'education, la premiere ecole elementaire ayant ete etablie 
a Saint-Boniface des 1818 et le premier college en 1821. 

L'oeuvre civil isatrice des missionnaires contribua a adoucir les moeurs 
et a faire respecter les lois. L'Eglise Catholique rayonnait a partir 
de Saint-Boniface ou residait Mgr Provencher nomme eveque en 1822. 
Mgr Provencher continua d'etre a la fois pasteur, catechiste, maTtre 
d'ecole, cuisinier, tailleur, cordonnier et meme laboureur. 

En 1844, l'eveque de Saint-Boniface n'avait encore que quatre pretres 
a sa disposition pour les deux mille huit cents catholiques de race 
blanche ou metisse eparpilles dans une contree si vaste. Les Oblats 
de Marie Immaculee venaient de s' etablir dans 1'est du Canada. On 
realisait qu'il fallait a tout prix avoir des Oblats. Leur fondateur, 
Mgr de Mazenod, consentit a etablir une mission a la Riviere Rouge. 
C'est ainsi que ces missionnaires ont commence a oeuvrer autour de 
Saint-Boniface des 1845, dans la personne du Pere Pierre Aubert accom- 
pagne du Frere Alexandre-Antoine Tache. L'annee suivante, Tache allait 
etablir une mission permanente a 1' Ile-a-la-Crosse. Ce fut 1 'origine 
des fameuses missions indiennes que les Oblats n'ont pas cesse d'eten- 
dre vers l'Ouest et le Nord. Le Pere Tache fut nomme eveque et coad- 
juteur de Mgr Provencher en 1850. II devint le deuxieme eveque de 
Saint-Boniface. 



31 



En 1857, la nouvelle de la decouverte d'or sur la Riviere Fraser attira 
des mineurs venant de Washington et de 1' Oregon. Cette ruee vers l'or 
transforma la Colombie Britannique en colonie autonome. L'achat de 
1' Alaska par les Etats-Unis en 1867 sensibilisa la Colombie Britannique 
au fait qu'elle etait faible tant au point de vue defense que sur le 
plan economique. En 1870, les habitants de cette region se declarerent 
prets a entrer dans la Confederation si le gouvernement canadien consen- 
tait a construire un chemin de fer reliant cette region au reste du pays, 
Cette proposition fut acceptee et, en 1871, la Colombie se joignit au 
Canada. La construction du chemin de fer, le Pacifique Canadien, fut 
terminee en 1885. La grande poussge de 1 'immigration vers 1 'Ouest cana- 
dien est due surtout a la construction du Pacifique Canadien et a 
1' initiative de Clifford Sifton, Ministre de l'Interieur, responsable 
de 1 ' immigration et de la colonisation dans le cabinet de Sir Wilfrid 
Laurier de 1896 a 1905. Les compagnies de chemin de fer contribuerent 
a coloniser l'Ouest et elles en retirerent aussi des profits interes- 
sants. Ces compagnies s ' interessaient a transporter les immigrants de 
1'Est a l'Ouest et le gouvernement aidait a defrayer le cout du trans- 
port des voyageurs. Elles avaient aussi avantage a favoriser le trans- 
port des cereales recoltees, surtout le ble, vers les provinces et les 
ports de l'Est. Le gouvernement appuyait les compagnies de chemins de 
fer en leur octroyant de vastes etendues de terrain qu'elles pouvaient 
vendre aux colons pour defrayer le cout de construction. Ainsi, les 
compagnies de chemins de fer ont joue le role d 'agents de colonisation. 

Le gouvernement liberal de Laurier envoyait des agents dans plusieurs 
pays d' Europe pour recruter des colons. Les immigrants sont venus en 
grand nombre de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de la Russie, de 
la Galicie, de la Belgique et de la France. Cette immigration massive, 
surtout pendant la periode de 1896 a 1915, donna a l'Ouest ce qui lui 
manquait: une population. 

Les habitants de la colonie de la Riviere Rouge, comme groupe franco- 
phone, ont connu des epreuves douloureuses. Les premiers Franco- 
Manitobains etaient des Metis et lors du transfert des territoires de 
la Compagnie de la Baie d'Hudson au gouvernement canadien, leurs droits 
ne furent pas reconnus. C'est pourquoi en 1869, sous la conduite de 
leur chef Louis Riel , les Metis se souleverent contre le gouvernement 
qui ne les avait pas meme consultes. Une deuxieme resistance des Metis 
en 1885, encore sous Riel, s'allia avec les Indiens sous leurs chefs 
Poundmaker et Gros-Ours. Les Metis prirent les armes contre les Blancs. 
Un premier combat eut lieu au Lac Canard. Des Indiens cris attaque- 
rent le village du Lac La Grenouille. A Battleford, les colons blancs 
se refugierent dans le fort. Trois colonnes militaires depechees par 
le gouvernement d' Ottawa se dirigerent vers le nord: une vers Batoche 
ou se trouvait Riel, une vers Battleford, et la troisieme vers Edmon- 
ton, afin d'y affronter Gros-Ours. Riel fut fait prisonnier; les Metis 
et les Indiens etaient vaincus. Riel fut accuse de haute trahison par 
un jury compose uniquement d'anglophones et condamne a etre pendu. II 
avait simplement essaye d'aider les siens. 



32 



Les groupements francophones des provinces des Prairies, grossis plutot 
par des colons venus du Quebec et des Etats-Unis, ont du mener une 
lutte presque constante pour preserver leur langue et leur religion, 
ainsi que leurs ecoles separees. 

La Saskatchewan a connu un grand missionnaire, le Pere Joseph Hugonard, 
o.m.i., qui a oeuvre aupres des Metis et des Indiens du Nord-Ouest de 
1847 a 1917. Le R.P. Hugonard a consacre une grande partie de sa vie 
aux missions de la Vallee Qu'Appelle. Par la profonde connaissance du 
caractere indien qu'il devait acquerir et par sa tres grande influence 
sur les Metis et les Indiens, il se fit une reputation sans egal . II 
dirigea l'ecole indienne de Qu'Appelle pendant plus de trente-deux ans 
tandis que le Pere Magnan dirigeait la mission attenante. Plus de 
5000 Catholiques, dont 3500 etaient indigenes, recevaient des soins 
des missionnaires. Cette population representait sept races differentes 
puisque le territoire evangelise par ce poste comprenait des Frangais, 
des Anglais, des Hongrois, des Cris, des Sauteux, des Sioux et des Assi- 
niboines. 

Le vaste diocese de Mgr Grandin fut divise en 1891 pour former le dio- 
cese de Prince-Albert dont le premier titulaire fut Mgr Pascal qui 
etait arrive de France en 1870. C'est le Pere Alexis Andre, o.m.i., 
qui fonda en Saskatchewan les missions de St-Laurent-de-Grandin, du Lac- 
Canard, de Batoche et de Saint-Louis. Ce Breton a la jovial ite remar- 
quable etait comme beaucoup d'autres, veteran des missions. Batoche 
etait considere comme le centre et, vers 1902, subit une periode de 
transformation qui allait le laisser en majorite frangaise de langue et 
catholique de religion. Batoche etait peuple exclusivement de metis 
frangais. A quelque 25 milles au nord s'etendait la colonie de St-Louis, 
Quelques blancs s'etaient ajoutes aux "gens du pays" qui constituaient 
la grande masse des colons. Entre ces deux local ites, se trouvait Dom- 
remy fonde par des Frangais amenes de France par un agent d 'emigration 
appele Bodard. 

Grace a un autre missionnaire, le Pere Vachon, o.m.i., de nouveaux 
colons sont venus se joindre a ceux qui se trouvaient deja dans la re- 
gion. Une paroisse entierement canadienne-frangaise, Bellevue, fut 
fondee. C'etaient done des paroisses exclusivement de langue frangaise. 
Le centre important du lac Canard etait presque completement frangais. 
Le Pere Vachon devait peupler la vallee de la Saskatchewan avec des 
gens du Quebec ou des Etats-Unis. 

L'abbe Gaire, missionnaire-colonisateur, a accompli un travail de geant 
dans la colonisation du Manitoba et du Nord-Ouest ou il fonda des pa- 
roisses catholiques et frangaises. II a visite la France presque en 
son entier pour recruter des colons, a son propre compte, sans recevoir 
un sou du gouvernement. 

C'est grace a ces missionnaires d'un nouveau genre que 1'Ouest canadien 
a vu plusieurs de ses districts completement frangais et catholiques. 
Leur tache a ete souvent ingrate; ils ont ete en butte a 1 'opposition, 
aux critiques et aux soupgons. Sous la direction d'eveques aussi patrio- 
tes que prevoyants, ils ont essaye de grouper leurs compatriotes dans 

33 



des paroisses bien etablies et prosperes. 

En Alberta les francophones forment un groupe assez important. Les 
Canadiens frangais du Quebec et surtout des Etats-Unis ont ete diriges 
vers l'Alberta, premierement par le legendaire Pere Lacombe, o.m.i., 
un des plus grands pionniers canadiens, et par des missionnaires- 
colonisateurs comme 1'abbe Jean-Baptiste Morin, les abbes Ouellette, 
Therien, Normandeau, ainsi que par les Oblats de Marie Immaculee, 
notamment les Peres Falher, Giroux, Leduc, Vegreville. Les Franco- 
Albertains demeurent aujourd'hui dans la region autour d' Edmonton, 
dans celles de Saint-Paul-Bonnyville et de Riviere-la-Paix. On les 
retrouve egalement a Edmonton mime, a Calgary, a Red Deer et a Leth- 
bridge. 

Sur la cote du Pacifique, la civilisation s'etait implantee depuis le 
dix-huitieme siecle: les Espagnols d'abord, les Anglais une vingtaine 
d'annees plus tard. On retrouve les Canadiens frangais comme faisant 
partie des voyages d 1 exploration. Quand Alexandre Mackenzie atteignit 
le Pacifique en 1793, il avait avec lui une douzaine de Canadiens. 
Les hommes de Fraser franchirent avec lui les Montagnes Rocheuses en 
1807 et ouvrirent la voie aux officiers de leur Compagnie. En 1839, 
un Quebecois, 1'abbe Demers, y penetrait a son tour et commengait avec 
succes 1 'evangel isation des tribus indiennes. Plus au sud, le Jesuite 
de Smet multipliait les conversions. Devenu eveque de l'Tle de Van- 
couver en 1847, Mgr Demers a eu pendant longtemps seulement deux 
pretres seculiers, puis les Oblats ont fait leur apparition a Esqui- 
malt en 1857 et les Soeurs de Sainte-Anne l'annee suivante. 

Ceux qui faisaient la traite des fourrures ainsi que les etrangers que 
les mines d'or attiraient dans ces parages, n'etaient pas un tres bon 
exemple pour les indiens. Avec 1 ' immoral ite ils apportaient 1'ivrogne- 
rie. Les missionnaires eurent beaucoup de difficultes a reagir. Nean- 
moins, les missions de Colombie ont eu un essor si rapide que, des 1863, 
Rome erigeait un vicariat apostolique en Colombie et le confiait a 
Mgr d'Herbomez, o.m.i. 

En 1871, la population de la Colombie se chiffrait a 10,586 Blancs et 
29,375 Indiens. 

Des 1817, plus de trois cents Canadiens francais faisaient le commerce 
des fourrures a l'interieur de la Colombie. Ils furent done les pre- 
miers colons de la Colombie. Quarante ans plus tard, ils etaient assez 
nombreux et assez etablis en qroupements homoqenes pour publier leur 
journal intitule Le Courrier de la Nouvelle-Caledonie . En 1859, ils 
possedaient un College pour 1 "education des gargons, le College Saint- 
Louis a Victoria. Vers la fin du siecle, en 1886, les Soeurs de la 
Providence fonderent a New Westminster l'hopital Sainte-Marie et en 1894, 
1'hopital Saint-Paul a Vancouver. 

De 1905 a 1912 existait a Vancouver 1'Union Canadienne-Frangaise, organe 
qui avait pour but de regrouper les habitants de langue frangaise. 

En 1909, M. Theodore Theroux et le R.P. O'Boyle se rendirent au Quebec 

34 



pour recruter des ouvriers qualifies dans l'industrie du bois. Un pre- 
mier contingent de Quebecois arriva pour travailler a Fraser Mills. 
lis fonderent la paroisse Notre-Dame de Lourdes qui prit en 1912 le 
nom de Mai 1 1 ardvi 1 le. Dans les annees 1910, d'autres fondations sui- 
virent les premieres: clubs, cercles, paroisses canadiennes-frangaises 

Bien qu'ils representaient a l'epoque des groupes de plus en plus homo- 
genes et assez nombreux, les Canadiens frangais ne reussirent jamais a 
former une ou des communautes officielles en Colombie, comme ce fut le 
cas dans les provinces des prairies. Les Canadiens frangais avaient 
pourtant ete presents a la fondation des forts, au tout debut, et en- 
suite des villages et villes de la Colombie Britannique. 



35 



BIBLIOGRAPHIE 



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37 



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38 



LE QUEBEC 



(NEUVIEME ANNEE) 



A. Geographie 

Le Quebec est la province la plus grande du Canada. El 1 e est un peu plus 
de deux fois la grandeur de l'Alberta. Tandis que l'Alberta s'etend sur 
660,0^9 Km2, la superficie du Quebec atteint 1,540,681 Km 2 . 

Tableau I - Superficie approximative en terre et en eau douce, par province 

Province ou territoire Terre (Km 2 ) Eau douce Total (Km 2 ) % du total 

Terre-Neuve 370,485 34,032 404,517 4.1 

He de Terre-Neuve 

Labrador 

Ile-du-Prince-Edouard 

Nouvelle-Ecosse 

Nouveau-Brunswick 

Quebec 

Ontario 

Manitoba 

Saskatchewan 

Alberta 

Colombie Britannique 

Yukon 

Territoires du Nord-Ouest 



Comme en Alberta, le relief du Quebec comprend des plaines, des montagnes 
des forets et des lacs, mais un different agencement de ces phenomenes phy- 
siques lui confere un aspect plus varie. On retrouve la vallee du St- 
Laurent, region de plaine, la toundra (Extreme-Nord) , les Appalaches (pe- 
ninsule gaspesienne) , les Laurentides (au nord de la vallee du St-Laurent) 
et les Monteregiennes (pres de Montreal) constituent les principales zones 
montagneuses. Des milliers de lacs et de rivieres sillonnent le territoire 
quebecois. La vegetation, tres variee, comprend des forets de feuilles 
(erables, chenes, tilleuls, ormes etc.,), de coniferes (epinettes, sapins, 
pins bouleaux, etc.), des herbes, et la toundra, au nord ou la vegetation 
est presque inexistante. Les montagnes, quoique beaucoup moins elevees 

40 



106,614 


5,685 


112,299 


1.1 


263,871 


28,347 


292,218 


3.0 


5,657 




5,657 


0.1 


52,841 


2,650 


55,491 


0.5 


72,092 


1,344 


73,436 


0.7 


1,356,792 


183,889 


1 ,540,681 


15.4 


891,195 


177,388 


1,068,583 


10.7 


548,495 


101,592 


650,087 


6.5 


570,269 


81,691 


651,900 


6.5 


644,390 


16,796 


661,186 


6.6 


930,539 


18,068 


948,597 


9.6 


531,844 


4,481 


536,326 


5.4 


3,246,392 


133,294 


3,379,686 


33.9 


9,220,981 


755,165 


9,976,146 


100.0 



qu'en Alberta (les plus hautes montagnes du Quebec depassent a peine 1200 
metres alors qu'en Alberta, elles atteignent souvent plus de 3,300 metres), 
sont tres riches en mineraux et en boises, et ont un potentiel recreatif 
interessant (ski, alpinisme, camping, etc.). 

Les etendues d'eau douce, au Quebec, sont importantes (183,573 Km , compa- 
rativement a 16,767 Knr pour 1' Alberta). Le fleuve St-Laurent, les rivieres 
Saguenay, St-Maurice, Outaouais, Chaudiere, Richelieu, Manicouagan, aux 
Outardes et La Grande constituent les principaux cours d'eau du Quebec. Le 
fleuve St-Laurent, a lui seul , est d'une longueur de quelque 1280 Km et 
son bassin de drainage s'etend sur une superficie de 1,023,873 Knr (au 
Canada et aux Etats-Unis). Le potentiel hydro-electrique retire des ri- 
vieres turbulentes du Quebec est immense. Au ler Janvier, la puissance 
installee de 1 'Hydro-Quebec etait de 82,742,583 megawatts/heure. Ce poten- 
tiel sera double vers 1985, lorsque tout le complexe hydro-electrique de la 
Baie James sera en operation. Par comparaison, la puissance hydro-electrique 
de 1' Alberta est de 1,519,704 megawatts/heure. 

La proximite de 1 'ocean tend a adoucir le climat et permet au golfe du St- 
Laurent d'etre relativement libre de glace, ce qui a pour effet de permettre 
aux ports du Quebec de fonctionner presque a 1'annee longue. Au Quebec, 
1'hiver est long et dur. Les precipitations de neige et de pluie sont abon- 
dantes dans la vallee du St-Laurent, resultat d'un climat maritime. 

Faits saillants : 
a.- Rivieres et lacs 

1. Les principales rivieres se deversant dans le St-Laurent a partir de 
la rive nord sont le Saguenay, le St-Maurice, 1 'Outaouais, aux 
Outardes et la Manicouagan; les principales rivieres en provenance 

de la rive sud du St-Laurent sont la Chaudiere, le Richelieu et le 
Saint-Frangois; les principales rivieres se jetant dans la Baie 
James sont l'Eastmain, La Grande et la Broadback. 

2. Le lac Mistassini a une superficie de 2,111 Knr tandis que le lac a 
1 ' Eau Claire s'etend sur 1,251 Km . 



Tableau II - Principaux lacs du 


Quebec 








Lac 


Superficie (Km , 


i Altitude 


(pi) Lac 


Superficie 
(Km?) 


Altitude 
(pi) 


Mistassini 


2,111 


1,220 


Pipmuacan 


800 


302 


A l'Eau Claire 


1,251 


780 


Minto 


700.9 


601 


Reservoir Gouin 


1,237 


1,326 


Guil laume 


700.6 





Bienvil le 


1,045 


1,283 


Sakami 


532 


600 


St-Jean 


1,000 


330 


Payne 


508 


440 



41 



b.- Le Quebec a 15,806.4 Km de cotes d'eau salee. 

c- Elevation 

Le point le plus eleve est le sommet du Mont d' Iberville dans les 

Toundras (nord du Quebec): 1,596 metres. 



Tableau III - Principaux sommets du Quebec 



Toundra 



Appalaches 
Jacques-Cartier: 1,248m. 



D'Iberville: 1 ,596 m. 

Jacques Rousseau: 1,244.4 m. Les Cones: 1,170 m. 

Qarqaaluk: 1,052.1 m. Gasford: 1,167m. 

Richardson: 1 ,165.5 m 
La Table: 1 ,155 m. 



Laurentides 

Raoul-Blanchard: 1,147.5 m. 
Otish: 1 ,110 m. 
Groulx: 1 ,086.9 m. 
Bleu: 1 ,035 m. 
Elie: 1 ,005 m. 



d.- Les chutes 

1. Rapide Blanc - sur le St-Maurice 4. Ste-Ursule - sur la Maskinonge 

2. Rapide des Quinze - sur 1'Outaouais 5. Joffre - sur la Chaudiere (34.2 m. 



3. Shawinigan - sur le St-Maurice 



6. Montmorency - sur la Montmorency 

81.9 m. 



B. Demographie 

Combien sont-ils? Quelle langue parlent-ils? Comment sont-ils repartis ? 

Le territoire du Quebec est inhabite dans une proportion de 80%, alors que 
la population de 1'Alberta occupe approximativement 30% du territoire de 
cette province. Environ 75% des 6,287,000 Quebecois sont concentres dans 
la vallee du St-Laurent. L 1 Abitibi-Temiscamingue, la Cote-Nord et la Gaspe- 
sie constituent des centres de population marginaux. L'exploitation des res- 
sources du nord a entratne la formation de petits noyaux de population dans 
ces regions eloignees telles Scheffervil le et Fermont. Ces populations ont 
du s' adapter a un milieu climatique repulsif. 

Pendant longtemps, sur une periode pouvant s'etendre de 1760 a 1960, les 
families quebecoises etaient tres grandes. II n'etait pas rare de voir des 
families de 12, 14 ou 16 enfants. Le fait d'avoir beaucoup d'enfants cor- 
respondait a la vocation agricole de la population quebecoise, laquelle 
etait prechee par les autorites clericales de l'epooue. Ce ohenomene. sou- 
vent aooele la "revanche des berceaux" . a Drobablement assure la predomi- 
nance, en nombre, des francophones sur les anglophones. Toutefois, a partir 
des annees '60, le taux de natal ite au Quebec a fortement diminue, devenant 



42 



1 ' un des plus bas au Canada. De 35% 
lite est passe a 16% en 1971. Cette 
vernement du Quebec a adopter la loi 
envoyer leurs enfants dans des ecoles 
dominance de la langue francaise. En 
francophones; en 1978, cette proporti 
phones constituent 12.7% de la popul 
d'ltaliens, d'Allemands, de Portugais 
Dans la region de Montreal 29% de la 
Quebec et au Lac St-Jean, les angloph 
lation. 



qu'il etait en 1921, le taux de nata- 
"crise de natal ite" a incite le qou- 
101 qui obliqe les immiqrants a 
francophones, afin d'assumer la pre- 
1971, 82% des Quebecois etaient 
on etait reduite a 79%. Les anglo- 
ation du Quebec, le reste etant compose 
, de Grecs, d'Indiens et d' Esquimaux, 
population est anglophone, mais a 
ones ne constituent que 3% de la popu- 



Les migrations internes sont importantes: il s'agit du mouvement de popula- 
tion provenant de regions surtout rurales telles la Gaspesie et le nord- 
ouest, et se dirigeant vers les zones urbaines, plus en sante, economiquement 
Ainsi , la concentration de la population dans la vallee du St-Laurent s'ac- 
centue. II y a aussi emigration de la population. En effet, du a la re- 
cession economique, plusieurs personnes, surtout des anglophones, doivent 
quitter la province. 

Faits saillants : 

1. Population du Quebec, juillet 1978: 6,287,000 (26.8% de la population du 
Canada) . 

2. Densite de population: 4 habitants/Km 2 . 

3. Population 

- 14 ans - 28.5% 
1976 15 - 54 ans = 56.7% 

55 et plus = 14.8% (35.4% en 1966) 

4. Taux d'urbanisation: 81% en 1978 (54% en 1963) 

5. Population selon la langue (1976) 

Anglais 



i- • TJ . n • im j in • • Indiens- 
Francais Italiens Allemands Ukrainiens E ■ 



Alberta: 1,482,725 44,440 13,745 79,925 64,960 

Quebec: 800,680 4,990,245 124,575 22,630 10,975 

Canada: 14,122,170 5,897,205 484,050 476,715 282,060 

6. Principales zones metropolitaines (1976) 

Montreal: 2,802,485 Trois-Rivieres: 95,399 

Quebec: 542,158 Sherbrooke: 80,711 

Chicoutimi- 128,643 Ottawa-Hull: 693,288 
Jonquiere: 



17,690 

18,375 

133,005 



43 



C. Economie 



a. Ressources naturelles 



Les trois ressources les plus importantes du Quebec sont l'energie 
hydro-electrique, les mineraux et les forets, tandis au'en Alberta, 
ce sont le petrole, le gaz naturel et les produits aqricoles. 

Comme mentionne precedemment, la presence de nombreuses rivieres 
parcourant un relief accidente confere au Quebec un potentiel 
d'energie hydro-electrique hors pair. Vers 1985, sa production 
hydro-electrique surpassa 150 millions de megawatts/heure. Une 
partie de cette energie est exportee vers le nord-est des Etats- 
Unis, entre autres vers New- York. Le Quebec est done le premier 
producteur d'energie hydro-electrique au Canada, l'Alberta venant 
au 8e rang. Toutefois, du a sa geographie particuliere (vaste 
territoire), le Quebec ne peut subvenir a ses besoins et doit im- 
porter de l'energie. Ainsi, le Quebecois est le plus grand consom- 
mateur de petrole, per capita, en Amerique du Nord. Le petrole 
qu'il importe vient du Venezuela. Le Quebec importe son gaz natu- 
rel de 1'Ouest Canadien par la Transcanada Pipeline, compagnie de 
transport pour Montreal, Hull et 1'Abitibi. Le charbon consomme 
au Quebec provient des Maritimes et des Etats-Unis. 

Le Quebec est encore loin de connattre toute l'etendue de ses res- 
sources. En 1920, la production minerale ne depassait pas les 
$28 millions. En 1955, elle atteignait $388 millions, en 1965, 
$721 millions, et en 1974, $1,152 milliards. Ce rythme de crois- 
sance assez spectaculaire s'explique par la decouverte de vastes 
gisements metalliferes des zones septentrionales. En 1973, les 
mines fournissaient du travail a pres de 30,000 personnes. 



Tableau IV - Principaux mineraux 

Mineraux Production 

Fer 12,672,875 tonnes 

Amiante 1 ,377,529 tonnes 

Quartz 638,409 tonnes 

Cuivre 148,874 tonnes 

Zinc 139,395 tonnes 

Tourbe mousseuse 129,440 tonnes 

La foret commerciale au Quebec couvre 772,079 Knr , soit la moitie 
du territoire. La superficie productrice et accessible est de 
535,871 Km^. La valeur brute de cette rnatiere premiere (bois et 
pate, ou bois destine au sciage) etait de $345 millions en 1974. 
La production laitiere demeure la principale activite des agricul- 
teurs, mais l'eventail des productions agricoles quebecoises com- 
prend egalement des produits de l'elevaqe (bovins, porcins, ovins, 
animaux a fourrure, poulets), les productions vegetales (cereales, 
pommes de terre, plantes fourrageres) , la culture legumiere (ca- 

44 



rottes, oignons, concombres, pois, tomates) et la culture fruitiere 
(pommes, f raises, framboises, bleuets). L'abondance et la qualite 
de ses erablieres font du Quebec le principal producteur mondial 
des produits de l'erable. Le capital agricole du Quebec, en 1974, 
depassait les $3 milliards. 

Une caracteristique de Sexploitation des richesses naturelles au 
Quebec est la prise en main de cette exploitation par des interets 
quebecois. Ainsi, en 1963, le gouvernement du Quebec national isait 
1 'electricite afin de pouvoir s'assurer d'un meilleur controle sur 
ses besoins energetiques. L'annee 1979 pourrait voir 1 'achat, tou- 
jours par le gouvernement, de mines d'amiante qui appartiennent 
actuellement a des interets americains. 

Industries manufacturieres 

La prise en main de l'economie par 1'Etat commence egalement a se 
faire sentir au niveau des activites de transformation des matieres 
premieres. Ainsi, la Siderurgie du Quebec (SIDBEC), compagnie 
d'Etat, se portait acquereur, en 1969, de la Dominion Steel and 
Coal (Dosco). En 1975, les acieries DISBEC-DOSCO avaient pres de 
4,000 employes et leur chiffre de vente se situait autour de $180 
millions. Les principaux groupes industrials, au Quebec, sont: 
aliments et boissons, textiles, industries chimiques, papier et pro- 
duits connexes, industries metal lurgiques (aluminium), etc. 

Activites terti aires 

L'industrie du tourisme joue un role important au Ouebec. On estime 
a 6 millions le nombre de touristes, americains surtout, qui vi si tent 
le Ouebec chaque annee. Les activites frangaises quebecoises re- 
presentent une structure originale. En plus des banques a charte 
canadiennes, le Quebec est dote d'un mouvement cooperatif, soit le 
mouvement Desjardins, fonde en 1900. La Caisse Populaire Des.jar- 
dins est devenue un levier economique puissant aux mains de 3.5 mil- 
lions de Quebecois qui en sont membres. L'actif total de ce mouve- 
ment cooperatif atteindra $9 milliards en 1980. Ce succes a suscite 
la creation de nombreuses autres cooperatives (agricoles, forestieres, 
peche, habitation, etc.). 

Finalement, la Societe Generale de Financement et la Societe de De- 
veloppement Industriel, societes de credit et de controle, ont pour 
fonction, depuis leur creation respective en 1962 et 1971, de sus- 
citer et de favoriser la formation et le developpement d'entre- 
prises industrielles et, accessoirement , d'entreprises commerciales , 
de fagon a elargir la base de sa structure economique, a en accele- 
rer le progres et a contribuer au plein emploi. 

Le commerce 

Le Quebec exporte vers presque tous les coins du globe, son princi- 
pal client etant les Etats-Unis, vers lesquels sont diriges environ 
60% des exportations. Les principales exportations sont le papier 

45 



a imprimerie, le fer, le cuivre, 1' aluminium, l'amiante et le bois 
d'oeuvre. La province importe une variete de produits manufactures. 

e. L'emploi 

Malqre un potentiel economique important, le Quebec, au ler Janvier 

1979, est accable d'un taux de chomaqe de 10.3%, le 4e plus eleve 

au pays. L' Alberta, au contraire, jouit du taux de chomaqe le plus 
bas au Canada, soit 4.4%. 

Faits saillants 

a. Principales industries. 

Manufactures, aqriculture, production electrique, mines, viande. 

b. Principaux produits manufactures 

Aliments et boissons, vetements, textiles, pates et papier, meuble. 

c. Production domestique brute (1976): $45.9 milliards. 

d. Aqriculture 

Avoine, mafs, pommes de terre, pommes, foin. 

e. Elevaqe (1976) 

1,706,913 boeufs, 1,613,139 pores, 45,688 moutons, 24,866,354 vo- 
lailles. 

f. Production forestiere (1976): $308.4 mil 1 ions . 

g. Production minieYe (1977): $1.7 milliards 
metaux ($769 mill ions) , amiante (431 millions) 

h. Peche commerciale (1976): $16 millions. 

i. Distribution de l'emploi: 2.7% en aqriculture, 22.6% dans 1 ' Indus- 
trie manufacturiere, 28% dans les services, 17% dans le commerce, 
6.4% dans l'industrie de la construction, 7.1% dans 1 'administration 
publique, 15% dans Sexploitation miniere et forestiere. 

j. Services 

Systeme bancaire: 1,609 banques et 1,566 caisses populaires. 

Education: 83 institutions d'education superieure, dont 7 universites, 

Transport: avion (Dorval, Mirabel, Ancienne-Lorette) , train, auto- 
routes, traversiers, installations portuaires (Montreal 
Quebec. SeDt-Iles. Sorel , Trois-Rivieres , Baie-Comeau) . 

46 



D . Drapeau, gouvernement 

Le draDeau du Quebec est le fleurdelise. adoDte le 21 ianvier 1948. 
II s'aait d'un draDeau azur avec croix blanche, cantonnee de 4 fleurs 
de lis blanches. Le bleu est un souvenir de la chape de Saint-Martin 
et rappelle les pavilions de la flotte marchande frangaise sous l'An- 
cien Regime. Le blanc fut un jour couleur nationale de la France. La 
croix rappelle celle des etendards regimental' res qui flotterent en 
Nouvelle-France. Quant a la fleur de lis, elle est le symbole de purete, 
de franchise, de paix, de grandeur et de souverainete. Marque de fide- 
lite aux origines frangaises, la devise du Quebec est "Je me souviens". 

Le Quebec est gouverne par une Assemblee Nationale constitute de 110 
deputes elus, representant chacun une circonscription electorale. II 
y a appel au peuple au moins une fois tous les 5 ans. Comme en Alberta, 
le 1 ieutenant-qouverneur est le representant de la reine dans la province. 
Le premier ministre actuel est M.Rene Levesque et le 1 ieutenant-qouverneur 
est M. Jean Cote. 

Assemblee Nationale: Parti Ouebecois: 71 deputes 

Parti Liberal: 26 deputes 

Union Nationale: 11 deputes 
Parti National 

Populaire: 1 depute 

Les Democrates: 1 depute 

E. Histoire 

1534 - Arrivee de Jacques Cartier a Gaspe" a 1 'extreme point est du ter- 
ritoire. II prend possession de ces terres au nom du roi de 
France. 

1608 - Samuel de Champlain fonde Quebec. 

1629 - Les freres Kirke s'emparent de Quebec, qui sera restitue a la 
France en 1632, par le traite de St-Germain-en-Laye. 

1634 - Laviolette fonde Trois-Rivieres. 

1642 - Maisonneuve fonde Vi lie-Marie (Montreal). 

1690 - Frontenac repousse la flotte anglaise de l'Amiral Phipps. 

1759 - Prise de Quebec par Wolfe. L'annee suivante, Levis echoue dans 
sa tentative de reprendre la ville. 

1763 - Traite de Paris: la Nouvelle-France est cedee a la Grande- 
Bretagne. 

1774 - Acte de Quebec: on accorde aux colons francophones la liberte de 
culte et le droit au code civil frangais. 

1775-76 - Le Quebec fait 1'envie des visees expansionnistes des Ameri- 
cains. Prise de Montreal et siege de Quebec, suivis de la 
reddition des Americains. 

47 



1791 - On divise le Canada en 2 provinces: le Bas-Canada (Quebec) et le 
Haut-Canada. La riviere Outaouais sert de frontiere entre les 
deux provinces. 

1837-38 - L'autoritarisme du gouvernement provoque une rebellion diri- 
gee par Louis-Joseph Papineau. L'armee britannique mate les 
rebelles. 

1839-41 - Lord Durham, apres une etude de la situation, rapporte que 

les Canadiens frangais sont sans histoire et qu'ils doivent etre 
assimiles. Acte de 1' Union: Union des deux Canadas. 

1867 - Acte de l'Amerique du Nord Britannique: union, en federation, de 
la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, du Quebec et de 1 'Onta- 
rio. 

1927 - Le gouvernement britannique cede le Labrador a Terre-Neuve. 

Jusqu'a ce jour, aucun gouvernement du Quebec n'a accepte cette 
decision et la controverse continue. 

1936 - Avec 1'arrivee au pouvoir de Maurice Duplessis, la doctrine de 
l'autonomie provinciale fait son apparition. 

1960 - Debut de la "Revolution Tranquille" avec l'accession au pouvoir 
de 1'equipe de Jean Lesage. La pensee des Quebecois se modifie: 
ils sont davantage fiers de leur culture, ils sont tiers d'etre 
Quebecois et s' identifient comme tels. Parall element, on assiste 
a une refonte du systeme de 1' education. 

1963-70 - Periode de violence au Quebec. Le Front de Liberation du 

Quebec (FLQ) fait exploser des bombes dans les quartiers anglo- 
phones de Montreal. Cette periode se termine par 1 'enlevement 
de James Richard Cross (diplomate britannique) et de Pierre La- 
porte (ministre quebecois). Le premier est libere et le second 
est assassine. 

1976 - Election du Parti Quebecois. Le P.Q. promet d'assainir l'econo- 
mie du Quebec et s 'engage a tenir un referendum portant sur la 
Souverainete-Association, soit la souverainete culturelle et ad- 
ministrative du Quebec, accompagnee d'une association economique 
avec le reste du Canada. 



F. Les regions du Quebec 

a. Montreal. 

En 1978, 44.6% de la population du Ouebec demeurait dans la region 
metropolitaine de Montreal et il est difficile de decrire en quel- 
ques mots un tel noyau urbain. La plus grande concentration de 
population est localisee sur 1'Ile de Montreal. La ville de Mont- 
real a elle seule compte 1,214,352 habitants. D'autre part, la 
communaute urbaine de Montreal, regroupant les 30 municipal ites de 

48 



"Tile de Montreal, compte 1,984,842 personnes. Finalement, le Mon- 
treal metropol itain compte 2,802,485 personnes, englobant les villes 
de Laval (228,010), Longueuil (97,590), Verdun (74,718) Montreal- 
Nord (89,139), Pointe-aux-Trembles (35,567), Anjou (33,886), St- 
Jean (32,833), Sorel (19,347), St-Hyacinthe (24,562), Joliette 
(20,127), Valleyfield (30,173), St-Jerome (26,524). 

Cette region, comme eel a se passe trop souvent en Amerique du Nord, 
occupe des terres agricoles de tres haute qualite. Plusieurs de 
ces terres sont inutilisees et font place a la speculation. Le 
gouvernement du Quebec a recemment adopte une loi pour reduire ce 
gaspillage de bonnes terres. La region montrealaise constitue la 
deuxieme plus importante zone industrielle au Canada, apres Toronto. 
L'accent est davantage place sur 1'industrie du textile, le raffi- 
nage du petrole, les activites commerciales et le tourisme. Le 
port de Montreal est le plus important au Canada. 

La deuxieme plus grande ville frangaise du monde est local isee au 
centre d'une serie d'tles dans le fleuve St-Laurent soit: 1'Ile de 
Montreal, 1'Ile Jesus, Tile Bizard, et Tile Perrot. Fondee en 
1642, sous Tappellation de Ville-Marie, Montreal presente aux tou- 
ristes Taspect d'une ville a la fois europeenne et nord-americaine. 
Le Vieux-Montreal constitue un ensemble architectural datant du 17e 
siecle et du 18e si&cle. Les eqlises, les vieilles maisons, les 
Marches, les rues briquetees, les cafes, lui conferent un cachet 
special et rappellent de nombreux evenements historiques. Le Mont- 
real moderne, par contre, avec ses ponts, ses voies rapides, ses 
autoroutes, ses banlieues et son metro, donne T image d'une ville 
typiquement nord-americaine. 

Pares: - Terre des Hommes (lies Notre-Dame et Ste-Helene) 
ou s'est tenu Expo 67. 

- Lafontaine 

- Mont-Royal (au sommet de la montagne de 230.7 metres) 

- Maisonneuve (ou se trouvent le Jardin Botanique et 
le Stade Olympique) 

Quebec 

Cette region est situee dans la vallee du St-Laurent, entre Trois- 
Rivieres et Montmagny. A Texception de T agglomeration urbaine de 
Quebec, il s'agit d'une region agricole dont la production laitiere 
est le principal apport economique. Au Cap-Diamant, le St-Laurent 
se retrecit a 990 metres de largeur et cet endroit marque le point 
de separation entre le plateau des Laurentides et le plateau des 
Appalaches. 

La ville de Quebec 

Quebec, la capitale de la province, est aussi la plus ancienne et 

49 



la seule ville fortifiee du Canada. En 1535, Jacques Cartier fut 
le premier Europeen a visiter le village indien de Stadacona. Le 
nom de Quebec est d'origine indienne, "Kebec" signifiant "etroit", 
qualificatif se rapportant a la largeur du fleuve a cet endroit. 
En 1608, Champlain y construisit son habitation. La Haute-Ville 
de Quebec est situee sur un promontoire de 105 metres d' altitude 
appele le Cap Diamant. La Basse-Ville se trouve au pied du Cap. 
Des rues, des escaliers, et un funiculaire relient les deux sec- 
tions de la ville. Souvent qualifiee de "joyau" du Quebec, la 
ville de Quebec attire un tres grand nombre de touristes et tire 
un important revenu de l'industrie touristique. La vieille ville, 
de style europeen, avec ses maisons et ses rues datant du 17e 
siecle et du 18e siecle, constitue un ensemble architectural uni- 
que. La Terrasse Dufferin, la Promenade des Gouverneurs, les 
Plaines d'Abraham, les cafes, les monuments, etc. sont autant de 
points d'attraction. Non loin de la ville, on retrouve 1'Ile 
d'Orleans (berceau de la civilisation frangaise en Amerique), 
les chutes Montmorency (79.2 metres), Ste-Anne de Beaupre (centre 
de pelerinage), et le Mont Ste-Anne (centre de ski de calibre in- 
ternational ) . 

La ville de Quebec compte 188,000 habitants. La Communaute Ur- 
baine de Quebec, qui regroupe 22 municipal ites , dessert 429,120 
citoyens, et la region metropolitaine de Quebec compte 542,158 
personnes. En plus de la ville de Quebec, il y a Ste-Foy (71,000 h.) 
Charlesbourg (35,000 h.), Levis (21,000 h.), Beauport (15,000 h.) 
et Lauzon (12,000 h). Les francophones dominent cette region dans 
une proportion de 97%. 

Les principales industries sont les textiles, le vetement, la cons- 
truction navale (Lauzon), le raffinage du petrole (St-Romuald) et 
les pates et papier. Quebec est un centre portuaire et commercial 
important, son port etant le troisieme plus important au Canada 
(apres Montreal et Vancouver). En tant que capitale de la province, 
cette ville joue un role administratif de premiere importance. 
Levis est le siege social du Mouvement Cooperatif Desjardins. 

Regions environnantes: - Beauce: industries du bois et de 

1 'erabl iere. 

- Bois-Francs: industries du bois, era- 
bl ieres, mines d' ami ante. 

La Mauri cie 

Cette region, situee en plein coeur du Quebec se trouve a" mi- 
chemin entre Montreal et Quebec, et comprend le territoire avoisi- 
nant du lac St-Pierre et de la riviere St-Maurice. II s'agit, en 
general, d'une region a vocation agricole et touristique. La 
production laitiere, la coupe du bois et les industries de pates 
et papier emploient une bonne partie de la population. Le pare 
national de la Mauricie, situe dans les Laurentides, est 1 ' un 
des plus beaux du Quebec. On y trouve de nombreux lacs qui en 



50 



font un paradis pour les amateurs de chasse et de peche. 

La ville de Trois-Rivieres, nommee ainsi parce qu'elle fut reconnue 
pour ses forges qui profitaient de la presence de houille dans les 
environs. Une fois cette houille epuisee, les forges ont cesse 
leurs operations (vers 1795). Les ruines des Forges du St-Maurice 
attirent des milliers de touristes chaque annee. Les activites 
portuaires de Trois-Rivieres ne sont pas negl igeables. L'industrie 
textile et la fabrication du savon sont aussi des industries impor- 
tantes. 

Villes: Trois-Rivieres (63,926) 

Cap-de-la-Madeleine (31,463): lieu de pelerinage 

Shawiniqan (27,792): industrie du bois, centrale 

hydro-electrique. 

Drummondville (31,813): industries textiles 

Grand-Mere (17,137): pates et papier 

Saguenay/Lac St-Jean 

Cette region est en meilleure sante, economiquement, que le reste 
de la province. En premier lieu, des centrales hydro-electriques 
y ont ete construites (Shipshaw) et le developpement industriel y 
a ainsi ete favorise (Arvida). L'Alcan possede 1'une des plus 
grandes usines d'aluminium au monde. Les pates et papier (Dolbeau 
et Alma) et les activites portuaires de Port-Alfred fournissent du 
travail a une partie de la population. L'agriculture (cereales et 
pommes de terre) et l'elevage laitier y sont florissants. De plus, 
la region est reconnue pour sa fabrication de fromage et sa cueil- 
lette de bleuets. Le tourisme est egalement important dans cette 
region. Des paquebots peuvent naviguer dans les eaux de la riviere 
Saguenay jusqu'a la hauteur de Port-Alfred. Le village fantome de 
Val-Jalbert (avec sa cascade de 72 metres de hauteur), le pare des 
Laurentides avec ses paysages varies, et les activites artisanales 
de la population, sont les principaux attraits touristiques de la 
region. 

Villes: Sherbrooke (80,711): centre industriel regional 

(textiles, pates et papier) 

Asbestos (9,749): mines d'amiante 

Windsor (6,023): pates et papier 

Outaouais 

Cette region est surtout reconnue pour 1 'exploitation forestiere 
et l'industrie des pates et papier qui emploient 66% de la popula- 
tion active. Cette exploitation a entraine la mise sur pied 

51 



d' industries connexes, telles les usines d'allumettes Eddy. Hull, 
principale ville quebecoise de la region, est placee sous la sphere 
d'influence d'Ottawa et des milliers de Hullois travaillent pour les 
divers ministeres federaux dont certains bureaux sont installes a 
Hull. Le pare de Gatineau est un milieu recreatif tres recherche. 

Villes: Hull (63,580) 

Gatineau (22,321) 

g. Bas St-Laurent/Gaspesie 

Cette region se trouve au sud-est du Quebec, confinee entre le 
Nouveau-Brunswick et l'estuaire du St-Laurent, dans ce qu'il est 
convenu d'appeler la Peninsule gaspesienne. II s'agit d'une region 
rurale oD les principaux centres urbains (Rimouski, Matane, Gaspe) 
constituent des centres regionaux de service. L 'agriculture est 
defavorisee par des sols assez incultes et 1'industrie du bois a du 
subir des fermetures au cours des dernieres annees. D'autre part, 
1 'exploitation des mines (Murdochvil le) et la peche (homard, cre- 
vette, morue) constituent des activites economiques florissantes. 
Toutefois, le tourisme constitue le principal apport economique de 
la region. La variete des paysages grandioses, la presence des 
pares provinciaux et nationaux, 1'hospitalite de la population, etc. 
en font 1 ' un des endroits les plus recherches par les touristes. Le 
Rocher Perce, l'lle Bonaventure, les nombreux phares, 1'artisanat 
et les villages pittoresques conferent au Bas St-Laurent/Gaspesie sa 
vocation touristique. 

Villes: Rimouski: 26,887 

Gaspe: 17,211 

Riviere-du-Loup: 12,760 

Matane: 11,841 

h. Cote-Nord 

Le developpement de cette region est tres recent. Autrefois la 
Compagnie de la Baie d' Hudson possedait les droits exclusifs de 
chasse et de peche dans cette region. Mais au cours des 20 der- 
nieres annees, le gouvernement du Quebec a entrepris le developpe- 
ment des ressources forestieres, minieres et hydro-el ectriques de 
la region. 

Le complexe hydro-electrique Manic-Outardes (Rivieres Manicouagan, 
Outardes et Moisie) a ouvert des horizons nouveaux a la Cote-Nord. 
Le barrage Daniel Johnson (Manic 5) est un projet gigantesque qui 
a entraTne la creation du reservoir Manicouagan. 

Les principaux minerais exploites sont le fer et le titane. La 
principale ville Sept-Iles, est un centre portuaire d'ou 1'on ex- 
porte le fer du Nouveau-Quebec. De nombreux villages de peche 

52 



sont localises tout le long de la cote, mais cette activite n'a 
pas ete florissante ces dernieres annees et le taux de chomage y 
est tres eleve. Les sols sont incultes. En hiver le climat est 
tres froid, mais les courants oceaniques adoucissent la tempera- 
ture. L'activite touristique prend du poids dans l'economie: les 
rivieres encouragent la peche recreative. 

Villes: Sept-Iles (25,320 h): centre portuaire 

Baie-Comeau/Hauterive (25,290): pates et papier, 

aluminerie 

i. Abitibi-Temiscamingue 

Cette region occupe un vaste territoire dans le nord-ouest de la 
province, pres de la Baie James. Le sol y est impropre a 1 'agri- 
culture car le passage des glaciers a balaye les meilleurs ele- 
ments pour mettre a nu la roche du Bouclier Canadien. La ressource 
principale est done le mineral'. La colonisation de cette region 
ne s'est faite qu'au tournant du siecle et, en 1921, ce fut l'ou- 
verture des mines a Rouyn-Noranda. Les principaux mineral's sont 
l'or, le cuivre, le zinc et le plomb. II ne s'agit pas d'une 
region tres prospere car Sexploitation des mines est couteuse. 
L'hiver est froid et long, comparable a ce que 1'on connaTt a 
Edmonton. 

Villes: Rouyn-Noranda: 28,562 

Val D'Or: 17,421 

j. Le Nouveau-Quebec 

Le Nouveau-Quebec occupe les 3/5 du territoire quebecois, soit une 
superficie de pres de 1,100,000 kmS C'est une region situee sur 
le Bouclier Canadien et qui compte des milliers de lacs. La foret 
boreale y est omnipresente, ne laissant place a 1 'extreme-nord 
qu'a la toundra arctique. Avant 1912, cette reqion s'appelait 
"district d'Ungava" et faisait partie des Territoires du Nord-Ouest. 

Le potentiel de peche et de chasse offert par les lacs et les ri- 
vieres du Nouveau-Quebec est enorme et presque inexploitee. Les 
nombreuses rivieres turbulentes offrent un potentiel energetique 
qui commence a etre mis en valeur par le projet de la Baie de James. 
Des mines de fer sont exploiters a Scheffervil le (3,280 h.) et 
Gagnon (3,787 h.) Les Inuits se trouvent au nombre d'environ 15,000 
au Nouveau-Quebec mais ont abandonne, en grande partie, leurs acti- 
vites traditionnelles de chasse et de peche. Les deux principaux 
villages indiens sont Fort Chimo et Povungnituc. 



La vie quebecoise 

Le Quebecois, dit-on, est bien connu pour son amour des traditions et 
des sports en plein air, pour 1' importance qu'il accorde a la famille, 

53 



a la bonne cuisine et pour son patriotisme. On peut remarquer trois 
influences majeures dans la formation du caractere du Ouebecois: la 
famille, 1'ecole, et la langue. Toutefois, le role que jouent ces 
influences est en mutation, a la suite des changements qui ont marque 
la societe quebecoise depuis 1960. 

Autrefois, il y avait un stereotype du Quebecois. On le depeignait 
comme un paysan rural, avec une grande famille, tous travaillant a la 
ferme et allant a la messe ensemble le dimanche. Le Quebecois voya- 
geait peu et avait les yeux rives sur les traditions, les ancetres et 
le passe. Le Quebecois de son cote, se fait une image stereotypee de 
1'Albertain. II le voit comme un cowboy proprietaire d'un immense 
ranch ou encore, comme 1 ' administrateur d'une compagnie de petrole. 

Tel que mentionne plus haut, 81% des Quebecois vivent maintenant dans 
les villes. Les families, surtout pour des raisons economiaues, sont 
moins grandes, et la pratique religieuse a diminue. Toutefois, peut- 
etre plus qu'autrefois , le Quebecois garde un profond respect envers 
son patrimoine. 

Selon les statistiques de 1973, le Quebecois d 'aujourd'hui , en compa- 
raison avec les autres Canadiens, possede 3% plus de televiseurs 
couleur et plus d'equipement optionnel pour l'auto. Malgre ce moder- 
nisme, le Quebecois desire la survivance de sa culture et le demontre 
a travers ses manifestations artistiques. 



a. Role de la famille 

On estime que 5/6 des Quebecois ont des ancetres parmi les premiers 
habitants du pays. Ainsi, les Quebecois actuels presentent la di- 
xieme ou la onzieme generation de Frangais en terre d'Amerique. Les 
mariages entre anglophones (protestants) et les francophones (ca- 
tholiques) demeurent rares. Ceci tend a demontrer que le Ouebecois 
est tres attache a son heritage frangais. 

b. Role de 1 'Eglise 

Dans le passe, le Quebec etait connu comme un territoire ou la re- 
ligion catholique tenait une place preponderante: croix de chemin, 
eglises, cathedrales, benedictions publiques, etc. Depuis 1960, 
la pratique de la religion a baisse et quoique les eglises soient 
toujours en place, el les sont assez souvent inoccupees. Ainsi, la 
fete de St-Joseph (19 mars) et la fete de Ste-Anne (26 jui 11 et) ne 
sont plus autant celebrees. Bien que l'influence de 1'Eglise ait 
beaucoup diminue, il serait inexact de dire qu'elle ne compte plus 
dans la vie des Quebecois. L'enseignement religieux et moral se 
donne toujours dans les ecoles du Quebec. 

c. Role de 1 'ecole 

L'ecole est obligatoire a partir de la maternelle jusqu'a l'age de 



54 



16 ans. Par principe, le gouvernement du Quebec refuse les allo- 
cations federales normales pour les ecoles, parce que cela signifie, 
selon lui, qu'Ottawa s'immisce dans un domaine de j-jridiction pro- 
vinciale. 

Des le cours secondaire, on note l'existence de trois niveaux de 
cours, reguliers, enrichis et alleges, selon les capacites des etu- 
diants. La promotion est par matiere, non par age ou par annees 
scolaires completers. 

L'enseignement se donne en frangais dans les ecoles maternel les , 
primaires et secondaires. L'enseignement en anglais est, en principe, 
donne seulement aux eleves des milieux anglophones. Les immigrants 
sont obliges d'aller a l'ecole frangaise et le gouvernement leur 
offre des classes d'accueil pendant quelques mois afin qu'ils puis- 
sent acquerir les rudiments de la langue. Au Quebec, selon le Bill 
101, tous les eleves a la fin de leurs etudes secondaires, doivent 
connaTtre le frangais parle et ecrit afin de se voir decerner le 
certificat d' etudes. 

Apres l'ecole secondaire, vers l'age de 16 ans, l'eleve a le choix 
de faire 1 ' apprentissage d'un metier, d'entrer sur le marche du 
travail ou d'aller a l'un des colleges. En 1978, il y avait au 
Quebec 51 CEGEP (college d'enseignement general et professionnel ) 
offrant 130 options professionnelles. L'etudiant a le choix d'un 
programme de deux ans, suivi d'un cours universitaire ou d'un pro- 
gramme de trois ans, suivi de 1 'entree sur le marche du travail. 
II y a trois universites de langue anglaise et quatre de langue 
frangaise: 

Frangaises 

1. Laval (a Ste-Foy), fondee en 1852, 18,675 etudiants. 

2. Sherbrooke (a Sherbrooke), fondee en 1954, 8,340 etudiants. 

3. Montreal (a Montreal), fondee en 1920, 24,863 etudiants. 

4. Quebec, (a Montreal, Chicoutimi, Trois-Rivieres et Rimouski), 
fondee en 1968, 13,086 etudiants. 

Anglaises 

5. Concordia (a Montreal), fondee en 1974, 10,094 etudiants. 

6. McGill (a Montreal), fondee en 1821, 15,723 etudiants. 

7. Bishop (a Lennoxvil le) , fondee en 1843, 928 etudiants. 

d. Role de la langue. 

Au Quebec, 79.4% de la population possede le frangais comme langue 
maternelle. A l'echelle du continent nord-americain , les Canadiens 
frangais ne representent que 2% de la population. L'influence de 
la television et des journaux anglophones representent, semble-t-il, 

55 



un danger d' assimilation pour les francophones. 

Pour sauvegarder la langue frangaise, le gouvernement du Quebec 
a etabli le frangais comme seule langue officielle du Quebec (1977), 
II a mis sur pied des comites 1 inguistiques pour veiller a la qua- 
lite de la langue. De plus, le gouvernement a donne son appui a la 
presse frangaise: en 1978, on comptait 14 quotidiens, 180 hebdoma- 
daires et 200 periodiques et revues de langue frangaise. 

Dates importantes: 

- 1763: le traite de Paris accorde aux Canadiens frangais le droit 

a leur langue. 

- 1867: l'Acte de l'Amerique du Nord Britannique assure a nouveau 

au Quebec le droit a sa langue et a sa culture. 

- 1977: le gouvernement du Quebec adopte la Charte de la langue 

frangaise (loi 101), dont voici quelques faits saillants: 

a - Les employeurs doivent communiquer en frangais avec 
leur personnel ; 

b - Les employeurs doivent publier les offres d'emploi en 
frangais; 

c - Tout produit vendu doit etre etiquete en frangais; 

d - Les regus, factures, cataloques, menus et modes d'em- 
ploi doivent etre en frangais; 

e - L'affichage public exterieur doit etre uniquement en 
frangais. 

f - Aucun certificat de fin d'etudes secondaires ne sera 
decerne sans la mattrise du frangais parle et ecrit. 

Les journaux quebecois du matin sont: Le Devoir, le Journal de 

Quebec, le Journal de Mont- 
real, The Gazette, le Mont- 
real -Matin 

Les journaux quebecois du soir sont: La Presse, le Montreal Star, 

le Soleil. la Tribune et le 
Novel liste. 

La radio frangaise rejoint 99.8% de la population et la television 
dessert 99.4% du territoire quebecois. 

Activites politiques 

Quelles sont les possibilites pour l'avenir? 



56 



1 . Statu quo 

I. Independance complete pour le Ouebec 

3. Statut special pour le Ouebec qui resterait dans le Canada, 
mais obtiendrait plus de pouvoir surtout dans les domaines 
de la justice et des finances. 

4. Souverainete-Association: souverainete politique et associa- 
tion economique avec le Canada. 

- Point de vue souverainiste: 

a - Souverainete politique: controle des depenses publiques et 
des taxes, constitution nationale pour le Ouebec. 

b - Association economique: union douaniere et monetaire avec le 
Canada 

- projets economiques communs avec le Canada. 

- Point de vue federal iste: statu quo ou, possiblement , statut spe- 

cial . 

Plusieurs attitudes des Ouebecois demontrent que le desir de na- 
tional isme de ces derniers est plus que theorique. Les chanson- 
niers et les artistes du Quebec sont prolifiques et laissent sou- 
vent voir leurs sentiments nationalistes. Ce sont les Gilles 
Vigneault, Pauline Julien, Felix Leclerc, Claude Leveillee, Robert 
Charlebois, Paul Piche etc. 

H. Loisirs et traditions 

Quelles sont les principales fetes des Quebecois et comment les cele- 
brent-ils? Comment est la cuisine quebecoise? 1 'artisanat? 

Le Quebec est bien connu pour son artisanat. La catalogne, le tapis 
crochete, la poterie, la ceramique, les emaux sur cuivre et les sculp- 
tures sur bois sont uniques au monde. 

La cuisine quebecoise tradi tionnel le est un peu lourde mais riche en 
calories et robuste. Cela vient probablement du fait que les premiers 
habitants devaient travailler a l'exterieur et fournir un grand effort 
physique. Les plats nouveaux sont plus legers mais, pour les jours de 
fete, on revient aux mets traditionnels. Le pore est tres important, 
surtout le pore sale, et la proportion de viande ou de volaille dans la 
cuisine est elevee. En plus du boeuf et du pore, on mange de l'orignal, 
du lievre, et du canard. Les principaux fruits sont les fraises, les 
framboises, les bleuets, les tomates et les pommes. 

Comme il y avait tres peu de Sucre au temps des premiers habitants, 

57 



d'autres aliments sont devenus importants afin de remplacer le Sucre, 
soit la melasse et le sirop d'erable. 

Ouelques mets tradi tionnels: 

- les six-pates (cipates), pate de lievre, de perdrix et de caille 

- les ragouts de poule, d'agneau, de chevreuil, de boeuf et de pattes 
de pore 

- les fricassees et les gibelottes 

- la soupe aux pois, la soupe a la gourgane (grosse feve) 

- les feves au lard 

- la tourtiere (une tarte a la viande) 

- des souffles 

- des omelettes 

- des crepes 

- la buche de Noe"l , la galette des rois, le qateau aux bleuets 

- le pate au saumon, le pate au poulet 

- des mets avec du sirop d'erable, comme le pain dore au sirop d'erable, 
le jambon de la cabane a sucre, oeufs dans le sirop, souffle au sirop, 
gateau au sirop, tarte au sucre d'erable et la torquette (sirop d'era- 
ble chaud refroidi sur la neige). 

Les jours feries officiels de la province sont: 

Le premier de l'An (le premier Janvier) 

Le Vendredi saint 

Le Lundi de Paques 

La fete de la Reine 

La Saint-Jean-Baptiste (24 juin) 

La Confederation (jour du Canada) 

La fete du Travail 

Noe"l 

Le Jour de 1 'Action de Graces 

Examinons brievement l'aspect traditionnel de ces celebrations: 

a) NoSl et le Jour de 1 'An 

1. La periode entre No£l et le Jour de l'An s'appelle le "Temps des 
fetes". 

2. Avant No£l , il y a la guignolee: on chante dans les rues tout 

58 



en faisant la collecte de 1' argent pour les pauvres. 

3. Le 24 decembre, a dix heures du soir, on met des decorations 

a 1'arbre de Noe'l, y inclus des colombes blanches et une creche 
sous 1 'arbre. 

4. A minuit, la famille va a la "messe de minuit". II y a des 
cantiques de No§l , les carillons sonnent. Une creche est ins- 
talled a l'avant de Veglise. On se souhaite un "Joyeux Noe'l" 
et on rentre chez soi vers 2 heures du matin le 25 decembre. 

5. Au retour de la messe de minuit il y a le reveillon qui est un 
grand repas constitue de dinde, de tourtieres, de ragout, de 
pain, de beignets et de la buche de No&l . Apres le repas, on 

va a 1'arbre de No§l , on ouvre ses cadeaux, et on se couche vers 
5 ou 6 heures du matin. 

6. Du 26 au 30 decembre plusieurs activites se passent au dehors, 
soit le ski, le hockey, la peche sous la glace, le toboggan 
(tratne sauvage). On fait des visites chez les parents. La 
mere prepare gateaux et bonbons. 

7. Le 31 decembre - La Saint Sylvestre. On mange de la dinde et 
des gateaux. Les jeunes vont dans une discotheque ou au bal . 

8. Le ler Janvier - les enfants recitent de courts poemes appris 
par coeur a Vecole. lis commencent toujours par "Cher papa, 
chere maman, c'est aujourd'hui le Jour de l'An, etc..." (ils 
contiennent souvent les bonnes resolutions pour la nouvelle 
annee). On fait la visite aux grands-parents et on se souhaite 
une "Bonne Annee" et Von s'embrasse. 

Le grand-pere donne sa benediction paternelle a la famille, 
demandant a Dieu de proteger les siens durant la nouvelle annee. 

On s'amuse, on chante et on danse. On mange de la tourtiere, 
de la dinde, du pain. 

9. Le 6 Janvier - le douzieme jour apres No§l , c'est la Fete des 
Rois. On commemore la visite que firent les Rois Mages a Jesus 
dans la creche de Bethleem. A cette occasion, on coupe un 
aateau dans lequel il y a une feve. Celui qui trouve la feve 
dans le morceau de gateau qu'on lui sert devient le roi . II se 
choisit une reine et, ensemble, ils decident a quel jeu jouer. 

b) La Cabane a Sucre 

Au Quebec il y a beaucoup d'erables dont la seve, autrefois, servait 
a guerir les rhumes, a soigner les brulures, a preparer du vinaigre 
ou du cidre. La seve coule en mars et en avril. De nos jours, selon 
une tradition etablie par le Dr. Isaac Weld, il y a une grande cele- 
bration a Voccasion de la recolte de cette seve, que Von met main- 
tenant dans des pots, pour preparer du sucre, du sirop ou du beurre. 

59 



Toute la famine va a la cabane, la petite maison ou 1 'on prepare 
la seve. On fait une entaille dans l'arbre, et on y accroche un 
seau pour recueillir la seve qui tombe. On porte les seaux a la 
cabane, mais depuis la modernisation on delaisse les seaux pour les 
remplacer par des boyaux de plastique. A la cabane, on fait bouil- 
lir la seve que l'on transforme en sirop, en tire ou en sucre. 

Apres les promenades en foret, il y a une grande soiree et on mange 
des crepes, des gauffres, de la soupe aux pois, des feves au lard 
ou des tourtieres, tout en chantant, buvant de la biere, etc. et, 
bien sur, on mange du sirop d'erable, de la tire d'erable, des oeufs 
cuits dans le sirop d'erable, ou bien de la tarte au sucre d'erable. 

c) Le Carnaval 

Les quarante jours avant Paques s'appellent le Careme. Pendant une 
dizaine de jours avant le Careme, il y a une celebration a Quebec 
qui s'appelle le Carnaval. La tradition du Mardi Gras de France est 
ancienne mais la fete moderne celebree dans la ville de Quebec re- 
monte a 1955. 

C'est une fete qui a lieu en fevrier pour faire oublier le froid de 
l'hiver. Le symbole en est un grand bonhomme d 'environ 8 pieds de 
hauteur, affichant un large sourire et portant une ceinture flechee 
et une tuque rouge. On l'appelle le Bonhomme Carnaval. On choisit 
sept duchesses et l'une d'elles est couronnee reine lors du grand 
bal de la Regence, bal auquel peuvent assister ceux qui s'habillent 
dans le style Louis XIV. Le bal a lieu au Chateau Frontenanc. 

Pendant plus d'une dizaine de jours il y a plusieurs activites dans 
la ville dont un grand defile avec orchestres, animaux, chars alle- 
goriques. II y a des feux d'artifice dans les rues et a la Place 
d'Youville on erige le palais de glace. On peut aussi voir des 
sculptures de glace (de petits chefs d'oeuvre). On organise une 
course de chiens, une course en canots a travers les glaces sur le 
fleuve St-Laurent, une descente de ski alpin avec flambeaux. II y 
a egalement un tournoi de hockey Pee-Wee, des danses dans les rues, 
des descentes en toboggan sur la grande glissade du Chateau Fronte- 
nac, et des feux d'artifice. 

d) La Saint-Jean-Baptiste 

Cette fete du 24 juin est la fete nationale du Quebec, en 1 ' honneur 
du saint patron du Canada frangais. II y a des concerts donnes par 
des chansonniers dans les pares, des danses folkloriques dans les 
rues et un grand defile (le defile n'existe plus). On mange des 
feves au lard, de la tarte au sucre et on va dans les boTtes a chan- 
son la nuit. Les magasins sont fermes et c'est une journee de 
vacance pour tout le monde. II s'agit de la fete du Patrimoine. 



60 



e) Autres celebrations du Quebec 

- Festival Western de St-Tite (.^eotembre) . 

- Poissons des chenaux a Ste-Anne de la Perade (fevrier) 

- Festival d'Ete de Quebec (juillet). 

- Festival du bleuet a Chicoutimi (aout). 

- Traversee du Lac St-Jean a la nage (aout). 

- Festival des Madelinots (aout). 

- Festival de Chicoutimi (fevrier) 
et quelques autres. 



61 



BIBLIOGRAPHIE 

PHOTOS : 

Barbeau, Marius, I have Seen Quebec , The MacMillan Company of Canada 
Limited, Toronto, 1957. 

Czolowski, Ted, Quebec Calling , Publishing Ltd. (1973), 1974. 

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Tardif, Arthur, Quebec , Les Editions Hounslow, Toronto, 1973. 

Caron, Fernand, Fred C. Wurdule: Photographe , Editeur Officiel du Quebec, 
Quebec, 1977. 

HUMOUR : 

Dubuc, Carl, Lettre a un Frangais qui veut emigrer au Quebec , Editions du 
Jour, Montreal , 1968. 

LES STATISTIQUES ET LA SITUATION ACTUELLE : 

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vol. 1. Morisset, Denys, Le Quebec Tel Quel , Editeur Officiel du Quebec, 
Quebec, 1978. 

Bernard, Andre, Profil : Quebec , Ministere d'Etat, Affaires Urbaines, Ottawa, 
1975. 

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Guimar, Pierre, Video-Presse , Serie Territoires du Quebec, Editions Paulines, 
Montreal, 1971. 

Guerin, Marc-Aime, Petit manuel de geographie quebecoise , Editions Guerin, 
Montreal , 1977. 

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Ullmann, Rebecca et al , Le Temps des Fetes , Prentice-Hall of Canada Ltd., 
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62 



LA CUISINE : 

Beaulieu, Mireille, The Cooking of Provincial Quebec , Gage Publishing Limited, 
Toronto, 1975. 



LA VIE D'UN HABITANT DU BON VIEUX TEMPS : 

Boswell, Hazel, French Canada: Pictures and Stories of Old Quebec , 
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Miner, Horace, St-Denis, a French-Canadian Parish , Phoenix Books, Toronto 
1939. 

LA LANGUE: 



Lieberson, Stanley, Language and Ethnic Relations in Canada , John Wiley & Sons 
Inc. , Toronto, 1970. 

Orkin, Mark M. , Speaking Canadian French , General Publishing Company Limited, 
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LES POLITIQUES ACTUELLES : 

Caloren, Fred, Nationalism in Quebec, 1960, Canada: a Sociological Profile , 
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Chaput, Marcel, Why I am a Separatist , The Ryerson Press, Toronto, 1961. 

Cook, Ramsay, Canada and the French-Canadian Question , MacMillan of Canada, 
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Gordon, Walter, The Quebec Problem - Divided We Stand , Peter Martin Associates 
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(Le) Gouvernement du Canada, Pour Comprendre le Canada , La Souverainete - 
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Levesque, Rene, An Option for Quebec , McClelland and Stewart, Toronto, 1977. 

Levesque, Rene, La Passion du Quebec , Editions Quebec-Amerique, Montreal, 1978. 

Trudeau, Pierre Elliott, Federalism and the French Canadians , MacMillan of 
Canada, Toronto, 1968. 

Moniere, Denis, L' evolution des Ideologies du Quebec , Editions Quebec-Amerique 
Montreal , 1977. 



63 



CARTES : 

The National Atlas of Canada , MacMillan Co. of Canada Ltd., Ottawa, 1974. 

World Book Encyclopedia , Field Enterprises Corporation, Vol. 16-Q. 

LE QUEBEC EN GENERAL : 

Corbett, Edward M., Quebec Confronts Canada , The Johns Hopkins Press, 
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Desbarats, Peter, The State of Quebec , McClelland and Stewart Limited, 
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Frommer, Arthur et al , Dollar-Wise Guide to Montreal, Quebec and the 
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Garigue, Philippe, French Canada: A Case Study in Sociological Analysis ; 
Canada: A Sociological Profile, Copp Clark Publishing Company, 1968. 

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Keyfilz, Nathan, Canadians and Canadiens - Canada, A Sociological Profile , 
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Lafortune, Ambroise, Si le Quebec M'etait Conte , Les Editions Scriptomedia 
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Rivard, Adjutor, Chez-Nous , McClelland & Stewart, Toronto, 1924. 

Poulet, Jean, Canada Terre Promise , Editions Arthem Fayard, Paris, 1967. 

Tremblay, Jean, Le Quebec , Solar - Les Presses de la Cite Ltee, Montreal, 
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Wright, Wendy et al , Voix Canadiennes , Holt Rinehart and Winston of Canada, 
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LECTURES POSSIBLES POUR LES ELEVES : 

McConnell, G. Robert, Collection Echos du Quebec , Editions Aquila Limitee, 
Montreal , 1977. 

Guimar, Pierre, Video-Presse, op. cit. 



64 



ANNEXE 



LA CHANSON CANADIENNE-FRANCAISE 



LE FRANCO-ALBERTAIN ET LA CHANSON 



Le Franco-Albertain vit en frangais, joue et chante la musique 
quebecoise et, de plus en plus, s'identifie avec les chanteurs 
francophones hors-Quebec. Grace aux tournees canadiennes, les 
Franco-Albertains connaissent Robert Paquette (Franco-Ontarien) , 
Calixte Duguay, Angele Arsenault (Acadiens), Gerry et Ziz (Franco- 
Manitobains) , et quelques autres. 

II existe une chanson franco-albertaine representee par Leo-Paul 
Guenette, Maurice Aubin et Gerry Lepage. Gabriel le Bugeaud, Lise 
Gagnon et Joanne Martineau sont aussi bien connus comme interpretes 
de la chanson frangaise. 

La chanson frangaise s'est creee une place enviable par l'interme- 
diaire de ses chorales. Les Musicos de St-Paul , les Chantamis et 
les Musicos d' Edmonton sont des chorales tres bien connues dans 
les communautes francophones. Cette popularity s'est developpee 
par les maxi-rassemblements connus sous le nom de "COEUR A CHOEUR". 
Ces chorales chantent surtout la musique quebecoise. 



66 



LES INTERPRETES FRANCOPHONES QUEBECOIS 
ET LEURS CHANSONS 

(Septieme annee) 



UNE BOITE A CHANSONS 
George Dor 



Une botte a chanson, c'est comme une maison 
C'est comme un coquillage, on y entend la mer 
On y entend le vent, venu du fond des ages 

On y entend battre les coeurs a l'unisson 
Et l'on en voit toutes les couleurs de nos 
chansons. On y entend battre les coeurs 
a 1 ' unisson 

Un mot parmi les hommes 

Comme un grand feu de joie 

Un vieux mot qui resonne, 

Un mot qui dirait tout et qui ferait surtout 

Que la vie nous soit bonne 

C'est ce vieux mot 

Que je m'en vais chercher pour toi 

Un mot de passe qui nous ferait trouver 

la joie (bis) 

Irai-je jusqu' a vous 
Viendrez-vous jusqu 'a moi 
En ce lieu de rencontres 
La ou nous sommes tous 
jouant chacun pour soi 
Le jeu du pour ou contre 

Tu entendras battre mon coeur 

Et moi le tien 

Si tu me donnes ta chaleur 

moi mon refrain 

Tu entendras battre mon coeur 

Et moi le tien 

Si tu me donnes ta chaleur 

moi mon refrain . . . 



DISOUE: LES CHANTAMIS DIX ANS 

DISTRIBUE PAR: L'ALLIANCE CHORALE 

ALBERTA 

I-9912A-109 rue 

Edmonton, Alberta 429-4523 



68 



LA DANSE A ST-DILON 



Mu3i J ' et Gaston Rochon 

LcG ; vhe, Montreal 



Paroles et musique: Gilles Vigneault 



Samedi soir a Saint-Dilon 

y avait pas grand chose a faire 

on a dit: "on fait une danse", 

on va danser chez "bibi" 

on s'est trouve un violon 

un salon, des partenaires 

puis la la soiree commence 

c'etait vers sept heures et demie 

entrez mesdames, entres messieurs, 
marianne a sa belle robe et puis 
rollande a ses yeux bleus. Yvonne 
a mis ses souliers blancs, son 
decollete puis ses beaux gants ga 
aime a faire les choses en grand. 
Ca vient d'arriver du couvent. Y 
a aussi Jean-Marie, mon cousin puis 
mon ami qu'a mis sa belle habit avec 
ses petits souliers verm's, le 
voila mis comme on dit comme un 
commis voyageur 

Quand on danse a Saint-Dilon 
c'est pas pour des embrassages 
c'est au reel puis ga va vite 
il faut pas passer des pas 
il faut bien suivre le violon 
si vous voulez pas etre sage 
aussi bien partir tout de suite 
Y a ni temps ni place pour ga 

tout le monde balance et puis tout l'monde 
danse, Jeanne danse avec Antoine et pis Jeannette 
avec Raymond, Ti-Paul vient d'arriver avec 
Therese a ses cotes, ga va passer la soiree a 
faire semblant de s'amuser mais ga s'ennuie de 
Jean-Louis, son amour et son ami, qui est parti 
gagner sa vie 1'autr' bord de 1'Ile Anticosti, est 
parti un beau sam'di comme un maudit malfaiteur 

Ont danse toute la soiree 

le brandy puis la plongeuse 

et le corbeau dans sa cage 

et puis nous voila passe minuit 

c'est Charlie qui a tout calle 

a perdu son amoureuse 

il s'est fait mettre en pacage 

par moins fin mais plus beau qu'lui 



69 



LA DANSE A ST-DILON (suite) 

un dernier tour, la chaine des dames avant 
d'partir, a'm'a serre la main plus fort, a'm'a 
r' garde, j'ai perdu l'pas, dimanche au soir, 
apres les vepres, j'irai-t'i ben, j'irai-t'i pas? 
un p'tit salut, passez tout droit, j'avais jamais 
vire comme ga, me voila tout etourdie, mon 
amour et mon ami! c'est ici qu'il s'est mis a 
la tourner comme une toupie, elle a compris 
puis elle a dit: "les mardis puis les jeudis, ga 
f'rait-t'i ton bonheur?" 

quand un p'tit gars d 1 saint-dilon 
prend sa course apres une fille 
il la fait virer si vite 
qu'elle ne peut plus s'arreter 
pour un p'tit air de violon 
a'vendrait tout sa f ami lie 
a penser que samedi en huit 
il peut peut-etre la r'inviter 

Puis la ote ta capine, puis swing la mandoline 
et pis ote ton jupon pis swing la madelon 
swing la fort et pis tords-y le corps puis fais y 
voir que t'est pas mort! Domino, les femmes 
ont chaudl 



DISQOE LES CHANTAMIS ... DIX ANS 

DISTRIBUE PAR: L' ALLIANCE CHORALE 

ALBERTA 

I-9912A-109 rue 

Edmonton, Alberta 429-4523 



70 



MOMMY 

Compositeurs: Gilles Richer / Marc Gelinas 

Mommy, Mommy, I love you dearly, 

please tell me how in French 

my friends use to call me, 

Paule, Lise, Pierre, Jacques ou Louise 

Gros Papineau, Gauthier, Fortin, Robichaud 

Charbonneau. 

Mommy, Mommy, How come it's not the same 

oh mommy, mommy what happened to my name 

Oh Mommy, tell me why it's too late, too late 

much too late 

Mommy, Mommy, I love you dearly, 

please tell me where we used to live 

in this country, Trois-Rivieres, St-Marc, 

Grand-Mere, Gaspe, Dolbeau, Berthier, St-Paul 

Tadoussac, Gatineau 

Mommy, Mommy, How come it's not the same 

Oh mommy, mommy there's so much in a name 

anyway tell me why it's too late, too late 

much too late 

Mommy, Mommy, I love you dearly 

please sing the song you sang when I was a baby 

Fais dodo, Colin mon petit frere 

Fais dodo, tu auras du 1'eau 1 'eau 

Mommy, Mommy, I remember the song 

oh mommy something seems to be wrong 

Mommy, tell me why it's too late, 

too late, much too late 

Mommy, Mommy, I love you dearly 

please tell me once aaain the beautiful story. 

Un .iour, ils parti rent de France 

batirent ici quelques villaqes 

une ville, un pays. 

Mommy, Mommy, how come we lost the game 

Oh mommv, mommy are vou the one to blame 

Oh mommv, tell me why, it's too late, 

too late, much too late 



DISOUE: PAULINE EN SCENE 

DERAM XDEF 124 stereo 
DISTRIBUE PAR: LONDON 



71 



LE P'TIT BONHEUR 
Compositeur: Felix Leclerc 



C'etait un p'tit bonheur 
Que j 'avais ramasse 
II etait tout en pleurs 
5ur le bord d'un fosse 
Quand il m'a vu passer 
II s'est mis a crier 
Monsieur, ramassez-moi 
Chez vous, amenez-moi. 

Mes freres m'ont oublie, je suis tombe, je suis malade 
Si vous n'me ceuillez point, je vais mourir, quelle balade 
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure 
Monsieur, je vous en prie, delivrez-moi de ma torture. 

J'ai pris mon p'tit bonheur 

J'lai mis sur mes hail Ions 

J'ai dit faut pas qu'il meurre 

vient-en dans ma maison 

Alors le p'tit bonheur a fait sa guerison 

Sur le bord de mon coeur 

Y avait une chanson 

Mes jours, mes nuits, mon deuil, ma peine, mon mal furent oublies 
Ma vie de desoeuvre j' avais degout d'la recommencer 
Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m'faisaient de la peine 
J'prenais mon petit bonheur, et j'lui disais, c'est toi ma reine. 

Mon bonheur a fleuri 

II a fait des bourgeons 

C'etait le paradis 

Ca s'voyait sur mon front 

Or, un matin joli 

Que j'sifflais ce refrain 

Mon bonheur est parti 

Sans me donner la main. 

J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scenes 
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur 
II s'en allait toujours la tete haute, sans joie, sans haine 
Comme s'il ne voulait plus voir le soleil dans ma demeure 



72 



LE P'TIT BONHEUR (suite) 

J'ai bien pense mourir 
De chagrin et d' ennui 
J'avais cesse de rire 
C'etait toujours la nuit 
II me reste 1 'ennui 
II me reste le mepris 
Alors je me suis dit 
II me reste la vie. 

J'ai repris mon baton, mes deuils, mes peines et mes guenilles 
et je bas la semelle dans les pays des malheureux 
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille 
Je fais un grand detour, ou bien je me ferme les yeux 
Je fais un grand detour, ou bien je me ferme les yeux 



DISQUE: J'AI VU LE LOUP LE RENARD 

LE LION 

ULC-13 
DISTRIBUE PAR: ALTA MUSIOUE LTEE 



73 



LE PLUS BEAU VOYAGE 



Compositeurs: Claude Gauthier / Yvan Ouellette 



j'ai re fa it le plus beau voyage 
de mon enfance a aujourd'hui 
sans un adieu sans un bagage 
sans un regret ou nostalgie 
j'ai revu mes appartenances 
le lot de mes ans et la vie 
et c'est de toutes mes partances 
le plus heureux flash de ma vie 

je suis de lacs et de rivieres 

je suis de gi biers de poissons 

je suis de roches et de poussieres 

je ne suis pas des grandes 

moissons 

je suis de Sucre et d'eau d'erable 

de pater noster de credo 

je suis de onze enfants a table 

je suis de Janvier sous zero 

je suis d'amerique et de f ranee 

je suis de chomage et d'exil 

je suis d'octobre et d'esperance 

je suis une race en peril 

je suis prevue pour l'an 2000 

je suis notre liberation 

comme des millions de gens fragiles 

a des promesses d'election 

je suis l'energie qui s'empile 
d' ungava a manicouagan 

la la la la la la la la 

je suis quebec mort ou vivant 



DISQUE: PAULINE JULIEN EN SCENE 
DERAM XDEF-124 STERO 

DISTRIBUE PAR: LONDON RECORDS 



74 



JE REVIENS CHEZ NOUS 



Compositeur: Jean-Pierre Ferland 



II a neige a Port-au-Prince 
II pleut encore a Chamonix, 
On traverse a gue la Garonne 
Le ciel est plein bleu a Paris 

Mamie l'hiver est a l'envers 
Ne t'en retourne pas dehors 
Le monde est en chamaille 
On gele au sud, on sue au nord. 

Fais du feu dans la cheminee 
Je reviens chez nous. 
S'il fait du soleil a Paris 
II en fait partout. 

La Seine a repris ses vingt berges, 
Malgre les lourdes gibouloes, 
Si j'ai du frimas sur les levres, 
C'est que je veille a ses cotes. 

Mamie j'ai le coeur a l'envers 
Le temps ravive le cerfeuil 
Je ne veux pas etre tout seul 
Quand l'hiver tournera de l'oeil. 

Je rapporte avec mes bagages , 
Un gout qui m'etait etranger 
Moitie dompte, moitie sauvage, 
C'est l'amour de mon potager. 

Fais du feu dans la cheminee 
Je reviens chez nous, 
Et si l'hiver est trop bute 
On hivernera. 



DISQUE: JEAN PIERRE FERLAND 
80006 VEDETTES 

DISTRIBUE PAR: BARCLAY 



75 



LE VENT DE LA VILLE 

Paroles: Pierre Huet 

Musique: Pierre Bertrand / Michel Hinton 



J'ai rencontre Diane hier 

A lache sa job de secretaire 

A ramasse tout son argent 

A part vivre en Europe a sait pas jusqu'a quand 

A dit "Queq 1 chose est mort en moi 

Un jour dans un metro de cinq heures 

J'm'en vas ailleurs mais j'vas rev'nir 

Quand j'pourrai r'garder en pleine face c'qui m'fait parti r" 

Refrain: 

Le vent du coeur meme de la ville 

Chasse vers ailleurs ce qu'on a de meilleur 

Le vent d'la ville saisit nos gens 

Et les disperse aux quatre vents 

La derniere fois que je l'ai vu 

Jean-Pierre partait pour le Mexique 

Y'en pouvait pus comme y disait 

de s'battre cont' six mois d'neige pis quinze millions d'Anglais 

Moi qui est naive j'y ai demande 

"Tu penses pas qu'tu vas t'ennuyer?" 

I m'a dit "Non, chus habitue 

J'me t'nais dans l'ouest d'la ville, ga m'fait pus peur 1'exil 

Refrain: 

Mais l'vent peut tourner ga je 1'sais 

Pis mes amis le savent aussi 

Tous ceux qui partent ont leurs raisons 

I vont r'venir tout l'monde revient de toute fagon 

I faut aller au bout d'sa corde 

Pour voir la main qui nous retient 

La ville te blesse, il faut la mordre 

El 1 e qui t'ecrase a soir t 'appartiendra demain 



DISOUE: BEAU DOMMAGE PASSAGERS 
ST70 055 CAPITOL 



76 



L'HISTOIRE DE JEAN 

Paroles: Pierre Huet 

Musique: Pierre Bertrand / Michel Hinton 



Parti un soir de mon village 
Que l'autoroute decoupe en deux 
Parti en ville trouver d'l'ouvrage 
Parti en ville pour trouver mieux 

Chu debarque dans 1 'centre-ville 
C'etait la nuit mais tout brill ait 
J'ai loue une chambre a la semaine 
Dans un hotel tout en anglais 

En ville personne possede sa terre 
Tout l'monde travaille pour un plus grand 
J'ai eu une job d'homme a tout faire 
dans un building a stationnement 

Le soir j'allais dans les cafes 
En passager d'un bateau ivre 
Qui naviguait en' les deux rives 
D'la rue St- Den is 
J'allais chercher le grand amour 
Ou quelque chose qui pour l'heure 
En aurait sinon la chaleur 
Du moins 1 'contour 

J'ai souvent pense m'en aller 
La ville etait plus forte que moe 
Mais j'etais bete et j'etais fier 
Un jour j'ai fini par m'y faire 

J'ai fait d'mon quartier mon village 
00 je r'connais les gens s'a rue 
On brise doucement de nos villages 
L'asphalte grise a perte de vue 

Parti r un soir de mon village 



DISOUE: BEAU DOMMAGE 
PASSAGERS 
ST70 055 CAPITOL 



77 



HISTOIRE D'ANTAN 

Paroles et Musique: Gerard Jean 

( Franco-Man i tobai n ) 

Interpreter Les Chantamis 



Sur une montagne, 

Dans un pays lointain 

Vivait une belle 

Aux longs cheveux chatains 

Puis un beau jour 

Dans ce pays lointain 

Un troubadour, une guitare 

A la main 

Est arrive en chantant 

Ce refrain, ce refrain 

Quand il y aura plus d'un sol ei 1 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t 1 aimer 

Sur la montagne 

Un jour il est alle 

Devine done ce qu'il a pu trouver 

La belle chataine 

Assise sur un rocher 

II a voulu tout de suite l'epouser 

et d'une voix douce 

II se mit a chanter, a chanter 

Quand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t 1 aimer 

Et le jour meme 

Dans une petite chapel le 

II a promis a la terre et au ciel 

De ne jamais, jamais quitter sa belle 

Et quant ils sont sortis de la chapelle 

L'orgue entonnait 

Ce refrain eternel, eternel 



Ouand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t'aimer 

Comme ce prince 

De la pluie et du vent 

Je viens, ma belle 

Pour t'offrir ce chant 

Daiqne l'acceuillir comme d'un amant 

Toi tu seras la rose 

De mon printemps 

Et nous chanterons en tout lieu 

En tout temps, en tout temps 

Quand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand 1 'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t'aimer 



DISQUE: CHANTAMIS DIX ANS 

DISTRIBUE PAR: L ' ALLIANCE CHORALE 
ALBERTA 

I-9912A - 109 rue 
Edmonton, Alberta 
429-4523 



78 



SORS MO I DONC ALBERT 
Compositeur: Felix Leclerc 



Sors-moi done, Albert 
Amene-moi voir des choses, 
Sors-moi done d'la maison 
Eloigne-moi des enfants. 
Just'un soir Albert, 
Au restaurant du centre 
Ou au concert en ville 
Tous deux tous seuls un'fois 

En auto ou a pied, 
Sans amis sans parents, 
Colle, colle su-moe 
comm'tu faisais avant 
Parc'que si tu m'sors pas, 
J'vais m'faire mon cinema 
Ce que tu m'montres pas 
Je 1' invent 'rai tout bas 
Mais je t' invit'rai-pas; 
Chacun son bord on s'ra 
Du couple qui s'comprend plus, 
Ca en f'ra un de plus 



79 



LES INTERPRETES FRANCOPHONES HORS-QUEBEC 
ET LEURS CHANSONS 

(Huitieme annee) 



II existe hors du Quebec une chanson en frangais. II existe une 
chanson franco-ontarienne representee entre autres par Robert 
Paquette, le groupe CANO, GAROLOU, et quelques autres. 

II existe une chanson acadienne qui se porte tres bien; elle est 
plus melancolique, voire plus nostalgique. Cette chanson acadienne 
est representee principalement par Edith Butler, Angel e Arseneault 
et Calixte Duguay. 1755 est l'annee de la deportation des Acadiens. 
C'est aussi le nom d'un groupe et du titre de leur nouvel album. 
"1755" chante leur coin de pays via les "reels", les complaintes , 
les gigues et le Blue Grass. 

Cette chanson, tout en touchant de pres les Quebecois, est plus 
prisee dans les provinces maritimes car elle traduit leurs sentiments 
et leurs obsessions. 

II existe aussi une chanson franco-manitobaine representee par Gerry 
et Ziz, deux gars bien manitobains, par Gerard Jean et Gerald Paquin 
ainsi que par Daniel Lavoie, Mona Gauthier, Helene Molin et Aline 
Lacroix. 

La Saskatchewan nous offre Gisele Lemire et Gilbert Trouttet. 



82 



HISTOIRE D'ANTAN 

Paroles et musique: Gerard Jean 

Interpretes: Gerry & Ziz (Une realisation entierement manitobaine) 



Sur une montagne, 

Dans un pays lointain 

Vivait une belle 

Aux longs cheveux chatains 

Puis un beau jour 

Dans ce pays lointain 

Un troubadour, une guitare 

A la main 

Est arrive en chantant 

ce refrain, ce refrain 

Quan il y aura plus d'un soleil 
Quant les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t 1 aimer 

Sur la montagne 

Un jour il est alle 

Devine done ce qu'il a pu trouver 

La belle chataine 

Assise sur un rocher 

II a voulu tout de suite 1'epouser 

Et d'une voix douce 

II se mit a chanter, a chanter 

Quand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand 1 'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t' aimer 

Et le jour meme 

Dans une petite chapel le 

II a promis a la terre et au ciel 

de ne jamais, jamais quitter sa belle 

Et quand ils sont sortis de la chapelle 

L'orgue entonnait 

Ce refrain eternel, eternel 



Quand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t 'aimer 

Comme ce prince 

De la pluie et du vent 

Je viens, ma belle 

Pour t'offrir ce chant 

Daigne 1'accueillir comme d'un amant 

Toi tu seras la rose 

De mon printemps 

Et nous chanterons en tout lieu 

En tout temps, en tout temps 

Quand il y aura plus d'un soleil 
Quand les etoiles auront sommeil 
Quand l'eau de mer voudra voler 
Moi je ne voudrai plus t' aimer 



DISQUE: GERRY & ZIZ FIMALEMENT 
STEREO JOLY PJ 0176 

DISTRIBUE PAR: LES PRODUCTIONS 

JOLLY LTEE 

520, rue Aulneau 

St-Boniface (Manitoba) R2H 2V3 



83 



JEAN BERUBE 

Paroles et musique: Robert Paquette 



Jean Berube, il etait un homme affranchi 

Un beau matin lui ont lig les deux mains 

Ensuite ils l'ont penciu sans plus tarder 

La corde au cou, il voyait tres bien, le prix que lui 

Coutait sa liberte 

Ref. 

Jean Berube, Jean Berube il etait un homme affranchi 
Jean Berube, Jean Berube il etait un de mes amis 

Jean Berube, il aurait pu etre sauve 
Mais personne n'est venu, personne n'a ose 
Pas une larme ne sortit de ses yeux 
C'est ainsi qu'il fit ses derniers adieux. 

Ref. 

A 1' horizon le soleil va se coucher 

Dans les plaines le fleuve continue a couler 

Maintenant il n'y a plus de sang, il n'y a meme 

Plus de honte 

Une bonne pluie a tout lave 

Ref. 



DISQUE: ROBERT PAQUETTE ET AMIS 
(Depeche-toi soleil) 
ECH 

DISTRIBUE AU CANADA PAR: London 

Records 



84 



SALUT PIERRE 

Paroles et musique: Robert Paquette 



Salut Pierre! Salut Jean.' depuis qu'on s'est vu, il y 

A deja trop longtemps. Oh la "Belle" m'a fait la cour 

Mais maintenant le "vent du Nord" m'appelle a un 

Nouveau jour - Y dit: 

Viens-t'en vite, viens-t'en longtemps - pars tout de suite, 

Pars maintenant - fais tes bagages et perds pas ton temps 

Tu prendras le sentier qui te mene au foyer." 

Ref. 

J'ai pris un avion comme un papillon 
J'ai vole sur les ailes d'hirondelle 
Ou - la - la - me voila dans les bois 
Je suis de nouveau de retour chez-moi 

Avec Guy puis Yvette je porterai mes salopettes 
On va se promener nu-pieds dans les champs de ble 
Oh du travail il y en a a bucher des bouleaux 
Des sapins et des erabliers. 

Eh la cabane a bois qui est a batir, mon ami Claude 

Y'en finit pas de rire 

Oh des billots puis du bardeau a poser 

Mais voila qu'arrivent Jacques, Raymond et puis Andre 

Ref. 

Alors Salut Pierre, Salut Jean, Alio Dede 

Comment ga va Fernand, Oh la "Belle" m'a fait la cour 

Mais maintenant le vent du nord m'appelle a un 

Nouveau jour, Alors 

Viens-t-en vite, viens-t-en longtemps, pars tout de suite. 

Pars maintenant, fait les bagages et perds pas ton temps 

Tu prendras le sentier qui te mene au foyer. 



85 



LE GARDIEN DE MES REVES 

Paroles et musique: Robert Paquette 



Tu es le gardien de mes reves, ceux que je ne confie 

a personne 

Les merveilles que je puise dans la nuit, ce que je 

voulais quand j'etais jeune 

Ou les plaisir, les desirs, balotte doucement, l'espace d'un 

Ocean. 

J'ouvre mes ailes endormies ... je m'en vais un peu plus haut. 

D'ou me vient cette peur de tomber, comme si cela ne m'etait 

Jamais arrive 

L'espoir de demain aujourd'hui ne crains rien. 

Tu tiens tout cela dans tes mains. 

Ou les plaisirs, les desirs balottes doucement, l'espace 

d' un ocean 

Ouvre tes ailes endormies, nous irons un peu plus haut 

Au bord de 1 'eau 

Tu es tout ce dont j'ai besoin 
Viens, viens me reveiller 
Je suis l'esclave de la nuit 
J'ai trop longtemps dormi 

Le gardien de mes reves, tu me regardes dormi r 

Le gardien de mes reves, le subconscient de 1'avenir 

Le gardien de mes reves, j'ai besoin de ton sourire... 



DISQUE: ROBERT PAQUETTE ET AMIS 
(Depeche-toi soleil) 
ECH 600 

DISTRIBUE AU CANADA PAR: LONDON 

RECORDS 



86 



MES AMIS 

Paroles et musique: Robert Paquette 



Mes amis sont tous partis sur un voyage 

sonore de cacophonie 

Charbonneau est un peu chaud 

Linda la boheme m'ecrit un poeme et eel a 

est un peu vague 

Si la lune etait claire, revoir mon ami Pierre 

Un papillon sur son dos s'en allant 

Branli, branlant retrouver son anima. 

Si parfois je me sens completement perdu 

Si parfois quand tu me reqardes je te fais un 

peu peur 

Si lorsqu'on se parle comme ga sans bouger 

Je te vois oblige de detourner les yeux 

C'est que nos regards sont des miroirs 

et la verite ne souffre pas qu'une ame 

essaie de refleter ce que dans le fond elle 

n'est pas. 

Au moment ou je serai, alors tu deviendras 

Et lorsque tu seras, alors je saurai l'energie 

que nous avons creee 

J'entendrai prononcer ta parole les yeux fermes 

Et je me sens questionner le sens profond 

De ma vie 

Ai-je le droit de jouer? Ai-je le temps de devenir 

Un peu fou? 



DISOUE: ROBERT PAQUETTE ET AMIS 
(DEPECHE-TOI SOLEIL) 
ECH 600 

DISTRIBUE AU CANADA PAR: LONDON 

RECORDS 



87 



LES CHANSONNIERS CANADIENS-FRANCAIS 
LES PLUS CONNUS 

(Neuvieme annee) 



Le visiteur qui ouvre un poste de radio au Quebec est frappe de la 
place qu'occupe la chanson. On chante en frangais au Ouebec. La 
chanson quebecoise, avec ses mots nouveaux, ses rythmes nouveaux, 
et ses chansons nouvelles, occupe la premiere place. Les Quebecois 
parlent d'eux-memes, de leur pays, de leur fagon d'envisager avec 
humour une tempete de neige qui bloque leur voiture sur une auto- 
route, ou de dire avec fermete pour quel parti voter aux prochaines 
elections. 

Les chansonniers quebecois sont nombreux. II y a entre autres: 
Felix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, George Dor, 
Jean-Pierre Ferland, Claude Leveillee, Pierre Calve, Monique Miville- 
Deschenes, Monique Leyrac, Pauline Julien, Clemence Desrochers, 
Raymond Levesque. II ne faudrait pas oublier la jeune garde, notam- 
ment Diane Dufresne, Fabienne Thibeault et bien d'autres, plus ou 
moins connus au-dela des frontieres. 

Depuis 1960, les Quebecois ont decide de prendre la parole. Jusque- 
la seule l'elite parlait, d'ou le nouvel essor de la chanson contem- 
poraine qui s'exprime aussi bien en frangais quebecois qu'en joual , 
puisque c'est la langue du "monde ben ordinaire". 

La langue quotidienne du Quebecois est parsemee d 'expressions de marin 

parce que souvent sa vie etait axee sur le fleuve. (Le fleuve ici, 

c'est quasiment la mer.) Autrefois, par necessite, il etait a la fois 
marin et habitant. 

Autre element du paysage quebecois, le vent habite 1 'espace. De grands 
espaces habites par le vent, voila un pays a la taille de l'hiver. 
"Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver" (Gilles Vigneault). II 
est naturel qu'on en parle puisqu'on le vit cinq bons mois par annee. 
On en vient meme a le desi rer avec Monique Leyrac: 



"Ah que les temps s'abregent, 
Viennent les vents et les neiges, 
Vienne l'hiver en manteau de froid." 

Malgre ce climat difficile, le Quebecois adore son pays. II s'y sent 
chez lui, il y est enracine par les fibres les plus sensibles et les 
plus sol ides de son etre. 

En comparaison avec les autres pays francophones, le Quebec est le plus 
grand producteur de disques de chansons en frangais, compte tenu de ses 
6,000,000 d'habitants. 



90 



FELIX LECLERC - LE CANADIEN 



La nature sauvage et montagneuse de La Tuque, son village natal, lui a 
donne sa premiere source de poesie. La seconde n'est nulle autre que 
son pere, un marchand de bois qui aime raconter des histoires a ses 
onze enfants. A la maison, on chante beaucoup et on aime la musique; 
on y joue du violoncelle, du piano, du violon, du tambour, de la flute 
et de la guitare. Felix apprend la guitare et chante. Apres ses etudes 
a Ottawa, il demeure a Montreal ou il ecrit des textes pour la radio 
et fait du theatre avec les Compagnons de Saint-Laurent. II quittera 
bientot la ville pour la foret, les montagnes, les rivieres et la neige 
des Laurentides. Ses images pleines d'humour, d'ironie et de sensibi- 
lize lui viennent de 13. 

Felix a fait connaitre au monde entier les desirs de justice et de li- 
berty chers aux Quebecois. II raconte simplement, parfois avec nafvete, 
toujours avec poesie, les sentiments des hommes de son pays qu'il con- 
natt si bien. 

Le 13 aout 1974, avec Charlebois et Vigneault, il a chante la vital ite 
du Quebec, 1 'affirmation de son identite. C'etait lors de la Super- 
francofete organisee a Quebec, sur les Plaines d'Abraham. Cent mille 
francophones du monde entier ont celebre pour la premiere fois un Quebec 
vivant, international, avec le Loup, le Renard et le Lion. On en parlera 
longtemps 



91 



MO I MES SOULIERS 
Felix Leclerc 



Moi , mes souliers ont beaucoup voyage, 
lis m'ont porte de l'ecole a la guerre; 
J'ai traverse sur mes souliers ferres 
Le monde et ses mi seres. 

Moi, mes souliers ont passe dans les pres , 
Moi, mes souliers ont pietine la lune; 
Oui , mes souliers ont couche chez les fees, 
Et fait danser plus d'une. 

S'ils ont marche pour trouver l'debouche, 
S'ils ont traine de village en village, 
Suis pas rendu plus loin qu'a mon lever, 
Mais devenu plus sage. 

Tous les souliers qui bougent dans les cites, 
Souliers de gueux et souliers de reines, 
Un jour cesseront d'user les planchers, 
Peut-etre cette semaine. 

Moi, mes souliers n'ont pas foule Athenes, 

Moi, mes souliers ont prefere les plaines ... 

Quand mes souliers iront dans les musees, 
Ce s'ra pour s'y, s'y accrocher. 

Au paradis, paraTt-il, mes amis, 

C'est pas la plac' pour les souliers vernis: 

Depechez-vous de salir vos souliers, 

Si vous voulez etr' pardonnes. 



DISQUE: J'AI VU LE LOUP LE RENARD 
LE LION 
LES PRODUCTIONS DU 13 AOUT ENRG, 

DISTRIBUE PAR: ALTA MUSIQUE LTEE 



92 



Put >c I'autorisation de la SOC2EIF 
D'EDITZONS MUSICAIES !NTERNATiGl\tAL& 
(S. C.M.I.) er !ss EDITIONS MUSICALES 
PATRICIA - PARIS - FRANCE 



QUAND LES HOMMES VIVRONT D' AMOUR 



Paroles et musique de Raymond Levesque 

interpreted par Felix Leclerc, Robert Charlebois et Gilles Vigneault 

Quand les hommes vivront d' amour, 

II n'y aura plus de misere, 

Et commenceront les beaux jours 

Mais nous, nous serons morts, mon frere. 

Quand les hommes vivront d' amour, 

Ce cera la paix sur la terre, 

Les soldats seront troubadours 

Mais nous, nous serons morts, mon frere. 

Dans la qrande chaTne de la vie, 
00 il fallait que nous passions, 
00 il fallait que nous soyons 
Nous avons eu la mauvaise partie. 

Quand les hommes vivront d' amour 

II n'y aura plus de misere, 

Et commenceront les beaux jours 

Mais nous, nous serons morts, mon frere. 

Mais quand les hommes vivront d' amour, 
II n'y aura plus de misere, 
Peut-etre songeront-ils un jour, 
A nous, qui serons morts, mon frere. 

Nous qui aurons au cours des jours, 
Dans la haine et puis la guerre, 
Cherche la paix, cherche 1 'amour 
Nous connaitrons alors mon frere. 

Dans la grande chaTne de la vie, 
Pour qu'il y ait un meilleur temps 
II faut toujours quelques perdants; 
De la sagesse, ici-bas, c'est le prix. 

Quand les hommes vivront d'amour, 

II n'y aura plus de misere, 

Et commenceront les beaux jours 

Mais nous, nous serons morts, mon frere. 



DISQUE: J'AI VU LE LOUP LE RENARD 
LE LION - LES PRODUCTIONS 
DU 13 AOUT ENRG. 

DISTRIBUE PAR: ALTA MUSIQUE LTEE 
93 



SORS MOI DONC ALBERT 
Compositeur: Felix Leclerc 



Sors-moi done, Albert 
Amene-moi voir des choses, 
Sors-moi done d'la maison 
Eloigne-moi des enfants. 
Just'un soir Albert, 
Au restaurant du centre 
Ou au concert en ville 
Tous deux tous seuls un'fois 

En auto ou a pied, 
Sans amis sans parents, 
colle, colle su-moe 
comm' tu faisais avant 
Parc'que si tu m'sors pas, 
J'vais m'faire mon cinema 
Ce que tu m'montres pas 
Je 1' invent 1 rai tout bas 
Mais je t 1 invit'rai-pas; 
Chacun son bord on s'ra 
Du couple qui s'comprend plus, 
Ca en f'ra un de plus 



DISQUE: FELIX LECLERC "LE TOUR DE L'lLE" 
PHILIPS STEREO 6325 242 



94 



GILLES VIGNEAULT - LE QUEBECOIS 



Gilles Vigneault, le chansonnier le mieux connu du Quebec, raconta 
un jour sa biographie comme suit: "Je ne suis pas mort. J'ai vecu 
treize ans a Natashquan et j'ai etudie plus d'une quinzaine d'annees. 
J'ai rame, peche, chasse, danse, portage, ri et pleure, cueilli beris, 
bleuets et framboises, aime, prie, parle, menti . J'ai ecrit cent 
chansons et deux livres et j'ai 1 'intention de continuer." "Mon pays" 
sa composition la mieux connue, a gagne le premier prix au Festival 
International de la Chanson en 1965, a Sopot, en Pologne, et est 
devenue pour les Ouebecois une sorte d'hymne national. 



95 



MON PAYS Parcle-; ( - Vigneault 

Usl — e» Ga Sf0 „ Rochoo 

\TqpA qui v;re, Montreal 
Gilles Vigneault 



Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver 
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine. 
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige. 
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver. 

Dans la blanche ceremonie 
Ou la neige au vent se marie 
Dans ce pays de poudrerie 
Mon pere a fait batir ma i son 
Et je m'en vais etre fidele 
A sa maniere, a son modele 
La chambre d'amis sera telle 
Qu'on viendra des autres saisons 
Pour se batir a cote d'elle. 

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver 
Mon refrain ce n'est pas un refrain, c'est rafale. 
Ma maison ce n'est pas ma maison, c'est froidure 
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver. 

Dans mon grand pays solitaire 
Je crie avant que de me taire 
A tous les hommes de la terre 
Ma maison, c'est votre maison 
Entre mes quatre murs de glace 
Je mets mon temps et mon espace 
A preparer le feu, la place 
Pour les humains de 1' horizon 
Et les humains sont de ma race. 

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver 
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine. 
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige 
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver. 

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver 
D'un pays qui n'etait ni pays ni patrie 
Ma chanson ce n'est pas une chanson, c'est ma vie 
C'est pour toi que je veux posseder mes hi vers. 

DISQUE: J'AI VU LE LOUP LE RENARD LE LION 
LES PRODUCTIONS DU 13 AOUT ENRG. 

DISTRIBUE PAR: ALTA MUSIQUE LTEE 
96 



LA DANSE A ST-DILON 

M - f-, cn 

! "~ ire, Montreal 

Paroles et musique: Gilles Vigneault 



Samedi soir a Saint-Dilon 

y avait pas grand chose a faire 

on a dit: "on fait une danse", 

on va danser chez "bibi" 

on s'est trouve un violon 

un salon, des partenaires 

puis la la soiree commence 

c'etait vers sept heures et demie 

entrez mesdames, entrez messieurs, 
marianne a sa belle robe et puis 
rollande a ses yeux bleus. Yvonne 
a mis ses souliers blancs, son 
decollete puis ses beaux gants ga 
aime a faire les choses en grand. 
Ca vient d'arriver du couvent. Y 
a aussi Jean-Marie, mon cousin puis 
mon ami qu'a mis sa belle habit avec 
ses petits souliers verm's, le 
voila mis comme on dit comme un 
commis voyageur 

Quand on danse a Saint-Dilon 
c'est pas pour des embrassages 
c'est au reel puis ga va vite 
il faut pas passer des pas 
il faut bien suivre le violon 
si vous voulez pas etre sage 
aussi bien partir tout de suite 
Y a ni temps ni place pour ga 

tout le monde balance et puis tout 1 'monde 
danse, Jeanne danse avec Antoine et pis Jeannette 
avec Raymond, Ti-Paul vient d'arriver avec 
Therese a ses cotes, ga va passer la soiree a 
faire semblant de s'amuser mais ga s'ennuie de 
Jean-Louis, son amour et son ami, qui est parti 
gagner sa vie l'autr' bord de l'lle Anticosti, est 
parti un beau sam'di comme un maudit malfaiteur 

ont danse toute la soiree 

le brandy puis la plongeuse 

et le corbeau dans sa cage 

et puis nous voila passe minuit 

c'est Charlie qui a tout calle 

a perdu son amoureuse 

il s 1 est fait mettre en pacage 

par moins fin mais plus beau qu'lui 

97 



LA DANSE A ST-DILON (suite) 

un dernier tour, la chaine des dames avant 
d'partir, a'm'a serre la main plus fort, a'm'a 
r'garde, j'ai perdu 1'pas, dimanche au soir, 
apres les vepres, j'irai-t'i ben, j'irai-t'i pas? 
un p'tit salut, passez tout droit, j'avais jamais 
vire comme ga, me voila tout etourdie, mon 
amour et mon ami I c'est ici qu'il s'est mis a 
la tourner comme une toupie, elle a compris 
puis elle a dit: "les mardis puis les jeudis, ga 
f'rait-t'i ton bonheur?" 

quand un p'tit gars d' saint-dilon 
prend sa course apres une fille 
il la fait virer si vite 
qu'elle ne peut plus s'arreter 
pour un p'tit air de violon 
a'vendrait toute sa famille 
a penser que samedi en huit 
il peut peut-etre la r'inviter 

Puis la ote ta capine, puis swing la mandoline 
et pis ote ton jupon pis swing la madelon 
swing la fort et pis tords-y le corps puis fais y 
voir que t'est pas mortl Domino, les femmes 
ont chaud! 



DISQUE: J'AI VU LE LOUP LE RENARD LE LION 
LES PRODUCTIONS DU 13 AOUT ENRG 

DISTRIBUE PAR: ALTA MUSIQUE LTEE 



98 



CLAUDE LEVEILLEE - L'HUMANISTE 



Ne a Montreal en 1933, Claude Leveillee est devenu populaire en 1959 
quand Edith Piaf en a fait son protege. En cinq ans, il a enregistre 
neuf disques qui ont ete vendus a raison d'un quart de million d'exem- 
plaires. "Frederic", une de ses chansons les plus populaires, rappelle 
l'epoque ou la famille vivait heureuse ensemble, unie par les liens de 
1 'amour. Malheureusement, les temps ont change et cette vie heureuse 
a disparu a jamais. 

C'est a 1' University de Montreal qu'il participera a ses premiers spec- 
tacles, des revues musicales presentees par les etudiants. Bien qu'il 
n'ait pas etudie la musique de la fagon traditionnel le , Claude Leveil- 
lee est un grand musicien. Son talent fut soutenu par une longue col- 
laboration avec le celebre pianiste Andre Gaqnon. lis ont apporte a 
eux deux une dimension nouvelle a la chanson quebecoise. En plus de 
sa musique, de sa voix, et de sa presence en scene, il y a la richesse 
de 1 ' homme et de ses chansons. Celles-ci expriment des valeurs, des 
sentiments, des refus, des realites, des desirs, des deceptions. 

Voici quelques exemples de themes chantes par Leveillee: 

Arthur: le travail qui abrutit. 

Les apres-midi d'hier: un homme voudrait revivre ses 15 ans. 

Les vieux pianos: nostalgie des musiques d'autrefois. 

La legende du cheval blanc: reve d'un amour fou. 

Frederic: nostalgie de sa jeunesse, 1 'ambiance des 20 ans. 

L'hiver: le gout l'hiver. 

Au fond, Leveillee chante la difficulty d'etre et d' aimer. II nous 
aide a retrouver notre visage humain. 



99 



FREDERIC 

Claude Leveillee 



Je me fous du monde entier quand Frederic me rappell' 

Les amours de nos vingt ans 

Nos chagrins, notr' chez soi 

Sans oublier 

Les copains des perrons aujourd'hui disperses 

Aux quatre vents 

On etait pas des poetes, ni cures, ni malins 

Mais papa nous aimait bien 

Tu t 1 rappell 1 le dimanche 

Autour d'la tabl ' 

Ca riait, discutait 

Pendant qu'maman nous servait 

Mais a - pres 

Apres la vie t'a bouffe comme ell' bouff tout 1 'monde 

Aujourd'hui ou plus tard 

Et moi j 'ai suivi 

Depuis 1 'temps qu'on revait de quitter les vieux meubl's 

Depuis 1 'temps qu'on revait d'se r'trouver en fin seul 

T'as oublie Chopin 

Moi j'ai fait de mon mieux 

Aujourd'hui tu bois du vin ga fait plus serieux 

Le pere prend des coups d' vieux 

Et tout ga fait des vieux 

Apres ce fut la fet' la plus belle des fit's 

La fete des amants 

Ne dura qu'un printemps 

Puis 1'automne revint, cet automn' de la vie 

Ecroules les chateaux 

Adieu, nos clairs de lune 

Apres tout, faut c'qui faut, il faut s'en tailler une, 
Un'vie sans argument 
Un'vie de bon vivant 

La la la la la la la la la la la 

la la la la la 

Tu t' rappell es ... Frederic ... Allez ... au revoir ... 



DISQUE: LES GRANDS SUCCES DE 
CLAUDE LEVEILLEE 
COLUMBIA GFS90012 



100 



LE VIEUX PIANO 



Claude Leveillee 

RECITATIF: Y a pas tellement lonqtemps, vous vous rappelez au temps 
du guignol, de la dentelle, on se saoulait 1 'dedans de 
pathetique, c'etait la belle epoque 

du piano nostalgique 

Adieu rengaines, 
Qui nous suivaient la s'maine 
Et savaient nous rejouir 
Quand nous vivions le pire. 

Mais deja depuis longtemps 
On vous a oublies 
Vous n'etes plus d'not-re temps, 
Restez dans vos musees. 

Ce sont vos pianos mecaniques 

Que vous avez remplaces 

Par des boTtes a musique 

Qui pour dix sous 

Vous tirent deux disques coup sur coup; 

Pourvu qu'ga joue 

Nous on s'en fou. 

Ce sont vos pianos tout uses 

Qui se sont tus, paralyses, 

Objets d' antiqui tes , 

Qui autrefois faisaient la joie des salons 

Et ils etaient les grands rois de la chanson. 

Mais malgre tout 
On se souvient de vous, 
Et c' est avec regrets 
Que l'on vous sait muets. 

Mais ce soir, moi je vous aim' 
Et je veux que l'on vous chant' 
Vous que la vie retranch' de meme 
Vos freres les poetes. 

Ce sont vos adieux, rengaine, 
Qui nous suivaient la s'maine 
Et savaient nous rejouir 
Quand nous vivions le pire 



101 



LE VIEUX PIANO (suite) 



Mais deja depuis longtemps 
On vous a oublies . . . 



RECITATIF: Pourtant, y a pas tellement longtemps, vous vous rappelez au 
temps du guignol, de la dentelle, on se saoulait 1 'dedans de 
pathetique, c'etait la belle epoque 

du piano nostalgique. 



102 



PAULINE JULIEN - UNE QUEBECOISE ENGAGEE 



Pauline Julien surprend ... Elle est petite, mince, elle a l'air fragile. 
Mais ses yeux noirs eclairent son visage quand elle chante et les spec- 
tateurs repondent avec enthousiasme a cette interprete pleine de force 
et de chaleur. Elle chante avec tout son corps. Sa voix riche et chaude, 
ses mouvements, son regard servent a exprimer les sentiments de ses chan- 
sons. 

En 1957, elle commence a chanter a la radio, a la television, et dans les 
boTtes a chansons. En 1964, elle regoit les honneurs du Festival de Sopot, 
en Pologne, en chantant "Jack Monnoloy" de Gilles Vigneault et, en 1967, 
elle gagne le Prix Charles Cros a Paris. Elle donne ensuite vingt reci- 
tals en Union Sovietique avant d'aller au premier Festival de la Chanson 
populaire a Cuba. 

Aujourd'hui Pauline Julien chante ses propres compositions, en plus de 
celles de Gilles Vigneault, Raymond Levesque et Claude Gauthier. Elle 
fut la premiere a chanter Georges Dor et Michel Tremblay. 

"Ce soir j'ai l'ame a la tendresse 
Tendre, tendre, douce, douce." 

Elle peut nous emmener avec elle au pays de "l'amitie" avec un mot, un 
regard, un silence, un sourire. Personne ne reste indifferent devant 
Pauline Julien. Elle est fremissante, changeante, intelligente, ironique, 
osee, douce, colereuse, vraie, dechiree, agressive, triste, engagee, gaie 
Et elle nous fait reagir. 

Deux mots suffisent pour la decrire: merveilleuse Quebecoise. 



103 



L'AME A LA TENDRESSE 

Paroles: Pauline Julien 
Musique: Frangoise Dompierre 



Ce soir j'ai l'ame a la tendresse 
tendre tendre douce douce 

tresser avec vous ce lien et cette 

del icatesse 

vous mes amis d'hier et 

d'aujourd 1 hui 

cette amitie dans la continuity 

un mot un regard un silence 

un sourire une lettre 

Ce soir j'ai l'ame a la tendresse 
tendre tendre douce douce 

Frangoise Allen Claire Patrick Kim 

Roland Rejean Louise 

et tous les autres que je n'saurais 

nommer 

vous etes mes havr's des soirs 

de detresse 

la goutte d'eau qui fait jaillir la 

source ma lumiere 

Ce soir j'ai l'ame a la tendresse 
tendre tendre douce douce 

Aujourd'hui pourtant en vain, 

Je vous espere 

Ou etes-vous, j'appelle je tends 

les bras 

nos amities se sont-elles 

evanouies? 

peut-etre n'avons-nous plus rien 

a nous dire je chavire 

Ce soir j'ai l'ame a la tendresse 
tendre tendre douce douce 

pourtant nous savons que la vie 

est plus forte que la mort 

le desespoir a dit son dernier mot 

permettez-moi de vous aimer 

toujours 



104 



L'AME A LA TENDRESSE (suite) 

Riches de nos secrets, 
j'attendrai j'attendrai 
j'attendrai j'attendrai 
j'attendrai j'attendrai 
les amities nouvelles 

ce soir j'ai Tame a la tendresse 
tendre tendre douce douce 



DISQUE: PAULINE JULIER "ALLEZ VOIR,V0US 
AVEZ DES AILES 
ZOX-6007 Les disques Zodiaque 

DISTRIBUE PAR: TRANS-WORLD 



105 



Parolos: Gilios VrgneauM' 

IL ME RESTE UN PAYS . . rjuj Vf .... ^ f „ • ■ ., " , cnon 

c.i'.n 3 gj vert qui vire, Montreal 

Paroles et musique: Gilles Vigneault 

Interpreter Pauline Julien 



II me reste un pays a te dire 
il me reste un pays a nommer 
il est au trefond de toi 
n'a ni president ni roi 
il ressemble au pays meme 
que je cherche au coeur de moi 
voila le pays que j'aime 

il me reste un pays a prendre 
il me reste un pays a semer 
vaste et beau comme la mer 
avant d'etre decouvert 
puis ne tient pas plus de place 
qu'un brin d'herbe sous l'hiver 
voila mon jeu et ma chasse 

il me reste un pays a connaTtre 
il te reste un pays a donner 
c'est ce pont que je construis 
de ma nuit jusqu'a ta nuit 
pour traverser la riviere 
froide obscure de 1'ennui 
voila le pays a faire 

il me reste un nuage a poursuivre 
il me reste une vague a dompter 
homme! un jour tu sonneras 
cloches de ce pays la 
sonnez femmes joies et cuivres 
c'est notre premier repas 
voila le pays a vivre 

il nous reste un pays a surprendre 
il nous reste un pays a manger 
tous ces pays rassembles 
feront 1 ' homme champ de ble 
chacun seme sa seconde 
sous 1 'amour qu'il faut peler 
voila le pays du monde 

il nous reste un pays a comprendre 
il nous reste un pays a changer 

DISQUE: POUR MON PLAISIR 
GILLES VIGNEAULT 
ZOX 6014 Zodiaque 

DISTRIBUE PAR: TRANS-WORLD 

106 



Parolee: Gi 
GROS PIERRE Musique: isaulf ct Gasron Rochon 

Les Edition;; du Vent qui vire, Montreal 

Paroles: Gilles Vigneault 

Musique: Gilles Vigneault et Gaston Rochon 

Quand elle est partie en ville 
la trop belle Laurelou 
quand elle est partie en ville 
Gros Pierre est reste chez-nous 

ti deli dam ti de lamtidelou 
ti de li dam, ti de lam dame li doux 

II s'est passe des semaines 
du mauvais temps du temps doux 
il s'est passe des semaines 
a perdre le gout de tout 

II a regu une lettre 
e'est la belle Laurelou 
il a regu une lettre 
qui n'en disait pas beaucoup 

II l'a dit a Charles Emile 
il passait ses nuits debout 
Gros Pierre est parti en ville 
un soir entre chien et loup 

Quand il eut marche des mi lies 
quand il eut cherche partout 
quand il eut paye la ville 
est revenu sans un sou 

e'est pour quand les fiangailles 
e'est y en ville ou chez nous 
quand tout le village raille 
Gros-Pierre attend Laurelou 

Grande visite au village 
e'est la belle Laurelou 
qui traverse le village 
au bras d'un amant jaloux 

lis ont retrouve Gros-Pierre 
dans le chemin des cailloux 
ont recite les prieres 
n'attendra plus Laurelou 



107 



GROS PIERRE (suite) 

Elle est repartie en ville 
et n'a rien su du tout 
elle est repartie en ville 
on n'en parle plus chez-nous 

Est morte seule un novembre 
adieu belle Laurelou 
on a trouve dans sa chambre 
une lettre et des bijoux 

tout etait pour le Gros-Pierre 
mille fois pardon pour tout ... 
et c'est la soeur a Gros-Pierre 
qui portera les bijoux ... 

hier elle est partie en ville 

un collier de perles au cou 

hier elle est partie en ville 
on aurait dit Laurelou 

ti de li dam ti de lam ti de lou 
ti de li dam on aurait dit Laurelou 



DISQUE: POUR MON PLAISIR - GILLES VIGNEAULT 
ZOX 6014 Les Disques Zodiaques 



108 



. 3ult 

Mi 



AH! QUE L'HIVER Lc , 5 Rochon 

Lej L ' qu' vire, Montreal 

Paroles et musique: Gilles Vigneault 



Ah! que l'hiver tarde a passer 
Quand on le passe a la fenetre 
Avec des si et des peut-etre 
Et des vaut mieux pas y penser 

Refrain: 

L'homme est parti pour travailler 
La femme est seule, seule, seule, 
L'homme est parti pour travailler 
La femme est seule a s'ennuyer 

Ah! que le jour tarde a venir 
Quand on se leve avec l'etoile 
Et on a beau lever la toile 
La nuit s'etire a n'plus finir 

Refrain 

Ah! que le jour est done pas long 
Que la noirceur vient done d'avance 
Quand l'homme est loin, e'est pas la danse 
II faut rester a la maison 

Refrain 

C'est du dedans, e'est du dehors 
La femme attend, l'homme voyage 
II y a beau temps, il y a be! age 
Depuis la vie jusqu'a la mort 

Refrain 

Excuse les fautes et le papier 
Mais j'etais pas mattresse d'ecole 
J'tiens la maison, j'tiens ma parole 
Ti-Jean est arrive premier 

J'sais qu't'es parti pour travailler 
J'tiens la maison, j'fais pas la folle 
J'sais qu't'es parti pour travailler 
Mon desennui c'est d'm'ennuyer 



109 



AH! QUE L'HIVER (suite) 



lis ont parle d'un gros moulin 

Au lac d'en haut, ga f rait d'la gagne 

C'est p't'etre des plages sur les 

montagnes 

Mais j't'aurai du soir au matin 

T'auras fini de t'eloigner 

C'est p't'etre des plages sur les 

montagnes 

T'auras fini de t'eloigner 

J'aurai fini de m'ennuyer 

Avant d'donner ma lettre a Jean 
Je veux te dire en post scriptum 
Que la maison quand y'a pas d'hommes 
C'est comme un poele eteint tout 
1 'temps 

J't'embrasse encore avant d'signer 
Ta talle d'amour, ta Rose, ta Jeanne 
J't'embrasse encore avant d'signer 
Ta Rose-Jeanne bien-aimee. . . 



DISQUE: POUR MON PLAISIR 

GILLES VIGNEAULT 

ZOX 6014 LES DISQUES ZODIAQUES 
DISTRIBUE PAR: TRANS-WORLD 



110 



LE PLUS BEAU VOYAGE 



Compositeurs: Claude Gauthier / Yvan Ouellette 



j'ai refait le plus beau voyage 
de mon enfance a aujourd'hui 
sans un adieu sans un baqage 
sans un regret ou nostalgie 
j'ai revu mes appartenances 
le lot de mes ans et la vie 
et c'est de toutes mes partances 
le plus heureux flash de ma vie 

je suis de lacs et de rivieres 

je suis de gibiers de poissons 

je suis de roches et de poussieres 

je ne suis pas des grandes 

moissons 

je suis de sucre et d'eau d'erable 

de pater noster de credo 

je sui 

je sui 



s de onze enfants a table 
s de Janvier sous zero 



je suis d'Amerique et de France 

je suis de chomage et d'exil 

je suis d'octobre et d'esperance 

je suis une race en peril 

je suis prevue pour 1'an 2000 

je suis notre liberation 

comme des millions de gens tragi les 

a des promesses d' election 



je suis 1'energie qui s'empile 
d'ungava a manicouagan 

la la la la la la la la 

je suis quebec mort ou vivant 



DISQUE: ALLEZ VOIR; VOUS AVEZ DES 
AILES 

ZOX 6007 LES DISQUES 
ZODIAQUES 

DISTRIBUE PAR: TRANS-WORLD 



111 



ROBERT CHARLEBOIS - UN CITOYEN DU MONDE 



Dans les annees cinquante, Felix Leclerc a chante le Canada frangais. 
Gilles Vigneault, dans les annees soixante, a chante le "pays" du Quebec. 
Robert Charlebois, depuis 1970, parle de Quebec d'Amerique. 

Charlebois est ne a Montreal, en 1944. Plus tard, il chantera le Montreal 
de son adolescence, cette ville tres influenced par la culture americaine 
de 1 'apres-guerre. Charlebois appellera cela le style "pepsi" et il criera 
electriquement, en frangais et en quebecois. 

Mais avant de devenir un chanteur "electrique" , il entre tout d'abord a 
1'Ecole Nationale de Theatre. II y rencontre Louise Forestier, ainsi 
que Mouffe dont il dira: "A par elle, tout le reste, c'est du sable". 
Charlebois est oblige de choisir entre 1'ecole et le spectacle; il choisit 
alors la chanson. II fait le tour des boTtes a chansons et, de 1965 a 
1968, il enregistre trois disques. C'est le debut du grand Charlebois. 

II impose immediatement un style, ou ses styles, car le "style de Charle- 
bois" c'est precisement d'avoir plusieurs styles. "J'ai une foule de petits 
talents. . .d'autres ont un seul gros talent... II n'y a pas deux de mes 
disques qui se ressemblent, et j ' espere qu'il n'y en aura jamais non plus". 

Avec Charlebois, la chanson quebecoise sort de l'epoque des "chansonniers" 
quebecois. Elle devient nord-americaine et va du folk au rock. 

Charlebois continue de travailler. En juillet 1968, il gagne le prix d' in- 
terpretation a Spa, en Belgique, pour sa chanson "California". En 1969, il 
est a l'Olympia de Paris; en 1970, c'est le Charlebois big band, avec vingt- 
six musiciens et douze chanteurs d'opera. II presente ensuite "Ordinaire" 
avec des paroles de Mouffe. C'est une chanson simple, qui gagne le premier 
prix au dixieme Festival International de la Chanson, a Sopot, en Pologne, 
1 'ete suivant. 

En juin 1970, il participe au troisieme festival pop, de Toronto a Winnipeg, 
avec de grands artistes americains comme Janis Joplin, The Band, Ten Years 
After. 

II se dit "ben ordinaire", mais il invente constamment. II cree une chan- 
son quebecoise adaptee aux rythmes et aux sons nouveaux. II lance un style 
inimitable, ni frangais, ni nord-americain, mais sans doute tout simplement 
un style Charlebois. 

Malgre sa recherche constante du nouveau et son gout du risque, Charle- 
bois n'en reste pas moins attache a 1 ' homme d'ou qu'il soit, cet etre pris 
par son travail, par ses probl&mes de peur, de faim ou de misere. II chante 
la paix et la fraternite. 



112 



DIANE DUFRESNE - UNE FORCE DE LA NATURE 



En 1967, Diane Dufresne revient a Montreal apres un sejour a Paris. Elle 
a chante Aragon, Ferre, Vigneault, Ferland et Leveillee dans les cabarets, 
notamment a l'Echelle de Jacob, au Port du Salut et a 1'Echine. La critique 
frangaise l'aime et l'on commence a parler d'elle au Quebec. 

Diane est une "petite fille de 1 ' Est" de Montreal. A dix-huit ans, elle va 
etudier a Paris, le chant chez Jean Lumiere et le theatre chez Frangoise 
Rosay. Elle y reste pendant presque deux ans. 

Pendant les etes 1970 et 1971, Diane et les musiciens de Frangois Cousineau 
donnent un spectacle tous les soirs au theatre d'ete de la Marjolaine. 
Diane Dufresne connaft de mieux en mieux la musique "rock". C'est devenu 
son style a elle, vibrant et electrique. 

En parlant du spectacle de Diane Dufresne presente au Patriote en decembre 
1972, la critique Rene Homier-Roy ecrira dans le journal La Presse: "C'est 
un diable, un monstre, un clown - tout droit sorti d'une botte a surprise - 
une martienne, une folle. C'est une amoureuse, une force de la nature, une 
f emme . " 

Diane continue de travail ler et de chanter. Elle est devenue une grande 
artiste. "L'homme de ma vie" a connu un grand succes en France et dans les 
autres pays de langue frangaise. Diane a un style bien a elle, un melange 
de tour de chant a la frangaise et du concert-rock a 1 'americaine. Elle a 
beaucoup appris de Jam's Joplin et de Robert Charlebois, mais elle a aussi 
reussi a faire des choses nouvelles. Le Quebec connaTt bien Diane Dufresne. 
Elle a assez d'audace pour se presenter, non seulement dans les pays de 
langue frangaise, mais aussi aux Etats-Unis. 



113 



BEAU DOMMAGE - Groupe rock de Montreal 

LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA 

Paroles et musique: Michel Rivard 
Interprets par: Beau Dommage 



Cre moe ere moe pas 

Quequ'part en Alaska 

Y'a un phoque qui s'ennuie en maudit 

Sa blonde est partie 

Gagner sa vie dans un cirque aux Etats-Unis 

Le phoque est tout seul 

Y'r'garde le sol ei 1 

Qui descend doucement sur le glacier 

Y pense aux Etats en pleurant tout bas 
C'est comme ga quand ta blonde t'a lache 

Ca vaut pas la peine 
De laisser ceux qu'on aime 
pour aller faire tourner 
Des ballons sur son nez 

Ca fait rire les enfants 
Ca dure jamais longtemps 
Ca fait plus rire personne 
Quand les enfants sont grands 

Quand le phoque s'ennuie 

Y'r'garde son poil qui brille 

Comme les rues de New York apres la pluie 

Y reve a Chicago, A Marilyn Monroe, 

Y voudrait voir sa blonde faire un show 

C'est rien qu'une histoire 

J'peux pas m'en faire accroire 

Mais des fois j'ai l 1 impression que c'est moe 

Qui est assis sur la glace 

Les deux mains dans la face 

Mon amour est parti pis je m' ennui e 



DISQUE: BEAU DOMMAGE 
ST 70 034 
CAPITOL 

114 



TOUS LES PALMIERS 



Paroles et musique: Robert Leger 



Tous les palmiers tous les bananiers 

Vont pousser pareil quand j's'rai parti 

J'm'en vas chez nous c'est l'ete 

Chez nous y ont sorti les chaises sur la galerie 

Chu tanne d' entendre le bruit des vagues 

Moe j'm'en vas chez nous, j'ai l'gout d'entendre 

Crier "Manon viens souper 

Attends pas qu'maman a'choque pis qu'a descende" 

"Manon viens souper si tu viens pas tout suite 

Ben la tu pourras t'en passer" 

Attends pas qu'maman a soit tannee pis qu'a descende" 

Adieu adieu pays des oranges 

J'm'en vas aider mon frere qui demenage 

Avec l'ete qui r' commence 

Chez nous y ont du sortir les bicycles du garage 

M'a arriver en ville jeudi mi di 

M'a prendre le metro jusqu'a Beaubien 

En faisant semblant de rien 

M'a arreter au coin de la rue pour appeler ma blonde 

La ca va sonner 1 coup 2 coups 3 coups 4 coups 

Pis la a va repondre 

La m'a dire "Comment ga va ma blonde ben oui , chu r'venu" 

Tous les palmiers tous les bananiers 
Vont pousser pareil quand j ' serai parti 
Vous pourrez m'ecrire ici 
6760 St-Vanier Montreal 



115 



FC 139 C8 A32 1979 
FRENCH CANADIAN CULTURE LA 
CULTURE CANAD1ENNE-FRANCAISE — 
/INTERIM ED - 

39835H09 CURR HIST 




LE GEANT BEAUPRE 



"000022502 5 38* 



Paroles: Pierre Huet 
Musique: Robert Leger 



Le monde est fou 

C'est c'qu'on en dit 

Mon chum pis moe 

Mon chum pis moe 

On est pas fou 

Moe pis mon chum 

Le squelette du Geant Beaupre 

C'est un bon gars le squelette du Geant Beaupre 
Lui y change pas 

Debout un peu penche comme un grand gars gene 
Y faiblit pas 

Moi j'ai vieilli, mon uniforme est devenu trop grand 
Ou moi trop p' tit 

Quand j'ai fini de faire ma ronde chu ben content 
D'etre avec lui 

Des fois rarement y 'a des gens qui viennent pour le voir 
Y'en reviennent pas 

Mais ga c'est rien, y devraient l'voir ben tard le soir 
Y'est plus grand qu'ga 

Y'a des soirs, ben tranquilles, on ecoute la radio 
On en r' vient pas 

On est content d'etre a l'abri, d'etre ben au chaud 
Loin de c'monde la. 

J'espere qu'un jour y vont finir par m'empailler 
Comme le geant 

Debout tous les deux dans nos vitrines, on va jaser 
Tout comme avant. 



DISQUE: BEAU DOMMAGE 

ST 70 034 CAPITOL 



116 



DATE DUE SLIP 



FC 139 C8 A32 1979 
Alberta. Alberta Education. 
Language Services. 

French Canadian culture : 

39835409 CURR HIST 



CURRICULUM GUIDE 



For Reference 



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